Les plateformes de vidéo à la demande se multiplient, et les contenus qu'elles proposent aussi. Pour vous faire gagner du temps, Numerama a concocté une liste des meilleures séries disponibles en ce moment sur OCS.

La plateforme OCS a un atout de poids dans le domaine de la SVoD : les droits exclusifs de diffusion de nombreuses séries HBO. Résultat, elle offre un des meilleurs catalogues du marché, même si ce n’est pas le plus étendu. Les séries phares sont disponibles 24 heures après leur diffusion US. C’était notamment le cas pour l’iconique Game of Thrones. Mais au delà de ce monument, OCS regorge d’excellentes séries.

His Dark Materials // Source : HBO/OCS

Watchmen, l’uchronie brillante

Dans l’histoire des comics nord-américains, il y a eu un avant et un après Watchmen. La mini-série des britanniques Alan Moore et Dave Gibbons a modifié la manière dont les comics étaient perçus, et continue d’influencer sur le plan narratif et visuel la production actuelle – pour le meilleur et pour le pire, au grand regret de Moore. Initialement annoncée comme une adaptation, la série de Damon Lindelof (créateur de Lost et The Leftovers) est en réalité une suite des comics, qui ajoute des éléments nouveaux au récit originel. Et c’est sans doute l’un des projets sériels les plus ambitieux de l’année 2019.

Watchmen la série plonge, comme le roman graphique, dans les angoisses de l’Amérique contemporaine, abordant avec intelligence dans les questions raciales. Le récit se déroule à Tulsa, dans l’Oklahoma, qui fut en 1921 le lieu d’un massacre raciste. En 2019, trente-quatre ans après les évènements de la série dessinée, des groupes suprémacistes blancs attaquent la police, forcée d’agir masquée. Angela Abar (épatante Regina King), inspectrice agissant sous l’identité de « Sister Night », se retrouve au cœur de complots autour du Dr Manhattan, dont l’omnipotence suscite bien des convoitises. Difficile d’en dire plus sans en dire trop, mais sachez simplement que Watchmen est un voyage uchronique captivant, une science-fiction intime qui décortique brillamment la violence d’une nation, l’identité d’individu, et la mémoire d’une communauté.

I May Destroy You, le récit d’une reconstruction

Actrice, scénariste, productrice et réalisatrice, Michaela Coel s’est fait connaître avec sa sitcom farfelue Chewing Gum, distribuée par Netflix en France et qui mettait en scène l’apprentissage de la sexualité d’une épicière londonienne de 24 ans. I May destroy you, inspiré de la propre expérience de Coel, s’aventure sur un tout autre chemin, décrivant les mécanismes du viol et de la mémoire traumatique.

Arabella (Coel), une écrivaine qui vient de rencontrer le succès, passe avec des amis une soirée arrosée, qui se termine sur un black-out. Dès le lendemain, des flash violents lui reviennent peu à peu en tête : la jeune femme a subi un viol, par un homme qu’elle ne peut identifier. Elle commence à enquêter avec l’aide de ses amis. Ce récit bouleversant met à nu le traumatisme du viol et la question du consentement, et raconte avec brio le long chemin vers la reconstruction d’Arabella.

His Dark Materials – À la croisée des mondes, l’adaptation intelligente

Dans le ballet des adaptations à l’écran de sagas à succès, il en manquait une de qualité pour À la croisée des mondes, la très belle trilogie fantasy du britannique Philip Pullman. Un unique film produit par New Line Cinema en 2007 n’avait pas eu le succès escompté. Le studio a pourtant remis le couvert avec une série, co-produite avec HBO, et diffusée par la chaîne américaine et la BBC. Il faut dire que le format sériel se prête particulièrement bien à cette histoire riche en péripéties, qui suit les aventures de Lyra (Dafne Keen), jeune orpheline élevée dans une université d’Oxford, à travers différents mondes parallèles. Un récit d’aventure passionnant sur le passage à l’âge adulte, la famille, la mort et la religion.

Les scénaristes ont su adapter intelligemment certaines contraintes du livre, même si l’on peut regretter la présence limitée dans la première saison des daemons, ces avatars de l’âme humaine sous forme animale que possèdent les habitants du monde de Lyra. Mais les performances du casting, la qualité visuelle de la série et sa narration entraînante font facilement oublier les quelques manques vis à vis du matériau originel. On attend avec impatience la troisième saison, qui devrait amener Lyra et son ami Will (Amir Wilson) dans les mondes les plus intéressants de l’univers imaginé par Pullman.

