Un chien cloné est né en Chine. Des cellules d'un autre animal adulte ont été injectées dans l'embryon qui lui a donné naissance. La Chine imagine un jour pouvoir cloner de nombreux chiens policiers ainsi, pour accélérer leur entraînement et le rendre moins onéreux.

Kunxun a trois mois et vit à Kunming en République populaire de Chine. Mais ce n’est pas un chien comme les autres.

Avant sa naissance, des cellules somatiques ont été prélevées sur la peau d’un chien de police adulte. Elles ont été injectées dans un embryon, porté par une chienne Beagle. Kunxun est le « premier chien de police cloné », assure China Daily le 19 mars 2019.

Le chiot a été accueilli au sein de la base des chiens policiers de Kunming le 5 mars dernier. Pourquoi Kunxun a-t-il été cloné ? L’objectif avancé serait d’accélérer l’entraînement de l’animal en tant que chien policier. Les cellules souches qui ont été insérées dans l’embryon de Kunxun proviennent du chien Huahuangma. Ce dernier a permis de résoudre plusieurs affaires de meurtre dans la province de Yunnan.

L’expérience semblait ainsi partir du principe que le chien à naître serait quasiment identique à l’original : il s’agirait à la fois d’un gain de temps et d’argent, puisque l’animal devrait être formé moins longtemps avec l’espoir d’obtenir le même niveau de performance. Encore faut-il croire en la seule capacité des gênes à déterminer si un chien policier sera performant ou non…

Le clonage de Kunxun fait partie d’un programme mené par le ministère de la Sécurité publique de la république populaire de Chine. Il est appliqué par la base des chiens policiers de Kunming, par l’université agricole de Yunnan et l’entreprise Beijing Sinogene Biotechnology (spécialisée dans le clonage des animaux).

Un clone qui serait presque 100 % identique

L’expérimentation a commencé le 12 septembre dernier, lorsque les cellules ont été prélevées d’un échantillon de peau de Huahuangma et ont été apportées à Pékin pour créer l’embryon cloné. Lorsqu’il est né, Kunxun pesait 540 grammes et mesurait 23 centimètres. Un test mené par la base de chiens policiers de Nanchang a permis de conclure que le chiot est à 99,9 % identique à Huahuangma, selon China Daily. Ceci semble sous-entendre que l’animal sera plus vite opérationnel que les autres chiens nécessitant un entraînement plus long.

L’entreprise de Pékin spécialisée dans le clonage des animaux. // Source : Capture d’écran du site de Sinogene Biotechnology.

Wan Jiusheng, chercheur rattaché à la base de chiens policiers de Kunming, prétend déjà que le chiot apprend rapidement. « Kunxun a montré une bonne aptitude à renifler, détecter et s’adapter à un environnement qui ne lui était pas familier », assure-t-il.

Kunxun devrait commencer à être utilisé comme chien policier après 10 mois d’entraînement. Si l’expérience réussit, il n’est pas exclu que d’autres chiens clonés soient créés « massivement ». L’idée serait aussi de constituer une banque de cellules prélevées sur des chiens policiers jugés performants, conservée pendant 50 ans pour pouvoir cloner d’autres animaux.

Ces ambitions de clonage d’animaux soulèvent des questions éthiques. Le cas de macaques récemment clonés en utilisant la technique du « ciseau génétique » l’a encore souligné : les animaux issus de cette manipulation étaient malades.

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