L'Agence européenne des médicaments lance une évaluation des différentes études menées sur ce médicament, contre les formes graves du covid. La substance est déjà connue pour soigner d'autres pathologies.

Le tocilizumab — ou Actemera sous son nom commercial de médicament — est une substance active développée par Roche initialement contre la polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune qui provoque une réaction inflammatoire du système immunitaire. Cette inflammation se traduit par l’expression d’une protéine, l’interleukine 6, que ce médicament parvient à bloquer. Cette action permet d’inhiber le choc cytokinique, douloureux et dangereux, de l’inflammation.

Or, il se trouve que les formes graves de la maladie Covid-19 semblent générer un tel choc cytokinique. Depuis mi-2020, des études parfois prometteuses sont menées sur le tocilizumab pour servir de soin contre les formes sévères de cette maladie. C’est une piste d’autant plus encourageante que ce médicament est bien connu, et utilisé en Europe depuis 2009.

Dans un communiqué publié ce lundi 16 août, l’Agence européenne des médicaments (EMA) annonce lancer une évaluation du médicament pour un usage dans les hôpitaux contres les formes graves du covid.

Déjà validé aux États-Unis

D’après une très large étude, menée dans le cadre des essais appelés Recovery, dont les résultats préliminaires ont été diffusés dès février puis publiés en mai 2021, le tocilizumab améliorerait grandement les chances de survie des patients admis en soins critiques. Une autre étude (nommée Empacta) a mis au jour une réduction de la probabilité de devoir être mis sous respiration artificielle. Toutefois, d’autres études (Covacta, Remdacta) n’ont pas trouvé de différence statistique significative entre les groupes sous placébo et les groupes soignés au tocilizumab. Il faut cependant relever que les deux premières études ont un échantillon quantitativement plus important, ce qui accroît leur portée.

L’objectif est aussi d’éviter que des patients soient mis sous respirateur artificiel, ou que cette situation dure trop longtemps. // Source : Pixabay

L’analyse de ces quatre études a poussé l’autorité de santé américaine (FDA) à valider l’usage du tocilizumab chez les patients atteints de formes graves du covid et déjà soignés par corticoïdes et/ou sous assistance respiratoire. D’autant que les quatre études précédemment citées prouvent également la sécurité du médicament pour cet usage, dans le cadre de la maladie Covid-19. En juillet 2021, l’Organisation mondiale de la Santé a également ajouté le tocilizumab à ses recommandations : «  Les méta-analyses (…) ont montré que chez les patients gravement malades, l’administration de ces médicaments réduit de 13 % les risques de décès, par rapport aux soins standards. Cela signifie qu’il y aura 15 décès de moins pour mille patients, et jusqu’à 28 décès de moins pour mille patients gravement malades. Les probabilités de ventilation mécanique chez les patients sévères et critiques sont réduites de 28 %, par rapport aux soins standards. Cela se traduit par 23 patients de moins sur mille nécessitant une ventilation mécanique. »

L’évaluation par l’EMA va, elle aussi, analyser les données des différentes études publiées. L’agence a précisé qu’il s’agirait également d’un usage complémentaire aux corticoïdes et à l’assistance respiratoire. Le résultat de l’évaluation est prévu pour la mi-octobre.

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