Utiliser des références géographiques pour nommer une maladie peut poser des problèmes sociétaux et économiques. Particulièrement concernée en ce moment par ce sujet, l'Inde a demandé aux réseaux sociaux de supprimer les posts faisant référence au « variant indien », rappelant que le nom scientifique de ce dernier est variant B.1.617.

Supprimer tous les posts Facebook, Twitter ou Instagram contenant l’expression « variant indien » : voilà ce qu’a demandé le 21 mai le gouvernement indien aux principaux réseaux sociaux. À première vue, la requête peut sembler politicienne : l’Inde chercherait-elle à occulter la terrible crise sanitaire terrible qu’elle vit ? La situation est en réalité plus complexe qu’il n’y parait, et la demande de l’Inde finalement assez légitime.

L’Organisation Mondial de la Santé recommande en effet depuis plusieurs années de ne pas nommer les maladies en leur associant un marqueur géographique. « Cela peut sembler sans importance à certains, mais les noms de maladie ont en réalité un fort impact sur la vie des personnes concernées, met en garde l’OMS. Nous avons vu des noms de maladie provoquer des représailles contre des membres de certaines communautés ethniques ou religieuses ».

Eviter les références géographiques dans les noms de maladies

Associer une maladie à une zone géographique peut du reste nuire aux activités commerciales du pays, avec des restrictions d’exportation ou de déplacements pas toujours proportionnées au danger réel que la zone pose, note l’OMS.

« Les maladies se voient souvent désignés par une appellation plus grand public par des personnes qui ne font pas partie de la communauté scientifique, souligne l’Organisation Mondiale de la Santé. Une fois que l’usage de ce nom se répand — via Internet et les réseaux sociaux notamment — il devient très difficile de le changer même s’il ne reflète pas la réalité. »

L’OMS recommande donc d’éviter d’utiliser des termes désignant des zones géographiques (grippe espagnole, fièvre de la Vallée du Rift, etc.), des noms de personnes (maladie de Chagas, maladie de Creutzfeldt-Jakob) ou des métiers (maladie du légionnaire ou Légionellose) et de privilégier à l’inverse des termes « génériques et descriptifs » pour désigner la maladie (maladie respiratoire, syndrome neurologique, etc.).

Le ministre indien des Technologies de l’information et de l’électronique a ainsi rappelé que ce que l’on appelle parfois « variant indien » a un nom officiel : le variant B.1.617. C’est moins facile à mémoriser mais plus adapté. Ce terme a aussi le mérite d’aider à ne pas oublier que ce variant ne concerne pas que l’Inde : 38 cas ont été détectés en France, et il circule fortement dans plusieurs villes anglaises.

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