C'est le 25 août que Blue Origin fera décoller une nouvelle fusée New Shepard, mais cette fois pas, pas question d'embarquer une quelconque fortune en mal de sensations fortes : la mission est axée sur la technique et la science.

Cette fois, il n’y aura aucun milliardaire à bord de la fusée New Shepard, ni personne tout court, d’ailleurs. La prochaine mission organisée par Blue Origin, prévue le mercredi 25 août 2021, se fera avec un véhicule totalement inhabité, contrairement au très médiatique vol survenu courant juillet. À ce moment-là, le véhicule spatial avait accueilli quatre touristes spatiaux, dont Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon.

À l’époque, Jeff Bezos était accompagné de son frère Mark, mais aussi d’une ancienne pilote américaine, recrue de la Nasa, Wally Funk. Celle-ci n’avait pas pu devenir astronaute lors de sa carrière, à cause de règles militaires désormais obsolètes. Le quatrième voyageur était un jeune homme de 18 ans, Olivier Daemen, qui a profité des circonstances et de la fortune de son père pour se glisser dans le vol.

Jeff Bezos, à la sortie de la capsule après son voyage dans l’espace, le 20 juillet dernier. // Source : YouTube/Blue Origin

Une mission axée sur la science et la recherche

L’objectif de ce tir, identifié par le nom de code NS-17 (pour signifier la dix-septième mission de New Shepard), est essentiellement technique et scientifique. En tout, l’engin, qui décollera depuis le Texas, là où se trouve le pas de tir Launch Site One de Blue Origin, va transporter vingt charges utiles, dont plus de la moitié pour le compte de l’agence spatiale américaine (Nasa).

11 des 18 charges utiles commerciales sont soutenues par la Nasa. Par ailleurs, la fusée accueillera une installation artistique sur son fuselage, mais également une technologie qui servira à la Nasa dans le cadre de ses futures opérations spatiales de désorbitage, descente et atterrissage. C’est la deuxième fois que cette technologie est testée. La première fois, c’était en novembre 2020.

Le concept de capsule lunaire de Blue Origin : Blue Moon. // Source : Blue Origin

Concrètement, le dispositif, qui sera monté sur l’extérieur du booster New Shepard, est un Lidar par effet Doppler pensé pour la navigation, et plus précisément pour déterminer la position et la vitesse d’un vaisseau spatial lorsqu’il s’approche de la surface de la Lune. La technologie Lidar (LIght Detection And Ranging) consiste à se servir de la lumière pour estimer une distance. L’effet Doppler est un phénomène de décalage de la fréquence d’une onde qui s’observe quand, notamment, la distance entre l’émetteur et le récepteur change dans le temps.

Cette technologie sera combinée à un ordinateur de bord dédié à l’alunissage (Descent Landing Computer) précise Blue Origin. « Ces technologies pourraient permettre aux futures missions, qu’elles soient habitées ou robotisées, de cibler des sites d’atterrissage qui n’étaient pas possibles lors des missions Apollo, comme des régions au relief varié près des cratères », avance d’ailleurs l’entreprise américaine, qui a été aussi fondée par Jeff Bezos.

Il est à noter que ce test implique la Nasa, alors même que celle-ci n’avait pas prévu de faire appel à Blue Origin pour développer un atterrisseur lunaire. L’agence spatiale américaine avait initialement préféré retenir SpaceX dans le cadre de son processus de sélection, mais l’affaire a pris une tournure beaucoup plus polémique et juridique depuis : la Nasa a été contrainte de suspendre sa procédure, face aux réclamations des autres candidatures en lice, dont Blue Origin. Ce dernier s’efforce toujours d’être repêché d’une façon ou d’une autre.

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