La vague de chaleur qui passe sur l'hexagone en cette fin de juin 2019 est précoce. Si aucune politique climatique n'est mise en œuvre, Météo France prévoie que ces épisodes pourraient arriver dès le mois de mai à la fin du siècle.

De nombreux climatiseurs et ventilateurs ont recommencé à fonctionner cette semaine. Météo France a annoncé une vague de chaleur remarquable « pour sa précocité ». Selon le service de météorologie, ces épisodes de forte chaleur pourraient arriver de plus en tôt d’ici la fin du siècle, si aucune mesure n’est mise en œuvre.

Dans un communiqué publié le 24 juin 2019, Météo France explique que les vagues de chaleur pourraient se produire plus fréquemment et durer plus longtemps à la fin du 21e siècle. « Dans un scénario ‘sans politique climatique’, elles pourraient ainsi survenir de mai à octobre », prévient l’établissement public. Les épisodes de chaleur commenceraient plus tôt qu’actuellement ou s’achèveraient plus tard. À cause du réchauffement planétaire, ils « pourraient se produire sur une période de l’année plus étendue » qu’entre début-juillet et mi-août, prévient Météo France.

Les vagues de chaleur pourraient commencer encore plus tôt à la fin du siècle. // Source : Max Pixel (photo recadrée)

Le scénario le plus pessimiste

Quel est ce scénario « sans politique climatique » dont parle Météo France ? Il s’agit du scénario « RCP 8.5 » (où RCP signifie « Representative Concentration Pathways », c’est-à-dire « Profils représentatifs d’évolution de concentration »), utilisé par le GIEC dans ses projections climatiques. Quatre profils d’évolution des concentrations de gaz à effet de serre ont été choisis : ils se différencient sur un point, le bilan radiatif de la planète. Il s’agit de « la différence entre le rayonnement solaire reçu et le rayonnement infrarouge réémis par la planète », explique Météo France. La concentration de gaz à effet de serre peut modifier ce bilan. Les quatre profils RCP correspondent à des modifications différentes. Plus le nombre identifiant ces profils est élevé, plus le système formé par la Terre et l’atmosphère se réchauffe. Le profil « RCP 8.5 » est le plus pessimiste.

À l’horizon 2050, Météo France estime que les vagues de chaleur pourraient être 2 fois plus fréquentes et intenses qu’à présent. En l’absence de politique climatique, le nombre de jours de vagues de chaleur risque d’augmenter. Moins de 5 jours de vagues de chaleur étaient comptés par an en France entre 1976 et 2005. D’ici l’horizon 2021-2050, ce nombre pourrait augmenter de 5 à 10 jours supplémentaires dans le sud-est de la France et de 0 à 5 ailleurs.

L’évolution du nombre de jours de vagues de chaleur selon le scénario RCP 8.5. // Source : Météo France

Jusqu’à 25 jours de chaleur en plus

Si une politique climatique était mise en œuvre, on pourrait espérer que cela n’augmente que faiblement après 2050. Avec un scénario plus pessimiste, « il y a 3 chances sur 4 pour que, sans politique climatique, le nombre de jours de vagues de chaleur augmente de 5 à 25 jours du nord vers le sud par rapport à la période 1976-2005 », anticipe Météo France. Pour éviter que ce scénario pessimiste se réalise, réussir à contrôler les émissions de gaz à effet de serre sera essentiel. Sinon, les jours de vagues de chaleur risquent d’être plus nombreux au cours de la deuxième moitié du 21e siècle.

À l’échelle de la planète, les 4 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, avec 2016 en tête. Même s’il n’est pas forcément pertinent d’opérer un classement entre années, c’est la tendance générale à l’augmentation qui est inquiétante. Le réchauffement n’est pas un phénomène linéaire, mais il a des conséquences très concrètes sur notre quotidien. Sans politique climatique efficace, les vagues de chaleur pourraient être encore plus difficiles à supporter dans les décennies à venir.

Crédit photo de la une : Paramount Pictures

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