La sonde LightSail 2 a fait ses preuves : sa voile solaire lui permet bien de « naviguer » dans l'espace. Cette mission réussie est prometteuse pour le futur de l'exploration spatiale.

Quelques jours après avoir déployé sa voile solaire, la sonde LightSail-2 a officiellement réussi sa mission. The Planetary Society, l’organisation à but non lucratif qui a mené le projet, l’a confirmé dans un communiqué le 31 juillet 2019. La démonstration a été faite : l’appareil est parvenu à voler grâce à la lumière du Soleil.

« Mission accomplie ! Nous venons juste d’élever notre orbite autour de la Terre en utilisant la seule lumière du Soleil, ce qui n’a jamais été fait avant », se réjouit The Planetary Society dans un tweet. La sonde avait sorti sa voile le 23 juillet dernier, presque un mois après le lancement du vaisseau dans l’espace à l’aide d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX. Le but de la mission était de prouver qu’un vaisseau spatial en orbite autour de la Terre pouvait être propulsé uniquement à l’aide de la lumière solaire.

« Dans les 4 derniers jours, le vaisseau spatial a élevé le point culminant de son orbite, ou son apogée [ndlr : le point où la distance par rapport à la Terre est maximale], d’environ 2 kilomètres », explique The Planetary Society dans son communiqué. Cette manœuvre ne peut être expliquée que par la navigation à l’aide de la lumière solaire, assure l’organisation qui en conclut que la sonde a rempli son objectif. La voile solaire ressemble à un grand losange : c’est une fine feuille de poly(téréphtalate d’éthylène), une matière plastique abrégée en PET, plus connue sous le nom « Mylar » (une marque qui fabrique des films à partir de cette matière). Cette feuille est embarquée à bord d’un nanosatellite CubeSat.

Des photons rebondissent sur la voile

Comment cette feuille de 32 mètres carrés avance-t-elle ? Ce sont les photons émis par le Soleil qui assurent sa propulsion. Comme un bateau poussé par le vent, LightSail-2 se déplace grâce aux photons qui rebondissent sur sa voile. L’appareil avance dans la direction opposée à cette lumière qui rebondit sur lui. Avec cette technique, The Planetary Society entend prouver que les voyages spatiaux sur de longues distances seraient possibles sans utiliser trop d’énergie. « Il n’y a pas besoin de carburant ni de tous les systèmes de contrôle du carburant », explique Bill Nye, CEO de The Planetary Society, cité par l’AFP.

Des tests sur LightSail-2. // Source : Flickr/CC/The Planetary Society (photo recadrée)

Selon Bill Nye, une telle technologie pourrait servir lors des voyages vers Mars, la lune Europe de Jupiter ou la lune Titan de Saturne (missions qui doivent chercher des traces de vie possible sur ces astres). Les voiles solaires seraient une piste pour diminuer le coût des missions. L’argument financier pèse lourd dans l’organisation des missions spatiales — l’arrêt du programme Apollo après 1972 l’a montré. Les voiles solaires pourraient aussi servir pour des projets moins lointains, par exemple pour installer un télescope spatial chargé de surveiller les astéroïdes proches de notre planète.

Maintenant, que va-t-il arriver à LightSail 2 ? La voile solaire n’est pas assez précise pour conserver une orbite circulaire. Plus son apogée sera grand, plus l’appareil sera exposé aux frottements atmosphériques qui finiront par l’emporter sur l’élan donné par la lumière du Soleil. Dans environ un an, LightSail 2 achèvera sa navigation céleste en retombant et se consumant dans l’atmosphère de la Terre..

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