Grâce à des ossements crâniens d'une qualité exceptionnelle, des chercheurs brésiliens ont pu reconstituer comme rarement un cerveau de l'un des premiers dinosaures, vivant il y a 230 millions d'années.

Grâce à la découvre d’ossements, les scientifiques arrivent à reconstituer ce à quoi pouvaient bien ressembler les dinosaures. En combinant l’analyse de ces ossements, ils peuvent aussi s’approcher de leur mode de vie potentiel. Pour autant, peut-on reconstituer la biologie interne d’un dinosaure vieux de plus de 200 millions d’années, en plus de son apparence possible et de son squelette ? Les ossements de spécimens très bien conservés peuvent apporter plus d’informations qu’on ne pourrait le croire. Des scientifiques ont ainsi réussi à recréer un cerveau, en 3D, de l’un des premiers dinosaures ayant foulé la Terre. Les résultats ont été publiés le 2 novembre 2020 dans Journal of Anatomy.

« Notre connaissance sur l’anatomie des premiers dinosaures (Trias supérieur, 235-205 millions d’années) a considérablement augmenté ces dernières années, principalement en raison de plusieurs nouvelles découvertes de spécimens exceptionnellement bien préservés », contextualisent les auteurs de ce travail de recherche.

La reconstitution 3D du cerveau de ce dinosaure. // Source : Márcio L. Castro

Pour reconstruire le cerveau d’une espèce lointainement disparue, il est nécessaire que les ossements du crâne soient en bon état. Les connaissances actuelles en biologie animale et en paléontologie font que la forme d’un crâne permet de prédire à quoi ressemble le cerveau, grâce à la combinaison de différentes caractéristiques (les cavités, l’orientation d’un os, l’épaisseur du crâne, etc.). En l’occurrence, la difficulté pour reconstituer le crâne des premiers dinosaures réside dans le fait que les ossements retrouvés manquaient de neurocrânes en bon état. Or, c’est la partie crânienne qui recouvre des structures déterminantes, dont l’encéphale (c’est-à-dire le cerveau en tant que tel) mais aussi d’autres parties organiques, comme les nerfs crâniens.

La reconstitution en dit plus sur le comportement du dinosaure

Ces travaux de recherches menés par une équipe brésilienne se basent sur ces ossements déterminants, récemment retrouvés en excellent état. Ils mobilisent la tomographie — une technique d’image qui, grâce à des mesures, permet d’obtenir une image en volume. La reconstitution (voir image plus haut) du cerveau du Buriolestes schultzi, un carnivore qui a vécu sur Terre il y a 230 millions d’années, est donc aussi rare que précieuse pour les scientifiques.

Le cerveau de ce dinosaure faisait vraisemblablement autour de 1,5 gramme. Pour autant, ce qui surprend les scientifiques repose dans sa taille étonnamment grande par rapport au corps du dinosaure. Les dimensions du cerveau sont censées augmenter au fil des évolutions, mais le cerveau de ce carnivore était déjà grand pour l’époque et pour ce stade d’évolution de l’espèce. Il ressemble par ailleurs à celui des crocodiles modernes.

Cette reconstitution rare montre aussi à quel point l’addition de nouvelles découvertes, qui peuvent sembler petites à leur échelle, permettent d’accumuler des connaissances pour reconstituer le passé. Ainsi, grâce à cette modélisation 3D de son cerveau, et en l’ajoutant à d’autres éléments déjà connus sur ce dinosaure, les scientifiques ont une idée plus précise du comportement du Buriolestes schultzi. « La combinaison des données cérébrales, dentaies et postcraniennes suggèrent que B. schlutzi était un petit prédateur très actif, et particulièrement apte à traquer des proies en mouvement », écrivent par exemple les auteurs.

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