Sur Mars, il faudra une base pour accueillir et protéger les spationautes qui s’y rendront. Mais cet abri ne devra pas être construit n’importe comment. Il faudra sans doute utiliser de la glace. Voici pourquoi.

Les futurs explorateurs de la planète Mars ne pourront pas se contenter d’une tente Quechua pour survivre aux conditions climatique extrêmes de la planète rouge. La « sœur » de la Terre reçoit beaucoup moins d’énergie solaire : en conséquence, sa température moyenne est d’environ -65°C.

Mars Ice Home

Crédits : Kevin Kempton

Face à cet environnement excessivement hostile pour l’homme, la Nasa, qui désire se rendre sur Mars depuis des dizaines d’années, explore toutes sortes d’idées et de concepts pour créer un habitat martien ayant d’excellentes propriétés isolantes. Et il s’avère que pour empêcher le froid martien de rentrer, il faut justement… du froid ! C’est le cœur du projet de Mars Ice Dome.

Présenté sur le site de l’administration nationale de l’aéronautique et de l’espace, ce concept utilise en fait une couche d’eau glacée dans les parois de la base. En somme, il faut s’inspirer de ce que font les inuits pour se protéger du froid polaire. En effet, ils utilisent des igloos faits de blocs de neige ; cela peut sembler contre-intuitif, mais la neige isole très bien du froid.

Sur Mars, il faudra bien sûr un peu plus que des blocs de neige et quelques peaux de bête pour protéger correctement les expéditeurs qui devront vivre plusieurs mois à plusieurs centaines de millions de kilomètres de leur foyer. Mais la composition finale des parois de ces futurs abris martiens devrait vraisemblablement inclure de la glace. D’autant que l’isolation n’est pas son seul avantage.

De nombreux avantages

« Un autre avantage essentiel est que l’eau, un matériau riche en hydrogène, est un excellent matériau de protection contre les rayons cosmiques galactiques. Ils constituent l’une des plus grandes menaces dans le cas de longs séjours sur Mars. Ce rayonnement à haute énergie peut passer directement à travers la peau, endommager les cellules ou l’ADN », prévient la Nasa.

Or, il n’est pas question d’envoyer un équipage sur Mars — une planète dépourvue de magnétosphère, contrairement à la Terre, qui bénéficie ainsi d’un excellent bouclier contre le rayonnement spatial — sans lui donner les moyens de se protéger. Personne ne tient à récupérer des spationautes ayant un risque accru de développer un cancer dans les années à venir ou sujets au syndrome d’irradiation aiguë.

Seul sur Mars

Matt Damon aurait-il préféré une base faite de glace ?

Ce foyer fait de glace « constitue un équilibre entre la nécessité de fournir une protection contre les radiations sans les inconvénients d’un habitat souterrain. Le design maximise l’épaisseur de la glace au-dessus des quartiers de l’équipage pour réduire l’exposition au rayonnement », poursuit la Nasa. S’enterrer est en effet une alternative face aux radiations, mais elle n’est pas vraiment attrayante.

Or, plutôt que de creuser pour s’enterrer, pourquoi ne pas creuser pour extraire de la glace et créer un abri en surface ? C’est un autre avantage du projet : « une contrainte majeure pour l’équipe était la quantité d’eau qui pouvait raisonnablement être extraite de Mars », écrit l’agence. Heureusement, « de nombreuses zones sur Mars ont de l’eau glacée en abondance juste en-dessous de la surface ».

glace

Et en plus, ça laisse passer la lumière.
CC Henry McIntosh

Une telle approche permettrait d’éviter d’avoir à transporter de la glace depuis la Terre, les matériaux étant directement disponibles sur place.

Last but not least, une construction basée sur la glace facilite le passage de la lumière, ce qui pourrait éviter de consommer inutilement de l’énergie pour s’éclairer le jour. « Tous les matériaux que nous avons sélectionnés sont translucides, donc une lumière extérieure peut passer et vous faire sentir comme si vous étiez dans une maison et non pas une grotte », explique la Nasa.

Il reste maintenant à passer de la table à dessin à la mise en pratique. Combien faudrait-il de temps pour que la base, une fois sur place, soit totalement remplie d’eau glacée ? 400 jours, selon les estimations actuelles. Toutefois, les concepteurs indiquent que ce délai pourrait être réduit si les techniques d’extraction utilisées sur Mars sont améliorées pour extraire un plus gros volume de glace chaque jour.

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