Ils succéderont à Gregory Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen. Le 9 janvier 2026, les identités des 4 astronautes sélectionnés pour la mission Artémis III ont été révélées par la Nasa. C’est un équipage entièrement masculin qui a été choisi. 3 Américains et un Européen partiront en orbite terrestre basse pour tester les futurs atterrisseurs lunaires du programme Artémis.
Randolph Bresnik, Andre Douglas, Frank Rubio et Luca Parmitano (le seul Européen de l’équipe, un astronaute italien de l’ESA) composent cet équipage. Luca Parmitano est un collègue astronaute que Thomas Pesquet connaît très bien, puisqu’ils ont été tous les deux recrutés en 2009 par l’Agence spatiale européenne. Et dans son ouvrage Ma vie sans gravité, Thomas Pesquet a d’ailleurs raconté un incident qui aurait pu coûter la vie à son homologue italien. Cela, en pleine sortie dans l’espace.
L’astronaute italien a failli mourir noyé dans l’espace
L’incident s’est passé il y a 13 ans, mais Luca Parmitano s’en souvient sans doute encore très bien. L’événement a aussi probablement marqué tous ses collègues, qui l’ont vécu de près à bord de l’ISS ou de loin depuis la Terre. « Le scaphandre est un vaisseau très sophistiqué, mais des incidents peuvent survenir. Le 16 juillet 2013, en pleine sortie, de l’eau a commencé à s’infiltrer dans le casque de Luca (l’enquête conclura à une fuite sur le système de refroidissement ; l’eau s’est écoulée dans le casque par la ventilation derrière la tête) », raconte Thomas Pesquet dans son autobiographie.
À l’origine, Luca Parmitano, accompagné de son binôme, l’astronaute américain Chris Cassidy, devait sortir de la Station spatiale internationale pendant 6 heures. Ce qui devait être la 23e sortie extravéhiculaire de l’ISS est devenu « l’un des incidents les plus graves de l’histoire des sorties dans l’espace », selon le résumé officiel de la Nasa.

Alors que les deux astronautes étaient plongés dans la nuit (il fait plusieurs fois jour et nuit à bord de l’ISS), ils ont dû rebrousser chemin pour revenir dans le sas. « Luca ne voyait plus rien (l’eau lui descendait dans les yeux) et avait perdu toute communication (eau dans les oreillettes) », relate Thomas Pesquet dans son ouvrage. On apprendra plus tard que la fuite a été causée par des débris, qui ont bouché un filtre de la combinaison. L’eau du système de refroidissement a été détournée directement dans le casque de l’astronaute.
Cet événement, qui s’est heureusement bien terminé pour Luca Parmitano, a rappelé à quel point il serait dangereux de sortir seul dans l’espace pour un astronaute. « Son binôme Chris Cassidy a dû l’aider à revenir en urgence au sas pour lui éviter des désagréments plus sérieux. […] [Luca] n’aurait jamais pu rejoindre tout seul l’airlock, même en suivant le filin de sécurité qui, au fil des translations, a tendance à s’enrouler, se coincer et nécessite, pour être manœuvré, au moins d’y voir clair », écrit l’astronaute français.
Luca Parmitano était pourtant sorti de l’ISS sans problème, une semaine plus tôt
Même pour un astronaute expérimenté, le risque de mourir dans l’espace est réel. Luca Parmitano n’en était pas à son coup d’essai : une semaine plus tôt, il était sorti dans l’espace sans difficulté. Et, ce 16 juillet 2013, lui et son binôme étaient même prêts avec 13 minutes d’avance à sortir de la station. Finalement, moins de 2 heures après le début de la sortie et une fois revenu tant bien que mal dans le sas de l’ISS, Parmitano a pu être délivré par ses collègues de son casque, dans lequel il a failli se noyer.
Grâce à la réaction des deux astronautes, et aux consignes des équipes qui les encadraient, Luca Parmitano s’en est sorti sans aucune blessure. La Nasa a évidemment tiré des leçons de cet événement. Pour empêcher que cela ne se reproduise, la Nasa a modifié ses procédures au sol pour éliminer la contamination de l’eau, tout en ajoutant par sécurité des tubulures de respiration (tubes d’aspiration de secours) et des coussinets absorbants à l’intérieur des casques.
Bien d’autres dangers guettent les astronautes dans l’espace. Une récente fuite d’air dans l’ISS a rappelé à quel point ce métier est risqué, et que tout peut basculer en une minute. Particulièrement en sortie extravéhiculaire, lorsque l’astronaute est confronté au vide spatial… et qu’il n’a pas intérêt à oublier un tournevis dans l’espace.
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