Les opérations de reconstruction ont démarré à Cap Canaveral, un peu plus d’un mois après la spectaculaire explosion de la fusée New Glenn fin mai 2026. L’occasion pour l’entreprise de repartir sur de nouvelles bases, avec des méthodes qui changent de ce que propose son principal concurrent, SpaceX.

« New Glenn return to flight. » Blue Origin annonce la couleur dans un communiqué le 30 juin 2026, présentant les débuts de la reconstruction de son pas de tir. Le 28 mai, la célèbre fusée géante de l’entreprise de Jeff Bezos subissait une explosion spectaculaire, l’une des plus fortes jamais enregistrées.

Désormais, la reconstruction commence à Cap Canaveral, avec les premières images du site, aujourd’hui nettoyé, et prêt à reprendre bientôt son activité. Mais tout n’est pas revenu comme avant. Au lieu de ça, Blue Origin annonce une nouvelle formule, dite hybride.

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Augmenter la cadence de vol de New Glenn

Comme l’explique le PDG de l’entreprise Dave Limp, dans une publication sur X : « Nous ne reconstruisons pas le même pas de tir pour New Glenn. Nous nous dirigeons désormais vers une configuration hybride verticale/horizontale pour voler à nouveau cette année sur le complexe 36A. »

Il ajoute également quelques explications supplémentaires : « On assemble les différents étages à l’horizontale dans le bâtiment d’intégration. Puis, nous amenons le véhicule assemblé à l’extérieur, puis nous utilisons une grue pour redresser le tout et installer la charge utile au sommet, en position verticale. Ce nouveau concept a pour avantage de nous permettre d’augmenter notre cadence de vol. »

Ce mode de production change de ce que l’on a l’habitude de voir ailleurs, en tout cas jusqu’à récemment. Ainsi, les fusées Ariane étaient, avant Ariane 6, entièrement construites à la verticale, jusqu’à ce que la dernière itération de la famille de lanceurs européens ne passe à un système horizontal.

L’avantage est surtout de pouvoir utiliser des bâtiments d’assemblage moins hauts, et donc plus faciles à climatiser. Sans oublier le fait que les opérations réalisées en grande partie au sol deviennent alors plus simples.

Objectif : rattraper le retard

Mais à la différence des Ariane 6, la totalité de la fusée n’est pas assemblée ainsi, et la mise en place de la coiffe de New Glenn, qui abrite la charge utile, est effectuée une fois la fusée placée à la verticale. Ce qui permet d’utiliser une grue au lieu d’un système élévateur. Et cette dernière intégration est réalisée directement sur le pas de tir.

Le Starship, lui, est totalement monté à la verticale, ce qui nécessite donc des bâtiments plus grands, tout particulièrement pour cette fusée gigantesque. Mais l’avantage est d’éviter la difficile opération de relevage pour qu’un lanceur de plus de 100 mètres de haut passe de position couchée à debout ! Un engin que l’on devrait pouvoir voir à l’œuvre d’ici quelque temps si tout va bien.

Le pas de tir après l'explosion du mois de mai.
Le pas de tir après l’explosion du mois de mai. // Source : Dwise pour NASASpaceflight

À ce stade, difficile de dire si cette configuration hybride pourrait être décisive pour que Blue Origin rattrape son retard sur le développement de son lanceur et de son atterrisseur lunaire prévu pour une première utilisation dès la mission Artémis III.

En tout cas, Dave Limp assure que ce nouveau pas de tir redessiné pourra être utilisé pour la future version lourde du lanceur New Glenn, la 9×4, capable d’emporter 77 tonnes en orbite basse, soit 27 de plus que le modèle actuel.

Enfin, l’entreprise avance en parallèle pour comprendre les causes exactes de l’explosion du 28 mai, qui ne sont pas encore connues. Les investigations se poursuivent.

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