Les vibrations sont intimement liées au monde du jeu vidéo depuis déjà plusieurs années. Et, aujourd'hui, il n'y a pas que les manettes qui vibrent.

Cela fait désormais un bon moment que vibrations et jeux vidéo font bon ménage. L’idylle a commencé par les manettes, quand Sony et Nintendo s’écharpaient avec la PlayStation et la Nintendo 64. Depuis cette époque, les technologies n’ont fait qu’évoluer et l’immersion a toujours été plus grande. Car c’est bel et bien d’immersion dont il s’agit avec les vibrations, qui permettent de mieux ressentir ce qu’il se passe à l’écran (exemple : une explosion).

Aujourd’hui, les vibrations se sont étendues à d’autres accessoires. Et on peut s’équiper pour littéralement vibrer de tous les côtés. Voilà pourquoi nous avons décidé de faire un petit tour d’horizon des solutions qui sont disponibles sur le marché.

La manette, vibration en main

Les manettes qui vibrent ne date pas d’hier. Le premier constructeur à avoir introduit cette fonctionnalité fut Nintendo, qui commercialisait un Rumble Pack à brancher sur le pad de sa Nintendo 64. En réponse, Sony a dégainé la DualShock, première manette à intégrer les vibrations sans passer par un accessoire. En Europe, elle fut disponible en 1998. En quelque sorte, les vibrations des manettes sont aujourd’hui considérées comme un acquis. D’ailleurs, les quelques exceptions à la règle ont fait beaucoup parler : la manette sans fil à ondes radio de la GameCube en était privée, tout comme la première manette de la PlayStation 3 — baptisée la Sixaxis et remplacée plus tard par la DualShock 3.

Ces dernières années, la technologie a — un peu — évolué : le pad de la Xbox One intègre des vibrations dans les gâchettes et les Joy-Con de la Switch proposent des vibrations dites HD (précises au point de faire ressentir des petits objets comme des billes en train de rouler). Par ailleurs, certaines manettes haut de gamme permettent de gérer la puissance de la vibration indépendamment à droite et à gauche. Sur la PlayStation 5, attendue pour fin 2020, Sony compte remplacer les vibrations traditionnelles, basées sur des moteurs de différents tailles et poids, par un retour haptique, encore plus immersif.

Vibrer des oreilles

Razer, spécialiste des accessoires pour g4m3r criblés de lumières, s’est mis en tête d’ajouter une fonctionnalité de vibration sur le Nari Ultimate — casque haut de gamme disponible sur Xbox One et PC. Conçu en partenariat avec Lofelt, qui avait imaginé un mini caisson de basse à porter au poignet, il convertit les signaux audio en retour haptique. Cela se traduit par des oreillettes qui vibrent en fonction de ce qu’il se passe à l’écran. Une grenade qui explose sur votre gauche ? Vous allez avoir l’impression qu’elle retentit près de votre visage. C’est très surprenant, dans le bon sens du terme.

Casque Razer Nari Ultimate pour Xbox One // Source : Maxime Claudel pour Numerama

On serait tenté de croire que le Nari Ultimate peut s’avérer fatigant à l’usage (après tout, c’est le crâne qui reçoit les vibrations) — qui plus est sur de longues sessions. Mais, après avoir joué à l’intégralité de la campagne solo de Call of Duty : Modern Warfare d’une seule traite avec le casque vissé sur les oreilles, force est de reconnaître que l’expérience est très satisfaisante. Il faut simplement passer le cap des dix premières minutes, déboussolantes au point d’avoir envie de retourner à quelque chose de plus habituel.

Car le gain est réel, couplé à des prestations sonores au rendez-vous, notamment du côté de la spatialisation des bruitages (obligatoire pour bien accompagner les vibrations). Étonnamment très confortable malgré son design imposant, le Nari Ultimate manque parfois d’un peu de finesse dans la restitution — et d’autonomie (cinq heures en sans-fil avec la version Xbox One). Pour éviter que le casque chauffe trop, les coussinets s’en remettent à un gel refroidissant très efficace (on ne ressent aucune sensation de forte chaleur).

La poitrine avec BassMe

BassMe, startup française située à Perpignan, a trouvé un moyen de renforcer l’immersion avec un caisson de basse portatif à poser sur… le torse. Vendu 129 euros, il prend la forme d’un objet de 310 grammes qui se sert de la cage thoracique comme d’une caisse de résonance pour faire ressentir de petites vibrations dans le corps. Il suffit de le brancher au port jack d’un appareil — smartphone, tablette, ordinateur, manette — pour en ressentir les effets (plug and play, sachant qu’on peut aussi l’utiliser en mode sans fil).

Après avoir essayé BassMe pendant quelques longues minutes, on peut dire que les vibrations sont moins agressives qu’on pourrait le croire. Elles s’avèrent même plutôt très douces, peut-être un peu trop selon les moments vécus à l’écran. Moins à l’aise avec la musique, le BassMe se révèle davantage dans les jeux vidéo, notamment dans les jeux de tir, quand on appuie sur la gâchette (l’impression d’avoir l’arme collée contre la poitrine, avec la sensation de recul en prime). On trouvera néanmoins à redire sur les finitions : le bouton d’allumage est capricieux et le réglage de la sangle un peu rigide.

BassMe // Source : Maxime Claudel pour Numerama

BassMe voit un peu plus loin que l’usage domestique. Durant notre rencontre, l’entreprise a confié que son produit est actuellement en test dans un cinéma — en option pour celles et ceux qui veulent expérimenter. Contrairement à certaines technologies de pointe (exemple : 4DX), les complexes n’ont pas besoin de revoir leurs installations pour accueillir BassMe (la startup s’occupe de tout et l’accessoire est distribué comme de simples lunettes 3D). Les basses ressenties par des vibrations physiques peuvent également revêtir un intérêt pour les personnes sourdes et malentendantes, qui se sentiront alors plus impliquées. C’est en tout cas une piste creusée par BassMe.

Buttkicker, pour faire trembler la maison

Pour aller toujours plus loin, il est possible d’installer un Buttkicker sous son canapé ou son fauteuil. Le principe est simple : transformer les basses en vibrations physiques, matérialisées par des secousses à l’endroit où on est assis. En somme, si vous jouez à un jeu rempli de séquences coup de poing, vous risquez d’être trimbalé de droite à gauche (ou de gauche à droite) — au point de transformer la session de jeu en véritable épreuve pour le corps. À essayer avant d’adopter, sachant que cela représente quand même un petit budget. Et ce n’est peut-être pas recommandé si vous avez des voisins en dessous.

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