La suite d'Ant-Man est à l'image de son prédécesseur : un blockbuster léger mais très bien fait, une bouffée d'air frais nécessaire après l'intensité d'Avengers: Infinity War. Critique sans spoiler.

Ant-Man et la Guêpe est un gros distributeur de PEZ rouge. Celui qu’Evangeline Lilly, la fameuse Guêpe du titre, lance par l’arrière de sa camionnette pendant une course-poursuite effrénée. Elle attend le bon moment, vise, et élargit à distance l’objet en plastique. Soudain, la petite tête du Hello Kitty devient géante, tout comme son corps rectangulaire entraîné à vive allure, qui vient ainsi faucher les motards qui étaient à ses trousses.

Le vingtième film de l’univers Marvel (MCU), qui sortira le 18 juillet en France (le 6 aux États-Unis), est une sucrerie légère et pétillante qui, à l’image du premier opus, n’a pas la prétention de chercher à épaissir la galaxie Marvel. Il s’installe paisiblement en film de « respiration » entre la sortie d’Avengers : Infinity War en avril dernier et l’arrivée tant attendue de sa deuxième partie, Avengers 4, prévue pour mai 2019.

Digne successeur d’Ant-Man (2015)

On retrouve ainsi Scott Lang (Paul Rudd), le braqueur empoté mais sexy (c’est possible) qui parvient tour à tour à séduire, faire rire, impressionner, rassurer, sans jamais en faire trop. À l’image d’un Chris Pratt dans les Gardiens de la Galaxie, Rudd montre que l’on peut être cool sans avoir l’air d’un milliardaire macho prétentieux (suivez notre regard). Ant-Man et la Guêpe parvient d’ailleurs à trouver son équilibre entre l’omniprésence obligatoire du héros à l’écran et la place accordée aux autres protagonistes, notamment sa consœur volante Hope van Dyne.

Il est conseillé d’avoir vu le premier Ant-Man pour apprécier ce deuxième volet  — même si Marvel maitrise désormais l’art de caser discrètement toutes les informations nécessaires à la bonne compréhension du film, même pour les plus néophytes. Hope van Dyne et son père Hank Pym (Michael Douglas), l’inventeur du fameux costume qui miniaturise son propriétaire, sont persuadés qu’ils peuvent sauver la mère de Hope. Ancienne superhéroïne, elle s’était sacrifiée il y a 30 ans en poussant la réduction de son enveloppe corporelle à l’extrême, se noyant à tout jamais dans un espace-temps parallèle proche du néant.

« Ant-Man et la Guêpe »

Désamorcer les clichés

Vous n’avez rien compris à cette dernière phrase ? Scott Lang non plus. C’est ce qui rend ce long-métrage savoureux : le héros est comme nous, et s’autorise à voix haute les mêmes réflexions qu’un spectateur circonspect peut murmurer à son voisin de fauteuil dans une salle sombre. « Ah oui… C’est exactement ce que je pensais… », l’entend-on plusieurs fois répéter, visiblement complètement largué lorsque l’on parle physique quantique.

Mais cette tactique est aussi très efficace pour désamorcer les moments clichés, le genre de scènes un peu trop niaises et déjà trop vues, comme la jeune femme émue qui se souvient qu’elle « se cachait toujours au même endroit quand elle jouait à cache-cache avec sa maman ». «  Il y a un truc que tu n’as pas dû bien comprendre avec le principe du cache-cache », répond du tac au tac Ant-Man, incisif, mais jamais mesquin.

Le mec minuscule est devenu grand

La seule chose qui a changé chez l’homme-fourmi, c’est qu’il ne porte plus très bien son nom : il peut à présent autant rétrécir que grandir à l’envie, comme il l’avait déjà montré lors d’une apparition remarquée dans Captain America : Civil War (2016). « Tiny dude is big, now  », lançait alors War Machine. Le «  mec minuscule » peut à présent devenir encore plus grand qu’avant, tant que son costume ne bug pas (un artifice que les scénaristes auraient pu utiliser un peu moins fréquemment).

Les scènes d’action les plus réjouissantes restent celles où les deux superhéros, Ant-Man et la Guêpe, alternent les transformations, que ce soit d’eux-mêmes, de leurs véhicules ou même de bâtiments. Le long-métrage joue ainsi avec intelligence avec les rétrécissements et agrandissements, assez régulièrement pour satisfaire les amateurs d’effets spéciaux.

Tout le monde est gentil

Celles et ceux qui recherchent un peu plus de diversité dans les Marvel apprécieront également la mise en avant du personnage de Hope van Dyne, mieux écrite qu’une Veuve Noire ne l’a jamais été dans l’histoire de la franchise. Evangeline Lilly joue une femme amoureuse, certes, mais ce n’est pas ce qui la définit. Son alter-ego de superhéroïne badass est équilibré et son besoin de retrouver sa mère transcende tous les autres désirs.

Ghost dans la bande-annonce de Ant-Man et la Guêpe

Dans ce nouvel Ant-Man, tout le monde est gentil, même les méchants (ou presque — un italien en costard aux cheveux longs brossés en arrière restera forcément malfaisant). C’est le dernier point fort d’un film qui assume sa bienveillance : même les ennemis ont des failles. On n’atteint pas le niveau de Thanos, grand vilain au cœur brisé des Avengers, mais Fantôme (Hannah John-Kamen, époustouflante partout où elle passe) est une antagoniste crédible et touchante, bien qu’un peu sous-exploitée.

Si Avengers : Infinity War est un plat de résistance complexe et raffiné, Ant-Man and the Wasp (en version originale) est son léger dessert aux fruits. On re-signe pour un troisième volet.

En bref

Ant-Man et la Guêpe

Note indicative : 4/5

Le vingtième film de l'univers Marvel est une grande bouffée d'air frais : drôle et rassurant, sans prétention au bon sens du terme, il s'assume comme le blockbuster sucré de l'été.   

Top

  • Ne sombre pas dans les clichés
  • Des antagonistes nuancés
  • Sa bienveillance assumée

Bof

  • N'apporte quasiment rien à l'univers Marvel
  • Une méchante sous-exploitée
  • Des sursauts dramatiques un peu redondants

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