The Night Of, le thriller judiciaire

L’expression « the night of the crime », en français « la nuit du crime », a donné son nom à cette mini-série, remake d’une série d’anthologie britannique, Criminal Justice. Celle-ci suivait chaque saison une affaire criminelle, étape par étape, de la nuit du crime au procès. C’est également le propos du thriller en huit épisodes de HBO, créé par Stevel Zaillian – à qui l’on doit notamment le scénario oscarisé de La liste de Schindler – et Richard Price, auteur de polars et ancien de The Wire.

Le récit se déroule en 2014 à New York. Nazir (Riz Ahmed), étudiant d’origine pakistanaise, emprunte le taxi de son père pour se rendre à une fête, et finit par passer une folle soirée avec une inconnue. Au réveil, il la trouve baignant dans son sang, poignardée à mort. Lui ne se souvient de rien et prend la fuite. Il est rapidement arrêté pour une infraction au code de la route, et lorsque la police retrouve sur lui un couteau et que plusieurs témoins l’accusent, il se retrouve pris au piège de la machine judiciaire américaine. Fiction à l’esthétique léchée, The Night Of  est traitée comme un documentaire true crime. La finesse de ses personnages et la subtilité de sa narration en font une oeuvre époustouflante.

Sharp Object, l’enquête étouffante

L’histoire de Sharp Object débute avec la disparition de deux jeunes filles dans une petite ville du Missouri, Wind Gap. Camille Preaker (Amy Adams), journaliste spécialisée dans les affaires criminelles, récemment libérée d’un hôpital psychiatrique, est envoyée couvrir cette affaire…Froide, mystérieuse, dépressive, Camille est bien vite confrontée à ses propres démons dans cette ville où elle a grandi et où elle retrouve sa mère Adora (Patricia Clarkson, récompensée d’un Golden Globe pour sa performance).

Adaptée d’un roman de Gillian Flynn, à qui l’on doit Gone Girl  et qui s’est investie dans la série, cette mini-série en huit épisodes est réalisée par Jean-Marc Vallée, révélé par l’excellente Big little Lies. Malgré des débuts lents, ce thriller intimiste à l’ambiance étouffante et au suspense haletant devient rapidement impossible à lâcher.

Insecure, la chronique d’une génération

On a beaucoup écrit sur les « millenials », cette génération de personnes nées entre 1980 et 2000. Mais peu de série les racontent aussi bien qu’Insecure. Partiellement basée sur Awkward Black Girl, web-série par laquelle sa créatrice, Issa Rae, s’est faite connaître, elle a permis à celle-ci d’obtenir une reconnaissance critique et publique méritée. On y suit la vie d’Issa Dee (Rae) qui, approchant de la trentaine, commence à remettre en question sa vie professionnelle, ses projets et sa relation avec son compagnon, Lawrence (Jay Ellis). Elle est entourée d’un groupe d’amis, en particulier Molly Carter (Yvonne Orji), avocate d’entreprise, dont la vie occupe également une large part de la série.

Insecure aborde les incertitudes de la vie d’adulte avec fraîcheur et authenticité, et examine en particulier les questions politiques, sociales et raciales inhérentes à la vie de ses personnages, jeunes adultes noirs américains. À la fois émouvante, hilarante et spirituelle, elle dresse avec brio le portrait d’une génération et de ses doutes. La réalisation est impeccable, et la série est servie par une excellente bande-originale – les playlists inspirées pullulent sur les plateformes de streaming. Surtout, Insecure sait se renouveler sans renoncer à son identité à chaque saison – la quatrième restera dans les mémoires pour son traitement des relations amicales, notamment quand celles-ci se délitent.

Euphoria, le teen-show désabusé

HBO, la chaîne des séries « matures », n’était pas connue pour ses teen shows, ces séries centrée sur des adolescents… Jusqu’à Euphoria. Adaptée d’une mini-série télévisée israélienne éponyme par Sam Levinson, et en partie inspirée par la jeunesse de ce dernier, elle raconte le quotidien de lycéens en quête d’identité. Au coeur de l’intrigue, la relation entre Rue et Jules (incroyables Zendaya et Hunter Schafer) : l’une est une toxicomane de 16 ans en deuil et désabusée, la deuxième est une ado trans fantasque, tout juste arrivée dans leur lycée. Autour d’elles gravitent des jeunes tout aussi perdus, qui tentent de trouver leur place dans une société ultra-connectée et hypersexualisée.

