Inutile d’essuyer votre écran : ce petit point sombre n’est pas une saleté. C’est la petite planète Mercure passant devant le Soleil, vue par la mission Solar Orbiter.

Il y a un point sombre sur ces nouvelles images du Soleil, mais ce n’est pas une tache solaire (ni une saleté sur votre écran). L’Agence spatiale européenne (ESA) a présenté le 20 février 2023 de nouvelles observations de l’étoile par la mission Solar Orbiter. Il faut être attentif pour y voir un minuscule disque noir passant devant le Soleil : c’est la planète Mercure.

C’est ce qu’on appelle un transit : le passage d’un corps céleste devant un autre, vu d’un troisième. Ce phénomène est notamment utile aux scientifiques pour trouver des exoplanètes. Comme l’objet occultant (ici, Mercure) est vraiment plus petit que l’objet partiellement occulté (ici, le Soleil), on ne parle pas d’éclipse.

La planète Mercure, petit point noir devant le Soleil

Ce transit est survenu le 3 janvier 2023. La petite planète est alors passée dans le champ de vision de l’orbiteur solaire européen. Plusieurs instruments de Solar Orbiter ont été mobilisés pour suivre le passage de la minuscule Mercure devant l’étoile. La vue ci-dessous a ainsi été obtenue avec l’imageur polamétrique et héliosismique PHI (Polarimetric and Helioseismic Imager).

Mercure passant devant le Soleil. // Source : ESA & NASA/Solar Orbiter/PHI Team
Mercure passant devant le Soleil. // Source : ESA & NASA/Solar Orbiter/PHI Team

Ce phénomène n’était pas uniquement l’occasion de faire de splendides photos. C’était aussi une bonne opportunité d’améliorer encore plus la qualité des données collectées par l’observatoire, selon l’ESA. « L’occasion a offert une chance précieuse de calibrer nos instruments pour améliorer encore la qualité des données », a tweeté l’agence spatiale.

Les scientifiques ont un avantage, avec ce transit : ils connaissent bien cet objet sombre passé devant le Soleil. « Toute luminosité enregistrée par l’instrument à l’intérieur du disque de Mercure doit être causée par la façon dont l’instrument transmet sa lumière », détaille le communiqué de l’ESA. C’est donc une bonne manière d’éliminer cette luminosité par la suite, lors des prochaines observations de la mission.

Solar Orbiter continue son périple dans le système solaire. La sonde devrait s’approcher un peu plus près du Soleil le 10 avril 2023. Lancée dans l’espace en février 2020, la mission en a encore pour plusieurs années : elle doit durer de 7 à 10 ans. Grâce à Solar Orbiter, nous pouvons voir l’étoile dans ses moindres détails : on peut, par exemple, zoomer « sans précédent » dans une image obtenue par Solar Orbiter l’an dernier.


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