Depuis plus de 25 ans, la série Mario Tennis est présente presque systématiquement sur chaque console Nintendo, et c’est plutôt normal. Ses nombreux épisodes signés Camelot (également développeur des Mario Golf) incarnent le fun à l’état pur en solo comme à plusieurs, mais aussi une certaine vision d’un gameplay léché et aux spectre de possibilités assez étendu, avec une touche de scénario vaguement RPG pour rappeler à l’éditeur qu’il aimerait refaire du Golden Sun, un jour. En attendant, Mario Tennis Fever est l’occasion pour Camelot de témoigner de sa maîtrise du hardware de la Nintendo Switch 2, dont il est la première exclusivité maison de l’année 2026. Notre test.

Depuis la sortie de l’incontournable Mario Kart World (puisqu’il est quasiment inclus avec chaque console depuis son lancement), il faut bien reconnaître qu’il y a un point sur lequel la Nintendo Switch 2 nous laisse un chouia sur notre faim : elle manque d’un party-game tous publics dont le gameplay soit simple et efficace à appréhender. Un constat cruel mais pour autant pertinent : la version Switch 2 de Super Mario Party Jamboree ne remplit que partiellement ce rôle (en plus de ne pas constituer une vraie nouveauté digne de ce nom), et que Kirby Air Riders, aussi génial soit-il, relève plus du kif d’auteur un poil élitiste et difficile à recommander à tout le monde.

En-dehors de cela, la majorité des expériences hautement recommandables sur la dernière machine de Nintendo sont plutôt orientées solo jusqu’ici, et rien que pour cette raison, sa première exclusivité de 2026 était attendue au tournant, surtout considérant l’historique proche du sans-faute de Camelot avec la licence Mario Tennis, dont le dernier opus en date se nomme Mario Tennis Fever.

Du simple au double

Si l’on fait abstraction de Mario’s Tennis sorti en 1995 sur Virtual Boy (même si Nintendo va de toute façon le remettre au goût du jour), la licence Mario Tennis telle qu’on la connaît a débuté en 2000 sur Nintendo 64 sous la direction de Camelot Software Planning, connu à l’époque pour la série des Shining Force mais aussi les premiers Everybody’s Golf sur PlayStation. Très vite, des bases de gameplay furent instaurées et perdurent un quart de siècle plus tard, la licence offrant deux façons de jouer au tennis. Soit en participant à de vrais matches avec les règles officielles de ce sport vieux de plus de 150 ans, agrémenté de quelques effets visuels rigolos comme les traînées de feu derrière les balles, et un feeling plus arcade que simulation. Soit à travers des jeux spéciaux basés sur le gameplay du tennis, mais pensés pour du scoring et des défis rigolos inspirés de l’univers Mario en solo ou en multijoueur.

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Dans Mario Tennis, on peut faire du tennis sur glace. Un jour, cette discipline existera. // Source : capture Switch 2

Cette formule efficace, magnifiée en 2005 avec l’exceptionnel Mario Power Tennis sur Game Cube, a cependant connu un petit coup de mou avec un Mario Tennis Open honnête mais sans plus sur Nintendo 3DS en 2012, avant de se prendre un revers violent sur Wii U fin 2015 (lorsque Nintendo donnait l’impression de vite vouloir passer à autre chose) avec un Mario Tennis: Ultra Smash catastrophique, sanctionné d’une des plus mauvaises moyennes Metacritic pour un jeu Mario (spoiler : 58/100). Heureusement, Camelot avait vite redressé la barre sur la première Switch avec Mario Tennis Aces en 2018, offrant enfin au passage à la majorité de ses personnages des tenues adaptées à la discipline et réintégrant un mode Aventure aux allures de mini-RPG linéaire mais fort sympathique.

