Le nom et l'écusson de la prochaine mission spatiale de Thomas Pesquet à bord de l'ISS en 2021 ont été dévoilés le 28 juillet.

α. Alpha. Voilà donc le nom qui a été retenu pour désigner la deuxième mission spatiale que Thomas Pesquet effectuera en 2021 à bord de la Station spatiale internationale, et grâce à l’aide de SpaceX. Le choix de cette dénomination a été officialisé ce mardi 28 juillet par l’Agence spatiale européenne (ESA). Un appel à contribution avait été lancé à la population ce printemps pour brasser toutes sortes d’idées.

Alpha fait référence au système stellaire Alpha Centauri, qui est distant du Soleil de 4,37 années-lumière. C’est pourtant l’un des plus proches du Système solaire. Ce nom a été proposé 47 fois lors du concours, parmi plus de 27 000 contributions, mais c’est une Française qui la première l’a soumis à l’ESA. Elle aura droit à un écusson original qui aura volé en orbite lors de la future mission de Thomas Pesquet.

Le choix d’Alpha comme nom de mission

Alpha se perpétue la tradition française qui consiste à baptiser les missions spatiales du nom d’une étoile ou d’une constellation, observe l’Agence spatiale européenne. En 2017, lors du premier voyage spatial du spationaute français, c’était Proxima qui avait été retenu, du nom de Proxima du Centaure, un système planétaire également très proche de la Terre — du moins, très proche à l’échelle du cosmos.

Plusieurs facteurs ont pesé dans le choix de ce nom : le fait qu’il s’agisse de la première lettre de l’alphabet grec, qu’elle par ailleurs est très courante en mathématiques, dans les sciences et la technologie. C’est aussi l’appellation d’origine de l’ISS, et qui est toujours utilisée dans son indicatif d’appel radio. En outre, ce nom est simple à prononcer dans la plupart des langues, et de la même façon.

Enfin, Alpha fait écho à la première mission effectuée par Thomas Pesquet. « Il fait le lien avec ma première mission, Proxima, puisque les étoiles appartiennent au même système proche de la Terre et donc véhiculent la même idée de proximité — tout comme la recherche spatiale au service de la population de la Terre – et une idée de poursuite de mon travail », explique-t-il.

Un écusson chargé en symboles

Quant à l’écusson de la mission, il reprend bien sûr le nom Alpha et met en scène le tir d’une fusée, « le moment le plus spectaculaire de toute mission spatiale ». Tout autour figurent 17 bandes de couleur qui représentent en fait les 17 objectifs fixés par l’ONU sur le développement durable, sur la faim, la pauvreté, la santé, l’éducation, l’égalité entre les sexes, l’eau, l’énergie ou encore les inégalités

L'écusson de la mission Alpha.
L’écusson de la mission Alpha. // Source : ESA

Les graphistes de l’ESA ont également stylisé une ISS avec les couleurs du drapeau français et glissé dix étoiles en arrière-plan. Elles évoquent la constellation du Centaure et les dix spationautes français qui sont déjà allés dans l’espace. Avant lui, il y a eu Jean-Loup Chrétien, Patrick Baudry, Michel Tognini, Jean-Pierre Haigneré, Jean-François Clervoy,Jean-Jacques Favier, Claudie Haigneré, Léopold Eyharts et Philippe Perrin.

Un concours lancé ce printemps

Annoncé le 29 avril, le concours de l’ESA se déroulait en ligne. Les propositions devaient être envoyées via un formulaire, en renseignant son identité et son adresse postale et, bien sûr, sa proposition. « N’oubliez pas que le nom doit être suffisamment court pour figurer sur l’écusson officiel de la mission », prévenait l’ESA. Un petit texte était attendu par ailleurs, pour justifier et défendre la proposition.

Organisé en partenariat avec le CNES, l’agence spatiale française, le concours était ouvert jusqu’au 12 mai. Tout le monde pouvait participer, y compris les mineurs à condition de présenter une autorisation parentale. Une seule proposition était acceptée. Il n’est pas dit s’il y a eu des tentatives de gruge ou des raids de forums en ligne pour tenter de faire passer un nom absurde, amusant ou, pire, désobligeant.

L’ESA et le CNES avaient toutefois prévu plusieurs critères à respecter, pour cadrer les soumissions. Les propositions devaient s’abstenir de soumettre un nom propre, sauf ceux possédant une « signification notoire », comme un référence mythologique par exemple. Le nom devait être composé d’un unique mot, en alphabet latin, ne contenant ni espace, ni tiret, ni caractère spécial.

(article mis à jour le 28 juillet avec l’annonce du nom de la mission et de son écusson)

Article publié initialement le 29 avril 2020

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