Facebook vient d'annoncer que l'intégralité de ses activités propres tournaient désormais à l'énergie verte. Une promesse faite il y a quelques années mais qui cache une réalité plus complexe qu'on ne le croit.

Après Apple, c’est au tour de Facebook de faire de grandes annonces concernant l’écologie. Le 15 avril 2021 le réseau social a annoncé que l’intégralité de ses bureaux et de ses centres de données tournait désormais à l’énergie verte, tenant la promesse faite il y a quelques années.

« Nous pensons que le changement climatique est un problème urgent auquel le monde est confronté aujourd’hui, et nous nous engageons à faire notre part pour relever ce défi », indique l’entreprise dans un billet de blog. Facebook promet également que sa future croissance sera entièrement soutenue par des énergies vertes et que d’ici à 2030 toute sa chaine logistique aura une empreinte carbone neutre.

Énergie éolienne

Pour autant, cela ne veut pas dire que chaque once d’électricité consommée par Facebook vient de sources renouvelables. Pour arriver à la neutralité carbone dont Facebook se vante, l’entreprise fait appel à des mécanismes de crédit carbone. « Nous sommes l’un des plus grands acheteurs d’énergie renouvelable, avec des contrats portant sur plus de 6 gigawatts d’énergie éolienne et solaire dans 18 États et cinq pays », indique en effet Facebook.

La carte des initiatives vertes soutenues par Facebook // Source : Facebook

Ce principe consiste à équilibrer son empreinte écologique en achetant des sortes de « bon carbone » émis par des sociétés impliqué dans l’énergie verte. Dans le cas de Facebook, cela signifie que l’entreprise a acheté un volume d’énergie « propre » équivalent à ce que l’entreprise a consommé. Cela permet de ne pas se préoccuper d’où vient le courant consommé, le « mix » énergétique (somme des sources de production d’énergie fossile, nucléaire ou renouvelable injecté dans le circuit électrique) étant par nature impossible à différencier.

Les crédits carbone, une pratique contestée

Mais le mécanisme est contesté et régulièrement qualifié de « droit à polluer » qui ne s’attaque pas à la racine des activités émettrices de gaz à effet de serre. L’offre dépassant largement la demande, le prix des crédits carbone s’est également effondré, offrant la possibilité aux entreprises d’acheter de l’énergie renouvelable pour très peu cher sans énormément investir dans les entreprises qui la produise.

Facebook opérant à une échelle mondiale, les investissements sont tout de même conséquents avec l’équivalent de 8 milliards de dollars injectés dans le secteur. De plus, les investissements sont dirigés vers des initiatives proches des lieux où l’entreprise opère pour éviter une autre critique : celle d’acheter son énergie renouvelable dans les pays en développement où elle ne coute presque rien.

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