L'Inde souhaite aussi disposer d'une station spatiale. New Delhi se fixe 2030 comme échéance pour avoir sa propre structure en orbite autour de la Terre.

Désormais dans le club très fermé des pays capables de détruire un satellite avec un missile, l’Inde entend maintenant rejoindre celui des nations qui savent opérer une station spatiale en orbite autour de la Terre. Il faudra toutefois patienter une dizaine d’années avant que New Delhi puisse concrétiser ce projet avec au moins un module en orbite dans la Terre

Geosynchronous Satellite Launch Vehicle
La fusée indienne GSLV servira-t-elle à l’assemblage de la station ? // Source : ISRO

Lors d’un briefing avec la presse, K Sivan, le patron de l’organisation indienne pour la recherche spatiale (ISRO) a fixé à 2030 à l’échéance à laquelle une station spatiale indienne sera en place. Il s’agira d’une installation relativement modeste, pesant 20 tonnes, ce qui est bien peu face aux 450 tonnes de la Station spatiale internationale ou aux 130 tonnes de l’ancienne station Mir.

Les objectifs précis avec cette future base orbitale restent à préciser. Selon NDTV, ce doit être l’occasion pour la recherche indienne de conduire des expériences en microgravité, mais aussi pour l’ISRO d’entraîner ses propres « vyomanautes » (les spationautes indiens) à s’acclimater à ce nouvel environnement. Des séjours de quinze à vingt jours devraient être envisagés.

Entre aventure en solo et coopération internationale

Aujourd’hui, seuls trois pays ont démontré leurs capacités à installer une telle structure dans l’espace : la Russie avec Saliout et Mir, les États-Unis avec Skylab et la Chine avec Tiangong. Aujourd’hui, Pékin continue de faire cavalier seul, avec la mise en orbite en 2016 de Tiangong-2 et le projet de lancer Tiangong-3 en 2020, alors que les USA et la Russie préfèrent passer par la coopération internationale.

C’est ce qui a donné naissance à l’ISS : outre ces deux pays, on compte treize partenaires, qui sont pour la plupart des États européens : l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. En théorie, d’autres États pourraient rejoindre l’ISS, même si l’accord intergouvernemental ne prévoit rien en ce sens.

Rendez-vous, donc, dans dix ans pour voir si New Delhi est parvenu à donner naissance à sa propre station orbitale. Pour l’heure, l’ISRO est très attendue sur une autre mission : Chandrayaan-2. Au cours du second semestre, elle doit positionner une sonde spatiale autour de la Lune et organiser l’alunissage d’un atterrisseur et d’un astromobile. Le lancement de la mission est prévu en juillet.

Partager sur les réseaux sociaux