L’Agence spatiale européenne a choisi la Française Sophie Adenot comme nouvelle astronaute. Le chemin est encore long avant que la pilote s’envole vers l’orbite terrestre.

La France a une nouvelle astronaute et elle s’appelle Sophie Adenot. Son nom a été annoncé en même temps que celui des 4 autres recrues de l’Agence spatiale européenne (ESA), le 23 novembre 2022, dans la catégorie des astronautes de carrière. Le CV de cette ingénieure et pilote française de 40 ans est ébouriffant. Elle est lieutenant-colonel de l’armée de l’Air et de l’Espace. C’est également la première femme pilote d’essai d’hélicoptère en France.

Sophie Adenot emboitera le pas de Thomas Pesquet, avec la perspective de séjourner, elle aussi, dans la Station spatiale internationale (ISS) durant sa carrière d’astronaute. Mais, quand exactement ? Pour l’instant, on ignore à quelle date précise Sophie Adenot partira faire son premier séjour dans l’espace, en orbite. Quelques indices laissent toutefois entrevoir que ce ne sera pas avant quelques années.

Sophie Adenot s’entraînera pendant des années avant de s’envoler vers les étoiles

« Une fois sélectionnés, les astronautes de l’ESA suivent généralement un entraînement d’au moins 3 à 4 ans avant de s’envoler pour la première fois dans l’espace », indique l’ESA sur une page au sujet de l’entraînement des astronautes. Suivant cette logique, Sophie Adenot pourrait donc partir dans l’espace à l’horizon 2025-2026 (voire 2026-2027, puisque l’annonce de son recrutement intervient vers la fin de l’année 2022).

La prochaine étape, pour les nouveaux astronautes de carrière de l’ESA, est de se rendre au Centre européen des astronautes, à Cologne en Allemagne, pour prendre leurs fonctions. Là-bas, ils vont suivre une formation de 12 mois. Ce n’est que la formation « de base », lors de laquelle « les astronautes sont initiés aux principes fondamentaux des vols spatiaux », d’après l’ESA. Ils apprennent le fonctionnement des véhicules de SpaceX et Boeing, reçoivent une formation de survie et s’exercent aux sorties spatiales. Cette formation permet d’obtenir le diplôme d’astronaute de l’ESA. Ce n’est qu’ensuite que les astronautes deviennent éligibles à une mission.

Thomas Pesquet pendant un entraînement en 2012. // Source : Gagarin Cosmonaut Training Centre
Thomas Pesquet pendant un entraînement en 2012. // Source : Gagarin Cosmonaut Training Centre

« L’entraînement ne s’arrête pas lorsqu’un astronaute atteint l’ISS »

Avant d’être affectés à leur mission, les astronautes de l’ESA continuent d’apprendre. Ils sont formés aux systèmes de l’ISS. Puis, l’entraînement n’est toujours pas achevé avec l’affectation à la mission. Une formation spécifique aux tâches qu’ils et elles devront réaliser démarre. Les astronautes s’entraînent ensemble autant que possible à cette étape, car ils doivent être capables de travailler efficacement en fonction des responsabilités qui leur ont été assignées. C’est aussi à ce moment-là que les astronautes s’exercent à réaliser les expériences qu’ils mèneront dans l’espace, ainsi que les éventuelles sorties extra-véhiculaires.

L’ESA va même plus loin en disant que « l’entraînement ne s’arrête pas lorsqu’un astronaute atteint la station spatiale, ni lorsqu’il revient sur Terre. » Ils et elles continuent d’apprendre dans l’espace, lors de sessions avec des manuels ou des vidéoconférences avec leurs formateurs sur Terre. Une fois de retour à la surface de notre planète, ils repartent encore et toujours… à l’entrainement.