Le rover Perseverance a fait des découvertes scientifiques surprenantes dans le cratère Jezero. Le rover martien n’a pas trouvé les types de roches auxquels ils s’attendaient dans cet ancien environnement humide.

Lorsque Perseverance a atterri sur Mars en février 2021, les scientifiques avaient mûrement réfléchi le choix de son site d’atterrissage. Le rover de la Nasa s’est posé dans Jezero, un cratère martien très prometteur. Les experts s’attendaient à ce que le robot observe un certain type de roches au fond de ce cratère, mais ils ont eu une surprise.

Dans une publication du 25 août 2022, la Nasa rapporte les dernières découvertes de Perseverance sur place. Alors que les scientifiques pensaient tomber sur des roches de type sédimentaire, Perseverance a trouvé autre chose : des roches volcaniques.

C’est assez inattendu, car le cratère dans lequel s’est posée la mission a autrefois abrité un lac, il y a 3,6 milliards d’années. Or, dans cet ancien environnement aquatique, les scientifiques s’imaginaient plutôt dénicher des roches sédimentaires, qui se seraient « formées par l’accumulation de sable et de boue », comme le résume le CNRS dans un communiqué envoyé à la presse par mail. À la place, Perseverance a donc repéré « des roches magmatiques dérivant de processus volcaniques profonds ou de surface ». Ces roches ignées ont dû avoir des interactions avec l’eau, précise la Nasa.

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Le cratère Jezero abritait autrefois un lac. // Source : Flickr/CC/ESA/DLR/FU Berlin (photo recadrée)

Que peuvent nous apprendre ces roches étonnantes sur l’histoire de Mars ?

Ce n’est pas une mauvaise nouvelle pour la mission martienne. Au contraire, comme l’explique la Nasa, les roches magmatiques peuvent donner de précieux renseignements géologiques : elles contiennent des cristaux, qui permettraient d’estimer la date de formation de ces roches. L’analyse de ces roches permettrait de vérifier à quel moment le lac était présent dans le cratère Jezero, car les scientifiques savent qu’il est moins ancien que ces roches magmatiques. Au-delà de retracer l’histoire du cratère lui-même, ces renseignements aideraient à cerner l’histoire plus large de Mars : comprendre quand son climat était propice à la formation de lacs et rivières, puis quand il est devenu froid et sec, comme on l’observe de nos jours.

Toutefois, les roches magmatiques ne sont pas les plus intéressantes pour un autre objectif poursuivi par la Nasa : trouver des signes d’une potentielle vie passée microbienne sur Mars. Cela étant, il faut de toute façon garder à l’esprit que Perseverance n’est pas capable d’identifier seul la vie sur Mars. Et, même à l’étape du retour des échantillons sur Terre, si leur analyse laisse entrevoir des indices de vie, il faudra rester extrêmement prudent. À moins de voir la vie elle-même, et de pouvoir absolument écarter l’hypothèse d’une contamination, il sera très complexe de le vérifier.