Sorti dans l’anonymat le plus total en décembre 2021, Vampire Survivors est en train de devenir un véritable phénomène sur Steam grâce à un gameplay simple, addictif et réjouissant.

« Ce jeu, c’est de la dopamine », me souffle mon confrère Cassim Ketfi de Frandroid. Et il faut avouer que je regrette de ne pas avoir de PC pour succomber, à mon tour, à Vampire Survivors — petit jeu disponible sur Steam moyennant 2,49 €. Pour l’heure, il n’est proposé qu’en accès anticipé. Mais on promet déjà un bel avenir à cette relecture simpliste et addictive du genre survie, alors qu’il est sorti un 17 décembre 2021, dans l’anonymat le plus total.

Ouvertement inspiré de la saga phare Castlevania, Vampire Survivors repose sur des mécaniques basiques. La joueuse ou le joueur doit survivre face à une horde d’ennemis, qui ne cessent d’envahir un écran affichant des graphismes poussiéreux et dépouillés, car ultra pixelisés. Le hic ? Vous ne pouvez gérer que les déplacements, les attaques étant automatiques. À chaque montée de niveau, on débloque ou on améliore son arsenal pour être toujours plus puissant. Chaque tentative est aussi courte que frénétique, ce qui explique pourquoi on a envie d’enchaîner les parties.

Vampire Survivors
Vampire Survivors // Source : Poncle

En décembre, il n’y avait que 4 personnes sur Vampire Survivors

Interrogé par Numerama, Patrick Beja, passionné et animateur de podcasts (Le RDV Jeux, notamment), est vite tombé accro. Il explique : « La magie de Vampire Survivors réside dans le fait qu’il comprime le plaisir du gameplay d’un hack’n’slash comme Diablo, dans lequel on fait progresser son personnage pendant des jours ou des semaines, en des parties de 15 ou 20 minutes. C’est un peu comparable à ce qu’ont fait les Battle Royale, qui offrent l’expérience d’un jeu de survie en sessions courtes, ou même les MOBA, qui fait la même chose pour les jeux de stratégie. Dans tous ces exemples, la progression du joueur, initialement étalée sur des jours ou des mois, est épurée et resserrée à l’extrême : il n’y a rien de rébarbatif ou de superflu et aucune longueur. Il ne reste que le plaisir du jeu. »

Il valorise aussi le sentiment d’accomplissement procuré par le gameplay, qui nous fait démarrer tout petit. « Dans Vampire Survivors on commence le jeu avec un bâton cassé contre trois zombies et, après seulement 20 minutes, on est un demi-dieu qui anéantit des hordes de démons avec nos armes apocalyptiques. Si vous avez apprécié Diablo, vous reconnaitrez les frissons qu’évoquent cette perspective… », explique-t-il. On comprend dès lors pourquoi le jeu passionne les foules, en témoignent les 14 000 spectatrices et spectateurs qui regardent un stream sur Twitch (au moment où nous écrivons ces lignes, le 28 janvier vers 11h).

Le fait est que Vampire Survivors n’était pas du tout prédestiné à un tel succès. Il a d’ailleurs connu un démarrage inexistant : en décembre, les statistiques fournies par SteamCharts affichent un pic moyen de joueurs à… 4,1. C’est ridicule. Mais la progression n’en est que plus remarquable : sur les 30 derniers jours, il s’établit à près de 7 000 personnes — un chiffre qui grimpe à plus de 35 000 en ne prenant en compte que les dernières 24 heures. À noter que l’engouement soudain autour de Vampire Survivors a démarré grâce aux vidéastes (en France, c’est le cas de Gautoz, ex-journaliste de Gamekult).

Luca Galante, qui a développé le jeu tout seul, ne s’attendait pas à une telle performance. À la base, il voulait simplement concevoir « une petite plateforme partagée avec peu de joueurs » pour « s’amuser à créer du contenu le week-end » — confie-t-il dans les colonnes de Waypoint. En somme, il n’y avait pas d’ambitions énormes derrière Vampire Survivors, vu comme l’opportunité de faire renaître le plaisir de se retrouver en communauté.

Il y a quelques années, Luca Galante était scénariste et administrateur d’un serveur privé d’Ultima Online. Nostalgique, il a imaginé Vampire Survivors en s’inspirant d’un jeu mobile baptisé Magic Survival. Comme le développement ne lui a coûté que 1 300 €, les nombreuses ventes réalisées via Steam devraient lui permettre de réaliser son rêve — « J’ai toujours voulu fonder mon propre studio ». La success-story est en marche.