Ça y est, le mystère est enfin levé. Après le succès de la mission habitée Artémis II au printemps 2026, à bord de laquelle on retrouvait Gregory Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, l’agence spatiale américaine a officialisé ce mardi 9 juin 2026 l’équipage qui participera à la mission suivante : Artémis III.
Contrairement aux plans initiaux qui prévoyaient directement un alunissage, Artémis III présentera un profil de mission plus modeste. Plus question de se rendre sur la Lune. Désormais, l’équipage a pour objectif de tester autour de la Terre, en conditions réelles, les véhicules censés nous y déposer plus tard — à partir d’Artémis IV précisément.
À bord de la capsule Orion, on retrouvera donc un équipage de quatre personnes : trois Américains et un Italien, provenant des rangs de l’Agence spatiale européenne (ESA). Leurs noms ont été révélés lors d’une conférence organisée par l’agence spatiale américaine au centre spatial Johnson de Houston, au Texas.
Cette mission, contrairement à la précédente, ne comporte aucune femme.
Qui sont les membres de la mission Artémis III ?
Randolph Bresnik, commandant
De nationalité américaine, il sera le commandant de la mission.
Surnommé « Randy », ce colonel à la retraite de l’US Marine Corps est un pilote de chasse et d’essai chevronné. À 59 ans, il incarne la figure du leader calme et expérimenté, indispensable pour diriger une mission d’essai de cette envergure.
Bresnik a déjà deux vols spatiaux majeurs à son actif : il a volé à bord de la navette spatiale Atlantis en 2009, puis a passé 139 jours dans l’espace en 2017 en tant que commandant de la Station spatiale internationale (ISS), cumulant au passage cinq sorties dans le vide.
C’est un pur vétéran de la Nasa dont l’expertise sera cruciale pour superviser les manœuvres d’amarrage inédites avec les atterrisseurs géants de SpaceX et Blue Origin.

Luca Parmitano, pilote
De nationalité italienne (ESA), il a été choisi comme pilote de la mission.
Colonel de l’armée de l’air italienne et pilote d’essai d’élite, il est l’un des spationautes européens les plus aguerris de sa génération. Il a effectué deux missions de longue durée à bord de l’ISS en 2013 et 2019, cumulant 366 jours en orbite. Il a, lui aussi, commandé la station et possède à son actif six sorties extravéhiculaires particulièrement complexes.
C’est un choix doublement historique : c’est la toute première fois qu’un astronaute non-américain se voit confier le poste de pilote sur un véhicule du programme lunaire de la Nasa, et Luca Parmitano devient par la même occasion le tout premier astronaute européen (ESA) de l’histoire sélectionné pour s’envoler au sein du programme Artémis.
Un signal politique et technique fort, qui confirme le poids très important de l’Europe dans cette nouvelle architecture spatiale.

Andre Douglas, spécialiste de mission
De nationalité américaine, il occupera le poste de spécialiste de mission.
Cet ingénieur en systèmes maritimes et ancien officier de l’US Coast Guard possède un doctorat en ingénierie des systèmes. C’est le « bleu » opérationnel du groupe.
S’il n’est encore jamais allé dans l’espace, il connaît la capsule Orion sur le bout des doigts puisqu’il était la doublure officielle de l’équipage de la mission Artémis II. La tradition spatiale est ici respectée : comme à l’époque des missions Apollo, le fait d’avoir servi de doublure sur le vol précédent lui a offert un ticket direct de titulaire pour la mission suivante.

Francisco Rubio, spécialiste de mission
De nationalité américaine, il sera le second spécialiste de mission.
Surnommé « Frank » Rubio, il affiche un profil très complet puisqu’il est à la fois médecin pour l’US Army et pilote d’hélicoptère de combat. Il est devenu une véritable légende de l’exploration spatiale en marquant l’histoire lors de son unique mission à bord de l’ISS.
À la suite d’une fuite sur son véhicule de retour, son séjour avait été prolongé, lui permettant de battre le record américain du plus long vol spatial d’affilée avec 371 jours consécutifs dans l’espace. Avec plus d’un an passé en apesanteur en une seule fois, son expertise sur la résistance du corps humain sera un atout majeur pour tester la vie à bord des futurs modules d’alunissage.

Quel est le but de la mission Artémis III ?
Artémis III a été profondément reconfigurée au tout début de l’année, à la fois pour des raisons de sécurité et pour intégrer l’état d’avancement (et donc les retards) du programme Artémis, à la fois du côté de la NASA et du côté des partenaires. En conséquence, la mission a été remaniée pour qu’elle se déroule entièrement en orbite terrestre basse.
Ainsi, à environ 450 km d’altitude, on assistera à une répétition générale des systèmes d’alunissage développés par le secteur privé. Une fois lancée par la fusée géante Space Launch System (SLS), Orion rejoindra deux véhicules : le Starship HLS de SpaceX et le Blue Moon de Blue Origin. À supposer que les deux soient prêts à temps.

On s’attend à ce que les astronautes passent plusieurs jours en orbite pour tester de nombreux aspects de chaque vaisseau. Cela inclut les approches de rendez-vous et les procédures d’amarrage, mais aussi les allers-retours d’un véhicule à l’autre. Les systèmes de survie, les communications ou bien les nouvelles combinaisons spatiales seront aussi vérifiés.
Pour l’anecdote, la mission Artémis III rappelle furieusement une autre qui a eu lieu il y a 57 ans : Apollo 9. À l’époque, avant de foncer vers la Lune avec Apollo 11, avec le dénouement que l’on sait, la NASA avait d’abord testé le module lunaire en orbite autour de la Terre. En fin de compte, Artémis III applique exactement la même règle de prudence.
Le décollage d’Artémis III est officiellement calé pour 2027. S’il n’y a aucun retard ni incident, et si tous les tests réussissent, alors l’Amérique pourra se tourner très sérieusement vers le vrai plat de résistance : Artémis IV, qui est pour l’instant annoncée en 2028. Ce sera à ce moment-là que l’humanité va retourner sur la Lune.
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