Les États-Unis vont déployer une navette expérimentale autour de la Terre en décembre 2023. Elle devrait rester en orbite pendant des mois, voire des années. Ce véhicule, appelé X-37B, poursuit des objectifs autant scientifiques que militaires.

Pendant les mois et les années à venir, le voisinage immédiat de la Terre va connaître une activité inhabituelle. Une navette expérimentale américaine — X37-B — sera déployée en orbite en décembre 2023, sans doute pour une très longue durée. C’est une fusée Falcon Heavy de SpaceX qui assure le transport.

Ce vol, confirmé le 8 novembre par les forces spatiales américaines, consiste à mener « un large éventail d’objectifs de test et d’expérimentation ». Dans son communiqué, l’armée évoque notamment « l’exploitation de l’avion spatial dans de nouveaux régimes orbitaux » et « l’étude des effets des rayonnements sur les matériaux fournis par la Nasa ».

En l’espèce, des graines sont fournies par l’agence spatiale américaine pour étudier les effets des radiations sur les plantes durant un vol spatial de longue durée. C’est le projet Seeds-2. À long terme, les enseignements de ce type d’expérience serviront à préparer les missions habitées de demain, celles vers la Lune et Mars en particulier.

Un nouveau vol de (très) longue durée se profile

Pour la Space Force, ce vol de longue durée — on ignore quelle doit être sa durée — qui se profile est aussi une opportunité d’emmagasiner des connaissances dans la maîtrise de l’environnement spatial, en prévision de futurs besoins opérationnels. Durabilité d’un engin en orbite, effets sur les matériaux utilisés, manœuvrabilité, propulsion, communication, réutilisation…

Le chargement de la navette dans la coiffe. // Source : United States Space Force
Le chargement de la navette dans la coiffe. // Source : United States Space Force

Le vol du X37-B pourrait également servir à d’autres objectifs, classifiés cette fois. Le projet demeure supervisé par le département de la défense des États-Unis. Il est de ce fait possible d’imaginer d’autres usages, dans le domaine du renseignement, de la surveillance ou même de l’armement — qui pourrait ensuite être mis en œuvre immédiatement depuis l’orbite terrestre.

La mission, dénommée USSF-52, s’avère être la septième du genre à impliquer une navette spatiale X37-B, dont l’aspect général rappelle la navette spatiale historique des États-Unis. Elle est toutefois bien plus petite, ne comporte pas de cockpit et sa dérive est double et en diagonale (contrairement une dérive unique et verticale pour la navette de la Nasa).

Chaque vol du X37-B a été l’occasion d’un vol orbital un peu plus long. Le premier essai en 2010, a duré un peu plus de 224 jours. Le deuxième a atteint les 468 jours. La marque est passée à 674 jours au vol suivant, puis 717 jours, 779 et enfin 908 jours. Cette dernière mission, démarrée en mai 2020, s’est terminée en novembre 2022. Soit deux ans et demi.

Construit par Boeing, ce X37-B en est à son quatrième vol. Il est mis en œuvre à la fois par la Space Force et l’Air Force Rapid Capabilities Office, qui dépend de l’armée de l’air américaine. C’est ici la première fois qu’il est envoyé dans l’espace par une fusée Falcon Heavy. Pour les six missions précédentes, il y a eu cinq vols menés par le lanceur Atlas et un par la fusée Falcon 9.


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