Amazon ne compte pas se laisser distancer dans la bataille de la vidéo en ligne. Mais Netflix a une avance considérable, et ne joue pas vraiment sur le même créneau.

Amazon s’est fait remarquer lors du festival Sundance, reconnu dans le milieu du cinéma indépendant, en achetant pas moins de cinq films pour 46 millions de dollars d’investissement.

L’arrivée de Jennifer Salke, une ancienne de NBC, est mise en avant pour illustrer le changement de stratégie de l’entreprise, qui avait boudé le festival en 2018. « Dans cet environnement, l’argent à son importance évidemment », a-t-elle concédé dans une interview au Hollywood Reporter le 18 février 2019, Elle a également affirmé qu’Amazon Studios, la division consacrée au développement de contenus vidéo, comptait sortir environ 30 films originaux par an, soit entre deux et trois par mois.

« The Big Sick » // Source : Amazon Studios

Quelques jours plus tôt, Amazon annonçait dans un communiqué 20 nouvelles séries originales à travers le monde, dont six en Inde et quatre au Mexique (mais pas en France).

Amazon ne gagnera pas sur le volume

À titre de comparaison, Netflix a produit et diffusé plus de 70 longs-métrages dramatiques ou comiques rien qu’en 2018  et une vingtaine de séries comiques et dramatiques originales (sans compter les dessins animés), et ces chiffres ne devraient que gonfler cette année. Ce n’est donc pas sur le volume que la plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) Amazon Prime Video pourra lutter.

En revanche, Amazon Studios s’est fait fait remarquer pour ses achats de qualité comme Manchester By the Sea (2016) ou The Big Sick (2017).

Amazon a une position particulière dans le paysage de la vidéo en ligne. Contrairement à ses concurrents, son service de SVOD est inclus dans l’abonnement Amazon Prime (49 euros par an) qui permet aux abonnés d’avoir notamment des avantages dans la livraison. Les utilisateurs payants sont donc majoritaires à considérer avant tout Amazon Prime Video comme un « bonus ».

La force de l’argent

Mais la plateforme a de sérieux arguments pour s’installer durablement, alors que de nombreux concurrents arrivent comme Disney+ ou celle de Warner. Grâce à ses grosses capacités en terme de budget (dépenser plus de 10 millions pour un film à Sundance est normalement considéré comme très rare), elle est capable de venir chaparder de nombreux projets alléchants à ses adversaires, comme elle l’a fait en décrochant les droits d’adaptation du Seigneur des Anneaux pour 250 millions de dollars — il faudra compter au moins autant pour que la série prenne forme.

C’est donc moins sur la quantité que la qualité que la multinationale de Jeff Bezos pourra grappiller des parts du gâteau de la vidéo en ligne, dont personne ne sait aujourd’hui comment il évoluera. Les consommateurs seront-ils prêts à s’abonner à de multiples services vidéo à 10 dollars par mois ?

C’est aussi là qu’Amazon s’en sort bien avec son « package » Prime, qui lui permet de ne pas tout miser sur la vidéo. L’objectif de Jennifer Salke est d’ailleurs assumé : trouver «  comment améliorer l’offre Prime » et « comment attirer de nouveaux membres Prime », souligne-t-elle au Hollywood Reporter.

À lire sur Numerama : Netflix, Amazon, OCS…  : quel est le meilleur abonnement SVOD à offrir en 2019  ?

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