Déployée depuis novembre 2018 sur la surface martienne, la mission InSight a d'ores et déjà mesuré les premières secousses de la planète rouge. En attendant de nouvelles mesures, la NASA vient de diffuser sa meilleure vue d'InSight prise depuis l'orbite.

Avec la perte définitive du rover Opportunity en début d’année, à cause d’une tempête de poussière qui a eu raison de lui, la NASA n’a plus que deux programmes actifs à la surface de Mars : Curiosity, depuis 2012, et InSight, depuis 2018. Le premier est un astromobile qui peut se déplacer pour explorer les environs, tandis que le second est un atterrisseur, qui officie au même endroit.

La NASA suit évidemment de près les activités de ses deux engins, à travers le satellite MRO (Mars Reconnaissance Orbiter), qui est en orbite autour de la planète rouge depuis 2006. Son rôle est crucial, car la sonde fait office de relais entre ce qui se passe sur Mars et la Terre, qu’il s’agisse des télécommunications ou des images prises grâce à la caméra HiRISE (High Resolution Imaging Science Experiment).

L’atterrisseur InSight, avec ses panneaux solaires, et le sismomètre à côté, protégé dans un dôme clair (vue d’artiste). // Source : NASA/JPL-Caltech

La meilleure vue d’InSight depuis l’espace

Et justement, la caméra HiRISE s’est récemment illustrée en prenant le 23 septembre dernier ce que la NASA qualifie de « meilleure vue d’InSight depuis l’espace ». La nouvelle a été présentée au public le 16 octobre à travers un communiqué. L’agence spatiale américaine précise que le cliché a été pris sur une altitude très basse, à une altitude d’à peine 272 kilomètres.

La NASA explique que plusieurs facteurs favorables ont permis de produire ce cliché, qui surclasse toutes les photographies précédentes. L’air était tout d’abord moins chargé en poussière qu’à l’accoutumée. « L’éclairage était également optimal pour éviter les reflets lumineux de l’atterrisseur ou de ses panneaux solaires qui ont obscurci les pixels environnants dans d’autres images ».

NASA/JPL-Caltech/University of Arizona

Le cliché peut sembler décevant de prime abord, mais il faut tenir compte de la distance très importante qui sépare le « photographe » de son sujet. C’est presque autant qu’un voyage Paris – Poitiers à vol d’oiseau. La tache verte encerclée par une zone plus sombre est InSight : l’envergure de l’appareil, une fois ses deux panneaux solaires circulaires déployés, atteint pas moins de six mètres.

Cette tache sombre n’est pas un cratère vu de dessus. Il s’agit des traces que l’atterrisseur a laissées au sol lors de son arrivée, en novembre 2018. Elle « est due au fait que les propulseurs de rétrofusée récuraient la surface pendant l’atterrissage, tandis que des tourbillons de poussière créaient les traînées sombres qui traversaient la surface en diagonale », précise l’agence.

Le sismomètre français apparaît à l’image

En observant plus attentivement l’image, on peut non seulement distinguer les deux panneaux circulaires, mais aussi le corps central ainsi que le sismomètre SEIS, qui se trouve sous une cloche protectrice (le point brillant sur l’image) pour ne pas que ses mesures ne soient gênées par l’environnement martien (rafales de vent, tempêtes de poussière, activités d’InSight, écarts de température).

La mission InSight, pilotée par la NASA, a bénéficié d’une forte attention médiatique, car elle a pour objectif de sonder les entrailles de la planète rouge. En effet, il s’agit ni plus ni moins « d’écouter le cœur de Mars ». Élément de satisfaction nationale, la France joue un rôle-clé dans ce programme, puisque c’est elle qui a fourni le sismomètre SEIS pour capter les séismes.

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