Au lendemain de l’explosion spectaculaire de la fusée New Glenn, des photos aériennes de la base de lancement circulent déjà et l’ampleur des dégâts sur le pas de tir LC-36 de Cap Canaveral est déjà bien visible.

Depuis l’explosion de la fusée New Glenn le 28 mai dernier, on ne disposait que des images nocturnes de la boule de feu. Depuis le 29 mai 2026, les premières vues de jour sur la base spatiale de Cap Canaveral circulent.

Ces dernières présentent un complexe de lancement en partie réduit à l’état de ferraille. Ces clichés aériens, signés du vidéaste D Wise (@dwisecinema) et diffusés par le média spécialisé NASASpaceflight dans la soirée du 29 mai, permettent déjà de constater l’ampleur des dégâts. Fort heureusement, malgré le caractère spectaculaire de l’explosion, le bilan reste uniquement matériel.

Ce que montrent les photos

Ces premiers clichés offrent le premier vrai inventaire des dégâts sur le Launch Complex 36 (LC-36), le pas de tir de Blue Origin.

Là où se dressait la fusée New Glenn quelques heures plus tôt, on ne distingue plus qu’un enchevêtrement de poutrelles métalliques effondrées, écrasées au sol.

La structure qui maintenait le lanceur
La structure qui maintenait le lanceur // Source : Dwise pour NASASpaceflight

Cette structure qui maintenait le lanceur — le mât de soutien et ses passerelles — n’est plus qu’un tas de débris noircis étalé sur plusieurs dizaines de mètres au pied de la zone de tir. Sur certaines images, de fines volutes de fumée s’élèvent encore du site, plus de douze heures après la déflagration.

Lorsqu’on dézoome, on remarque que deux silhouettes ont pourtant tenu bon.

La tour paratonnerre et le château d'eau sont toujours debout
La tour paratonnerre et le château d’eau sont toujours debout // Source : Dwise pour NASASpaceflight

La grande tour en treillis (une tour paratonnerre, destinée à protéger la fusée de la foudre) reste debout, dressée vers le ciel mais bien noircie malgré tout. À droite du cadre, le château d’eau monté sur ses longs pieds métalliques (pour refroidir au lancement de la fusée) est, lui aussi, toujours en place. Ce sont à peu près les seuls grands éléments verticaux à avoir « survécu » dans le champ d’explosion de la fusée.

La base LC-36 avant l'explosion (2021) La base LC-36 après l'explosion

Plus loin, les photos révèlent une base relativement intacte, notamment un hall d’intégration épargné par l’explosion, ainsi que des structures recouvertes de bâches dont certaines paraissent endommagées.

Reconstruire, encore

Pour saisir l’ampleur de la perte, il faut s’attarder sur l’endroit lui-même. Le Launch Complex 36 n’est pas un pas de tir comme les autres. Situé sur la base spatiale de Cap Canaveral, en Floride, il appartient à l’US Space Force et est exploité par Blue Origin via un bail.

Mis en service au début des années 1960, il a vu décoller plus de 140 lanceurs Atlas, dont des missions emblématiques comme Mariner, Pioneer et Surveyor. Après le dernier tir d’une Atlas en 2005, le complexe a été désaffecté puis laissé à l’abandon, ses installations démantelées. L’entreprise de Jeff Bezos n’a pas fait les choses à moitié : elle a reconstruit le pas de tir entièrement, en y investissant plus d’un milliard de dollars.

Achevé en 2021, LC-36 n’avait connu, depuis sa mise en service en janvier 2025, que trois décollages de la New Glenn, un lanceur géant de 98 mètres de haut. La mise à feu statique du 28 mai préparait le quatrième, qui devait emporter une cargaison de satellites Amazon LEO le 4 juin. À la place, c’est une partie du site qui s’est effondrée.

L’étendue exacte des dégâts reste à confirmer par Blue Origin, qui a ouvert une enquête sur l’anomalie. Mais ces photos aériennes donnent déjà une idée du chantier de reconstruction qui attend l’entreprise — et du temps qu’il faudra avant qu’une fusée ne se redresse à nouveau sur ce pas de tir. Une bien mauvaise nouvelle pour la New Glenn, qui était censée équiper le programme Artémis, pour le retour des hommes sur la Lune.

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