Visuellement hypnotique, à la réalisation très travaillée, Euphoria est une série sombre et cynique, souvent trash, dont le maelstrom d’émotions est parfois adouci par des éclairs de lumière, et des instants suspendus d’une grande tendresse. Elle décrit une génération Z déprimée et révoltée, et des ados qui paraissent parfois bien adultes dans leurs angoisses. Le tout accompagné d’un bande-son bien choisie, mêlant rap des années 1990 et 2000 et tubes récents.

Chernobyl, le choc de l’histoire

Il y un peu plus de 35 ans, le 26 avril 1986, le cœur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine est entré en fusion. La plus grave catastrophe nucléaire du XXe siècle a eu des conséquences sanitaires, écologiques, économiques et politiques importantes. Création HBO, également diffusée sur M6 au printemps dernier, Chernobyl retrace les circonstances de ce terrible accident, et décrit ses conséquences concrètes sur les vies humaines, et les efforts de nettoyage par les autorités soviétiques.

En cinq épisodes, cette mini-série écrite par Craig Mazin se penche sur un pan important de l’histoire contemporaine européenne, mais dont les détails sont encore méconnus du grand public. Tous les faits ne sont pas rigoureusement exacts, et Chernobyl a essuyé plusieurs critiques sur le manichéisme dont elle fait preuve. Mais un scénario efficace et des images fortes en font une série réellement captivante.

Betty, le souffle de liberté

Le synopsis de Betty tient en une phrase. Janay, Camille, Honeybear, Kirt et Indigo sont trois jeunes skateuses new-yorkaises, qui tentent de s’imposer dans un milieu très masculin. Créée par Crystal Moselle, cette comédie dramatique est une sorte de spin-off de son long-métrage Skate Kitchen (2018), du nom d’un groupe de skateuses basé à New York. Dans la série comme dans le film, des membres de Skate Kitchen jouent une version fictionnalisée d’elles-mêmes.

Cela participe sans doute au naturel et à la sincérité qui se dégagent de Betty. Ce groupe de jeunes femmes, et leur amitié, y est représenté sans effort dans toute sa diversité — beaucoup sont queer et/ou racisées. Des sujets compliqués y sont traités de manière intelligente, et mêlé habilement à des séquences plus légères. Le tout, sans donner l’impression d’un enchaînement d’évènements dramatiques : Betty est une série fluide, nonchalante, à la photographie tendre, souvent poétique. Le sentiment de liberté qui s’en dégage a quelque chose d’exaltant.

The Leftovers, le drame inexplicable

Le 14 octobre 2011, 2 % de la population humaine disparaît de la Terre sans laisser de trace. The Leftovers se déroule aux États-Unis trois ans après cette « disparition soudaine » (« sudden departure »), qui a laissé des traces profondes dans la société. Chacun des humains restant a perdu un parent, un voisin, un ami, un amant, et chacun gère à sa manière cette disparition. L’explication de la disparition importe peu ; la série se penche sur ce qu’il advient de ces « leftovers », et des conséquences d’une telle tragédie sur leur vie et leur état psychologique.

Quatre ans après sa fin, la série trouve un écho particulier dans la pandémie de Covid-19, qui a causé plus de 4 millions de morts. Le deuil, le souvenir et l’oubli, l’effondrement des croyances, sont au cœur de cette série originale et puissante, l’une des séries des années 2010 les plus appréciées de la critique. Co-écrite par Tom Perrotta (d’après une fiction éponyme qu’il a publiée en 2011) et Damon Lindelof, elle est souvent comparée à l’autre grande œuvre de ce dernier, Lost. « Impeccablement cinématographique (…), une série exigeante et gratifiante pour l’esprit », écrivions-nous en 2017. Aujourd’hui,The Leftovers demeure incontournable.

Mrs Fletcher, l’éveil des sens

Tom Perrotta est aux manettes de cette comédie adaptée de son roman du même nom, publié en 2017. La géniale Kathryn Hahn y joue Eve Fletcher, quadragénaire divorcée désemparée par le départ de son fils Brendan (Jackson White) à l’université. La pornographie et des cours d’écriture vont cependant l’aider à se retrouver et renouer avec ses envies. Son fil Brendan, ancien lycéen « populaire », vit ses propres bouleversements à la fac, où son machisme brutal plait beaucoup moins.

Rarement la sexualité d’une femme d’âge mûr est-elle montrée aussi crûment. La mise en parallèle des parcours d’Eve et de son fils est très réussie, et les deux protagonistes sont accompagnés d’une belle palette de personnages secondaires. En sept épisodes, Mrs Fletcher explore la recherche du bonheur avec sincérité et tendresse. Une mini-série attachante.

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