L'Administration spatiale nationale chinoise a lancé le premier module de sa future station spatiale. C'est une étape importante et symbolique, qui devra être suivie d'autres missions, afin que la station soit opérationnelle en 2022, comme prévu.

Le premier élément de la future station spatiale de la Chine (la « CSS » en anglais, pour China Space Station) a été lancé ce jeudi 29 avril 2021, a confirmé l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) dans un communiqué. Le lancement du module est l’une des premières étapes clés d’une série de missions qui doivent aboutir à l’achèvement de cette station spatiale pour la fin de l’année 2022, rappelle Reuters.

Ce module central, baptisé Tianhe (signifiant en français « Harmonie céleste ») a été transporté par une fusée Longue-Marche 5B, depuis la base de lancement de Wenchang, sur l’île de Hainan. Le module, qui pèse 22,5 tonnes, est présenté par la CNSA comme « le plus gros et le plus lourd vaisseau spatial que la Chine ait jamais construit ». Il a été prévu de placer ce premier morceau de la future station spatiale sur une orbite terrestre basse, à environ 400 kilomètres d’altitude.

Rendu à l’échelle de la grande station spatiale modulaire chinoise. // Source : Wikimedia/CC/Saggittarius A

Trois modules qui seront assemblés

La Chine a imaginé une station spatiale « multimodule », composée de trois morceaux principaux. Le module central, lancé ce jeudi, constitue le futur lieu de vie des astronautes. Il doit être assemblé à deux laboratoires. Tianhe mesure 16,6 mètres de longueur, avec un diamètre de 4,2 mètres. Une fois les trois modules accolés, l’ensemble de la station devrait peser près de 70 tonnes. À titre de comparaison, c’est environ 450 tonnes pour la Station spatiale internationale.

Prochaine étape pour la Chine : le lancement de Tianzhou-2, un cargo qui devra rejoindre le module Tianhe, afin de fournir des éléments nécessaires à la présence de futurs astronautes, en mai 2021. Le mois suivant, en juin, la Chine va lancer le véhicule spatial Shenzhou-12 pour transporter trois astronautes vers le module Tianhe. Ils devront y rester pendant trois mois. Le lancement des deux autres modules de la station aura lieu l’année suivante, en 2022. Tous les composants lourds de la station doivent être lancés par une fusée Longue-Marche 5B, la seule fusée chinoise capable de les transporter.

La Chine ouverte à la coopération internationale

Une fois pleinement opérationnelle en 2022, si tout se passe comme prévu, la CNSA estime que sa station pourra fonctionner pendant 15 ans. S’il est prévu que la station accueille simultanément trois astronautes pendant plusieurs mois, ce nombre pourra monter à six lors des roulements entre les équipages.

Il est prévu que la station permette d’amarrer plusieurs vaisseaux en même temps, y compris des vaisseaux étrangers. La Chine se dit ouverte à la coopération avec d’autres États. Des accords ont été conclus entre l’agence spatiale et le Bureau des affaires spatiales des Nations unies, afin de permettre aux scientifiques de soumettre des projets de recherche. 17 pays ont répondu présents pour participer à des activités scientifiques à bord de la station.

De par sa taille, cette future station chinoise ne pourra probablement pas prétendre être une véritable concurrente de l’ISS. Cependant, l’installation de cette deuxième station en orbite terrestre rappelle forcément la concurrence existant entre la Chine et les États-Unis dans le domaine spatial.

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