Le sismomètre SEIS vient d'être positionné sur la planète rouge. Mais avant de pouvoir commencer à écouter les entrailles de Mars, les scientifiques doivent s'assurer que son environnement de travail est le plus silencieux possible.

La mission InSight vient de franchir une étape décisive, le mercredi 19 décembre : le sismomètre SEIS a quitté l’atterrisseur de la NASA grâce à un bras robotique et a été déposé délicatement à la surface de Mars. Ce faisant, SEIS, de conception française, est devenu le tout premier instrument de mesure du genre à être jamais déployé sur la planète rouge.

L’évènement a naturellement été salué par la communauté scientifique, qu’il s’agisse de la NASA (« C’est une première dans l’espace : la NASA place un sismomètre à la surface d’une autre planète  »), du Centre national d’études spatiales, qui parle d’un moment émouvant, ou tout simplement des géologues, qui décrivent cette étape comme étant le second atterrissage de SEIS sur Mars.

Des préparatifs avant de lancer les mesures

Maintenant qu’il est contact du sol, SEIS peut-il commencer à percevoir les vibrations internes de Mars ? C’est encore malheureusement trop tôt. L’Institut de physique du globe de Paris explique que de multiples réglages et contrôles doivent être faits pour s’assurer que le sismomètre est en situation de détecter les séismes traversant la planète. C’est un travail qui s’écoulera sur plusieurs semaines.

Le déploiement de l’instrument à proprement parler s’est déroulé assez vite : il n’a fallu que dix minutes pour lever SEIS, l’écarter de 1,65 mètre de l’atterrisseur et le poser . Il faut dire que tout était déjà prêt en amont : le site adéquat avait été repéré, le grappin pour soulever l’engin et le bras robotique étaient en position depuis des jours et la séquence d’instructions commandant le déploiement avait été envoyée.

Il reste toutefois du travail à faire.

Vue d’artiste de SEIS, à côté de l’atterrisseur. // Source : NASA/JPL-Caltech (photo recadrée)

Vérifier l’environnement de travail de SEIS

Il faudra d’abord s’assurer que l’appareil est correctement aligné avec l’horizontale, puis activer des capteurs qui devront déterminer le niveau du bruit environnant (Mars n’est pas tout à fait un monde silencieux : les perturbations atmosphériques peuvent nuire à l’écoute du sous-sol martien), mais aussi vérifier que l’activité du câble reliant SEIS à l’atterrisseur ne gêne pas non les mesures.

Si les conditions sont défavorables, alors un repositionnement du sismomètre par le bras télescopique sera envisagé, ainsi que d’autres opérations. Ce n’est qu’une fois que le niveau de bruit sera descendu sous un certain seuil que le positionnement définitif de SEIS sera acté, avec le dévidage du câble et la mise « sous cloche » de SEIS, celui-ci étant en fait un bouclier le protégeant de la chaleur et du vent.

Avec l’atterrissage d’InSight, l’installation de SEIS a été l’une des manœuvres les plus critiques de la mission. Un ratage aurait lourdement handicapé la suite. « Le sismomètre est l’instrument le plus prioritaire sur InSight : nous en avons besoin pour atteindre environ les trois quarts de nos objectifs scientifiques », rappelle Bruce Banerdt, l’un des principaux responsables de la mission.

À lire sur Numerama : InSight  : comment la mission va écouter le cœur de Mars  ?

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