Une des apicultrices Tiktokeuses les plus populaires de la plateforme a créé la polémique en publiant une vidéo d'elle déplaçant un essaim d'abeilles. Entre des accusations de manipulation de la vidéo et le non-respect des consignes de sécurité, de nombreux internautes et professionnels ont critiqué ses méthodes.

Les cheveux détachés, vêtue simplement d’un jean et d’une chemise, Erika Thompson, la créatrice du compte Tiktok Texas Beeworks, s’approche d’un essaim d’abeilles, installé dans les rainures d’un parasol. « J’ai été appelée pour m’occuper de cet essaim », peut-on entendre Erika Thompson dans la vidéo, « il faut le déplacer ». Puis Erika Thompson plonge sa main nue dans l’essaim d’abeilles, en ressort une poignée, et explique le plus calmement de monde, comme si tout ceci était normal, que l’essaim cherche simplement un nouvel endroit où s’installer, et que les abeilles sont dans ce cas particulier très dociles.

@texasbeeworks

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♬ original sound – Erika Thompson

Tout d’abord, soyons clairs : il ne faut pas mettre votre main sans protection dans un essaim d’abeilles. C’est une très mauvaise idée, et c’est exactement pour ça que la vidéo d’Erika Thompson a, tout d’abord, fait réagir les utilisateurs de Tiktok. Puis, l’histoire est allée plus loin.

Un comportement dangereux

Ce qui a en premier fait bondir Friday Chamberlain, une autre Tiktokeuse apicultrice, c’est le manque de protection d’Erika Thompson sur cette vidéo. En temps normal, les apiculteurs portent en effet une combinaison spéciale lorsqu’ils doivent déplacer des ruches : les abeilles peuvent être agressives, et tenter de piquer les personnes qui s’approcheraient trop près de leur ruche.

Pourtant, Erika Thompson ne prend aucune précaution, et a même une attitude dangereuse non seulement pour elle, mais surtout pour les abeilles. En effet, les abeilles réagissent très violemment aux couleurs sombres telles que le noir — comme le haut que porte Erika Thompson, donc. Autre gros problème soulevé par Friday Chamberlain : Erika Thompson a les cheveux longs, et elle ne les a pas attachés : ils sont lâchés. Cela peut être très dangereux si les abeilles se coincent dedans, car elles pourraient se sentir menacées, et commencer à piquer. Or, les abeilles meurent lorsqu’elles se servent de leur dard — ne pas attacher ses cheveux est donc une situation potentiellement dangereuse autant pour l’apicultrice que pour les abeilles.

Tout cela aurait pu être anodin : si un apiculteur ne prend pas les mesures de protection habituellement recommandées, c’est son problème. Seulement, voilà : le compte Texas Beeworks a plus de 6 millions d’abonnés, et la vidéo a été vue plus de 17 millions de fois.

Une abeille // Source : NickyPe / Pixabay

Une ruche enfumée et un scénario manipulé ?

Surtout, de nombreux internautes ont accusé Texas Beework d’avoir manipulé la vidéo. En effet, la façon dont les abeilles réagissent à sa présence serait étrange, et les abeilles beaucoup trop dociles. « C’est une arnaque  », prévient ainsi une utilisatrice de Twitter. «  Quand Texas Beeworks « sauve » les abeilles, elles sont beaucoup trop dociles, parce qu’elles sont domestiquées et qu’elle les a trop enfumées [la fumée est un moyen de calmer les abeilles, ndlr]. Ensuite, elle met la ruche sur sa propriété, et récupère tout le profit ».

Il ne serait donc pas vraiment question de « sauvetage de ruche », contrairement à ce que Texas Beeworks clame. Mais ce n’est pas tout : un autre passage est ainsi vivement critiqué, celui où Erika Thompson annonce que l’essaim qu’elle doit déplacer n’a pas de reine, et qu’elle en a justement une sur elle.

Selon Friday Chamberlain, le fait que l’essaim accepte immédiatement cette nouvelle reine n’est pas possible, et tout indiquerait que Texas Beeworks aurait simplement truqué la vidéo et remis la « vraie » reine dans sa ruche. En effet, l’arrivée d’une nouvelle reine n’a rien d’anodin pour une ruche : si les abeilles n’acceptent pas la nouvelle reine, elles peuvent tuer cette dernière.

Pour qu’une nouvelle reine soit acceptée, les apiculteurs ont donc recours à une technique spéciale, qui permet d’aider les abeilles à reconnaître les phéromones de la nouvelle arrivée : la nouvelle reine est «  enfermée » dans un cocon en sucre, que les abeilles doivent manger afin de la libérer. En faisant cela, les abeilles s’habituent à la nouvelle reine, qu’ils reconnaissent ensuite comme la leur.

Or, cette technique prend beaucoup de temps, au moins quelques jours. La rapidité avec laquelle les abeilles ont l’air d’accepter la nouvelle reine dans le Tiktok de Texas Beeworks est donc, pour les internautes, un indice supplémentaire quant à la manipulation de la vidéo.

« Quelle escroqueuse ! Si ça n’était pas leur reine, les abeilles se seraient ruées sur elle pour la tuer », s’émeut ainsi sur Twitter une utilisatrice.

Les abeilles sont une espèce à protéger

Si cette controverse a pris autant d’importance, c’est notamment parce que les abeilles sont des animaux extrêmement importants pour l’écosystème, et qu’elles sont aujourd’hui menacées. Voir quelqu’un d’aussi populaire qu’Erika Thompson mettre sa main dans un essaim d’abeilles pourrait donner des idées à ses nombreux abonnés, quelque chose de très risqué aussi bien pour eux que pour les ruches.

La conservation des espèces d’abeilles étant devenue ces dernières années un enjeu écologique des plus importants, les actions d’Erika Thomspon ont complètement polarisé Tiktok. Dans les commentaires sous sa vidéo, de nombreuses personnes ont exprimé leur doute quant à la véracité de la vidéo, tout particulièrement l’arrivée de la nouvelle reine.

Et le compte de Friday Chamberlain, la tiktokeuse apicultrice qui a critiqué les actions de d’Erika Thompson, a été supprimé pendant quelques heures : le média Cnet explique que cela serait dû aux nombreux fans de Texas Beeworks, qui auraient signalé en masse son compte pour harcèlement. Son compte a depuis été reinstauré, mais les commentaires sous ses Tiktoks sont toujours très véhéments. Pour l’instant, Erika Thompson n’a pas répondu à la polémique, mais le beetok n’a certainement pas fini de faire parler de lui.

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