D’après de nouvelles estimations, il y aurait au moins 2,3 millions de tonnes de pollution plastique dans les océans, ou 170 milliers de milliards de morceaux en ampleur.

La pollution plastique dans les océans est si répandue que des oiseaux marins en tombent malades et que les baleines en ingèrent des millions de morceaux. Cela tant des objets de plusieurs centimètres que des microparticules. « La pollution plastique dans les océans du monde au cours des 15 dernières années a atteint des niveaux sans précédent », alertent les auteurs d’une nouvelle étude, publiée le 8 mars 2023. La hausse serait exponentielle notamment depuis 2005.

Bien que cette pollution soit déjà connue et documentée, ce sont les chiffres apportés par ces nouveaux travaux qui sont importants. Construits à partir des relevés de 11 000 stations à travers le monde (Méditerranée, Atlantique Nord, Atlantique Sud, Pacifique Nord, Pacifique Sud, océan Indien) sur 40 ans (1979-2019), ils sont saisissants. Deux estimations en ressortent :

  • Il y aurait 82 à 358 milliers de milliards (billions) de particules de plastique dans les océans, soit une moyenne de 170 billions ;
  • La pollution plastique dans les océans pèserait entre 1,1 à 4,9 millions de tonnes, soit une moyenne de 2,3 millions de tonnes.

2,3 millions de tonnes, cela correspond au poids d’environ 18 000 baleines bleues, si l’on considère qu’elles pèsent en moyenne 130 tonnes.

La pollution plastique dans les océans atteint la santé des animaux. // Source : Pixabay
La pollution plastique dans les océans atteint la santé des animaux. // Source : Pixabay

Ce constat est d’autant plus inquiétant si on le combine à d’autres études qui projettent l’avenir de la pollution plastique : en 2020, des travaux estimaient que la quantité de plastique déversée dans la nature pourrait tripler d’ici à 2040.

Il y a besoin de politiques écologiques pour protéger les océans

« Cette accélération observée des densités de plastique dans les océans du monde, également signalée sur les plages du monde entier, exige des interventions politiques internationales urgentes », concluent les auteurs.

Il se trouve justement qu’un accord historique a été définitivement conclu aux Nations unies, début mars 2023, dont les discussions avaient été entamées en 2018. C’est le traité sur la haute mer. Cet accord vise à protéger la vie marine dans des zones qui faisaient jusqu’alors l’objet d’un vide juridique. Concrètement, le traité va instaurer un cadre juridique pour protéger 30 % des océans du monde.

Il existe également un projet de traité international contre la pollution plastique sous toutes ses formes.


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