Nous étions présents à minuit le mardi 24 novembre pour le lancement de la 8e extension de World of Warcraft, Shadowlands. Nous attendions de l'épique, de l'effervescence, et sûrement des lags. Voici le déroulé de notre soirée.

Le lancement d’une extension de World Of Warcraft, c’est toujours un moment spécial. C’est le top départ d’un mois avec plus d’une dizaine d’heures de jeu par jour pour les joueurs professionnels. C’est la découverte d’un nouveau continent, d’un nouvel univers sonore, d’une touche de nouveauté après 16 ans de World of Warcraft.

Si l’aspect « massivement multijoueur » du plus célèbre des MMORPG doit apparaître à un moment, c’est bien celui-ci. Et d’ailleurs, des milliers de joueurs posent des congés pour ne pas manquer l’événement.

Trois envoyés spéciaux. Si vous trouvez l’habile jeu de mots du nom du nain, on vous envoie 15 po par la poste en jeu. // Source : Capture Numerama

À l’occasion du lancement de la 8e extension du jeu, Shadowlands, le 24 novembre à minuit, Numerama avait dépêché non pas un, non pas deux, mais bien trois journalistes en Azeroth. Rien que pour vous, lectrices et lecteurs (et non pas car nous attendions l’extension depuis trois mois.)

22h00 : la peur de la file d’attente

Première connexion, nous ne voulons pas risquer notre place sur les serveurs du jeu. À la suite de la dernière mise à jour majeure avant Shadowlands, déployée en octobre, nous n’avions pratiquement pas pu nous connecter au jeu deux soirs d’affilée. Pire, même le service Battle Net, qui regroupe tous les jeux Blizzard, avait sauté. Alors cette fois nous prenons les devants.

À notre grande surprise, non seulement le jeu fonctionne de façon fluide, sans lag, mais en plus nous n’avons pas à passer par une liste d’attente pour nous connecter. Un joueur vétéran de notre guilde nous souffle : «  Ça fait quelques extensions maintenant que Blizzard gère correctement le premier soir  ».

23h30 : la capitale s’agite

Nous essayons de voir d’où démarrera la quête qui nous mènera en Ombreterre. Pour l’extension précédente, Battle For Azeroth, le départ se faisait depuis la capitale de faction. Mais depuis trois semaines, nous affrontons les troupes du Fléau (squelettes, abominations et autres goules) à la Couronne de Glace, une zone de la troisième extension de WoW, en Norfendre. Sans que personne ne nous réponde clairement, nous comprenons que c’est bien à Hurlevent, la capitale de l’Alliance, que ça se passera.

Sur le canal de discussion, l’ambiance est plutôt à la plaisanterie. Ceux qui cherchent où débutera l’extension ne parviennent pas à avoir une réponse sérieuse. « J’ai la quête, il suffit de se déconnecter et de se reconnecter », ment un plaisantin. De notre côté, nous branchons la chaîne Twitch de Zerator, un célèbre streamer français qui a construit un projet de guilde avec d’autres vidéastes, afin de faire partie des premiers à s’attaquer au contenu de haut niveau. Il semble se diriger vers la place en contrebas du donjon. Nous y allons également.

23h50 : toujours pas de lag ? !

La petite place commence à grouiller de monde. Si vous n’êtes pas familier avec le jeu, ou que vous n’avez plus joué depuis longtemps, World Of Warcraft propose aujourd’hui 11 races jouables par faction (Gnome, Nain, Elfe de la Nuit…), et 12 classes (Guerrier, Mage, Moine…). Résultat : il existe une véritable diversité de combinaisons. Et ce n’est pas tout : chaque joueur autour de nous a sorti sa plus belle — ou sa plus rare — monture, parmi les plus de 400 en jeu.

Les joueurs piétinent d’impatience. // Source : Capture d’écran Numerama

Nous assistons donc à un véritable festival de couleurs autour de la petite fontaine, au sol comme dans les airs. Étonnamment, les joueurs sont plutôt silencieux sur le chat écrit en jeu. Comme nous, ils sont sûrement sur Discord ou un autre serveur vocal avec leurs compagnons d’aventure.

Malgré l’affluence, la fluidité du jeu ne ralentit pas d’un brin. Près de la fontaine, une zone invisible au sol fait tomber les joueurs de leur monture : la quête commencera sûrement ici. Depuis quelques années maintenant, Blizzard mets des protections anti-montures, afin que les joueurs puissent interagir avec l’élément (un portail, un personnage non joueur…) correctement. Il évite ainsi que des chenapans sortent leur Yach ou leur Mammouth le plus imposant pour en bloquer l’accès.

00h00 : AAAAAAAAAAH

Minuit sonne à la cathédrale de Hurlevent. Une quête s’affiche dans notre journal, tandis qu’un personnage non joueur (PNJ) apparaît pour ouvrir un portail. C’est le top départ tant attendu !

Le PNJ apparaît pour ouvrir un portail : c’est le top départ. // Source : Capture d’écran Numerama

Nous acceptions la quête et nous nous engouffrons dans le portail, qui nous mène à la Couronne de glace. Sur ses trois dernières extensions, Blizzard scénarise l’arrivée sur le nouveau continent ou monde. Shadowlands n’échappe pas à la règle. Nous suivons une suite de quêtes linéaire, mais particulièrement épique, avec de nombreuses lignes de dialogue et la participation de personnages importants de l’univers.

Ce système a deux avantages. D’un côté, il permet de poser les grands enjeux de l’extension, et de permettre aux joueurs de prendre part à des missions en petit groupe avec les héros du jeu. De l’autre côté, il permet de « zoner les joueurs », c’est-à-dire de répartir le flux de personnages en plusieurs petites instances, ce qui permet d’éviter une surcharge et donc les lags et autres déconnexions. À la suite du scénario d’introduction, ce zonage disparaît, et un système de quête plus classique apparaît.

Le scénario d’introduction est épique, mais on se sent un peu seuls. // Source : Capture d’écran Numerama

00h30 : où sont les joueurs ?

Au bout d’un peu plus d’une demi-heure, nous arrivons à la capitale de l’Ombreterre, Oribos. Ces premiers pas sur l’extension étaient agréables : le jeu s’est encore amélioré côté graphisme, l’architecture des lieux est inédite sur World Of Warcraft, et nous avons déjà croisé le Geôlier, le grand méchant de l’extension.

Reste une question, qui traduit une déception : où sont les joueurs ? Où est la marrée de personnages qui rend les quêtes presque infaisables ? Nous gardons un souvenir vibrant de nos premiers pas en Norfendre, de la carte grouillant de prêtres, de voleurs et de chasseurs ; des quêtes infinissables, car trop de personnes essayaient de les faire ; des lags dus à la population trop élevée. Quelque part, on peut regretter, de façon nostalgique, la gestion non optimale des débuts d’extension. C’est cette même nostalgie, celle du côté « massivement multijoueur » de World of Warcraft qui a poussé certains joueurs à revenir sur la version Classic. Quitte à perdre des années d’optimisations techniques.

Le saviez-vous ? Il n’y a pas de lit à Oribos. // Source : Capture d’écran Numerama.

Avec Shadowlands, Blizzard a réussi le lancement d’un jeu en 2020 : fluide, sans accroc. Mais nous regrettons presque les galères d’antan, même si elles nous auraient sûrement fait grogner.

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