Des panaches de vapeur d'eau pourraient être émis par Europe, l'une des lunes de Jupiter. De nouveaux indices de leur présence viennent d'être découverts par des scientifiques, dans les données de la sonde Galileo.

De nouveaux éléments semblent indiquer la présence de panaches d’eau sur Europe, l’une des lunes de Jupiter, a annoncé l’Agence spatiale européenne (ESA) le 12 mai 2020. Une étude, publiée dans la revue Geophysical Research Letters le 29 avril, s’est penchée sur des données obtenues il y a 20 ans, au cours de la mission Galileo de la Nasa.

Les auteurs évoquent des « preuves supplémentaires d’un panache actif lors du survol de Galileo E26 ». Lors de la mission de la sonde, les survols des lunes de Jupiter ont été identifiés par une lettre, désignant la lune concernée, et le numéro de l’orbite autour de Jupiter : E16 correspond à la seizième orbite autour de la planète et au survol de la lune Europe. Ce survol a eu lieu le 3 janvier 2000.

La surface d’Europe. // Source : Flickr/CC/Kevin Gill (photo recadrée)

Des protons peu présents

Europe est le quatrième plus gros satellite de Jupiter. Cette lune « abriterait un océan d’eau potentiellement habitable sous sa surface », rappellent les scientifiques. Pour explorer ce qui se trouve sous cette épaisse couche de glace, les auteurs tentent une approche indirecte : ils s’intéressent à des protons animés par de rapides mouvements. Lors du survol E26 d’Europe par la sonde Galileo, ces protons ont été détectés en quantité moins importante dans le voisinage de la lune, par rapport à ce qui était prévu. Le phénomène a d’abord été attribué au fait que le détecteur aurait été obscurci (Europe bloquant le champ de vision) : il n’aurait pas pu enregistrer correctement la présence de ces particules.

C’est cette hypothèse que les auteurs de la nouvelle étude viennent remettre en cause. Ils ont simulé le mouvement des protons. Pour ces scientifiques, la moindre quantité de protons pourrait être liée à un panache de vapeur d’eau projeté dans l’espace, résume un communiqué de l’ESA. « Ce qui est nouveau ici, c’est qu’une partie de la diminution peut s’expliquer par un échange de charge, un processus par lequel les protons sont retirés après avoir perdu leur charge électrique dans l’atmosphère mince d’Europe. De plus, nous voyons qu’il y a une baisse spéciale qui peut s’expliquer par une éruption d’un panache d’eau », détaillent les scientifiques.

Un indice utile pour la future mission JUICE

La sonde Galileo aurait pu croiser un panache d’eau dégagé par Europe lors du survol E26. Néanmoins, les scientifiques restent prudents et précisent que « de grandes incertitudes demeurent dans les propriétés […] de l’atmosphère et des panaches ténus d’Europe ».

Ces travaux restent cependant très intéressants, dans la perspective de la future mission JUICE (pour « Jupiter Ici Moons Explorer ») de l’ESA, dont le lancement doit avoir lieu en 2022. L’objectif est de survoler à plusieurs reprises certains satellites de Jupiter, dont Europe. La sonde serait en mesure de détecter les particules présentes dans ces probables panaches. Ainsi, nous pourrions espérer en savoir davantage sur l’océan mystérieux qui se cache peut-être sous la surface de la lune glacée.

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