La Nasa a pris une photo de Saturne et de ses anneaux. Jusque-là, rien de si exceptionnel. Cependant, la photo montre un phénomène très rare, à l’origine encore mystérieuse : des rayons d’anneaux.

Saturne est certainement l’une des planètes les plus reconnaissables du système solaire grâce à ses célèbres anneaux. Mais, en plus d’être très photogéniques, ces anneaux sont une précieuse source d’information sur la planète gazeuse. Or, la dernière photo de Saturne prise par le télescope spatial de la Nasa Hubble a permis de révéler un phénomène très rare : les rayons d’anneaux.

La photo, qui a été prise le 22 octobre 2023, vient d’être publiée le 21 décembre sur le compte X de Hubble, et par ailleurs sur le site de la Nasa. C’est sur ce dernier qu’on apprend plus de détails sur l’histoire du cliché — et surtout, sur ces fameux rayons d’anneaux (ring spokes en anglais). Sur la photo, les rayons sont « les taches grises dégradées le long des anneaux » — un phénomène encore énigmatique pour les chercheurs de la Nasa.

La nouvelle image de Saturne. // Source : Capture d'écran X @NasaHubble
La nouvelle image de Saturne partagée sur X. // Source : Capture d’écran X @NasaHubble

Une origine mystérieuse des rayons sur les anneaux de Saturne

Mais de quoi s’agit-il réellement ? Selon la Nasa, « ces rayons sont probablement de la poussière ou de la glace en lévitation causée par les interactions entre le champ magnétique de Saturne et les particules du vent solaire ».

Les fameux rayons d'anneaux ou « spokes » visibles dans les anneaux de Saturne // Source : Nasa
Les fameux rayons d’anneaux ou « spokes » visibles dans les anneaux de Saturne. // Source : Nasa
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On voit sur les deux photos le changement de positions des rayons sur les anneaux de Saturne // Source : Nasa
On voit sur les deux photos le changement de position des rayons sur les anneaux de Saturne. // Source : Nasa

L’origine de ces taches reste néanmoins incertaine. En effet, « lorsque Saturne est proche de l’équinoxe, la planète et ses anneaux sont moins inclinés par rapport au Soleil. Dans cette configuration, le vent solaire peut frapper plus fortement l’immense champ magnétique de Saturne, ce qui favorise la formation des rayons », explique Amy Simon, une chercheuse de la Nasa.

D’après les scientifiques de la Nasa, le contact entre les vents solaires et le champ magnétique générerait des « forces électrostatiques », qui feraient léviter la poussière et la glace au-dessus des anneaux, formant ainsi les rayons. Mais, il ne s’agit pour l’instant que d’une hypothèse — qui pourra peut-être bientôt être confirmée pour de bon par les recherches des scientifiques.

Un phénomène rare et parfois invisible

L’étude de ces rayons est encore nouvelle pour la Nasa, et est rendue complexe par leur nature. Ils ne sont, en effet, pas tout le temps visibles : en fonction de l’heure, de l’éloignement de la planète et des saisons de Saturne, ces spokes bougent, et parfois disparaissent. S’ils paraissent minuscules par rapport à Saturne et au reste des anneaux, la longueur et la largeur des rayons « peuvent dépasser le diamètre de la Terre ».

Selon la Nasa, ces rayons « sont des éléments transitoires qui tournent avec les anneaux. Leur apparition ne persiste que pendant deux ou trois rotations autour de Saturne. Pendant les périodes d’activité, des rayons fraîchement formés s’ajoutent continuellement au motif. »

Bien qu’ils aient été photographiés pour la première fois par Voyager 2, en 1981, les rayons d’anneaux restent toujours assez mystérieux. Les images récoltées par Hubble montraient tout d’abord que les rayons apparaissaient « sur le côté matin (gauche) des anneaux », mais « cette année, ces structures éphémères apparaissent simultanément des deux côtés de la planète ».

Cependant, dans les prochaines années, les apparitions des rayons devraient se multiplier. « Nous nous dirigeons vers l’équinoxe de Saturne », explique Amy Simon. « Nous nous attendons à une activité maximale des rayons, avec une fréquence plus élevée et des rayons plus sombres apparaissant au cours des prochaines années. » Une aubaine pour les scientifiques, qui auront l’opportunité de les étudier plus en profondeur.


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