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Waluigi (ici dans Mario Tennis Aces) a été créé par Camelot, et apparut pour la première fois dans Mario Tennis sur Nintendo 64 en 2000. // Source : capture Nintendo Switch

Partant de là, les attentes entourant Mario Tennis Fever étaient plutôt simples : on espérait de la continuité, dans la lignée d’un Mario Tennis Aces efficace, appliqué et sérieux (voire un peu trop), avec cette petite touche d’ingéniosité et de folie qui rend les jeux de l’univers Mario si plaisants à jouer. Et ça tombe bien, ce nouvel opus semblait promettre à la fois un mode aventure scénarisé comme son prédécesseur, le retour de tous les modes de jeu classiques jouable en solo comme en multijoueur (tournois, jeux spéciaux, défis en tous genres) ainsi que des modes inédits, et surtout, son propre gimmick de gameplay. À savoir : les raquettes frénétiques, celles qui donnent leur nom et son identité à cet épisode. Le concept ? La promesse d’un renouvellement total de l’expérience raquette en main, où à peu près tout et n’importe quoi peut se produire de votre côté du court, ou de celui de l’adversaire, en fonction des raquettes utilisées, ceci afin de rendre chaque échange potentiellement beaucoup plus stratégique.

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Dans Mario Tennis Fever, les courts vont vite accueillir une quantité d’obstacles non négligeables rendant les déplacements plus périlleux. // Source : capture Switch 2

Enlarge your tennis

Allons direct à l’essentiel : la plus grande force de Mario Tennis Fever est de très loin sa nouvelle mécanique centrale de gameplay. Si le concept de jauge de puissance se remplissant au fil du match, et permettant de déclencher un super coup, est hérité de Mario Tennis Aces, c’est la nature de ces supers qui change radicalement. Ici, terminées les mini-cinématiques propre à chaque personnage suivies d’un coup ravageur quasi impossible à renvoyer : certes, vous allez pouvoir déclencher une frappe plus puissante que d’ordinaire, appelée frappe frénétique. Celle-ci s’accompagne ici d’un effet changeant profondément la nature du terrain, en fonction de la raquette spéciale choisie. Par exemple, en utilisant la raquette de feu, on peut enflammer des zones de la moitié de court de l’adversaire, qui devra donc s’assurer d’éviter les flammes en plus de devoir renvoyer la balle.

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La frappe frénétique assénée avec la raquette de glace a gelé quasi toute la moitié de court de Luigi, qui va donc galérer à se déplacer. // Source : capture Switch 2

La quantité de raquettes étant assez importante (il y en a quasiment 30 à débloquer !), les effets associés varient énormément, et peuvent être activés dans à peu près n’importe quel mode de jeu, sauf ceux étant un peu plus scriptés dans l’utilisation (ou non) de ces fameuses raquettes. Le truc est que leur utilisation se combinant aux différents types de frappe de chaque personnage, les effets et la manière de les créer peuvent différer. Et pour ne rien gâcher, sachez que le malus qu’entraîne une frappe frénétique n’est pas une fatalité : si votre adversaire déclenche une de ces fameuses frappes, et que vous la renvoyez suffisamment vite (avant qu’elle ne touche le sol), vous effectuez un contre frénétique et pourrez en retourner l’effet contre lui s’il n’arrive pas à la contrer à son tour dans les temps ! En simple, c’est donc déjà très technique (voire tactique), mais on vous laisse imaginer en double, et surtout en multijoueur…

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À quatre, la frénésie est totale. // Source : capture Switch 2

Mario Tennis Wonder

N’ayons pas peur de le dire : Mario Tennis Fever est un titre qui a complètement cerné comment exploiter son potentiel multijoueur. S’il demeure très agréable à jouer en solo, c’est clairement du côté du versus que ses plus beaux arguments sont à exploiter, surtout sur la durée. La section Jeux spéciaux du titre, pensée pour être jouée aussi bien en solo que de 2 à 4 joueurs (en local comme en ligne) propose 5 façons différentes d’aborder un match de tennis, du désormais classique défi des anneaux au Tennis des prodiges complètement barré et inspiré de l’univers de Super Mario Bros. Wonder. L’influence du dernier platformer made in Nintendo sur Mario Tennis est particulièrement notable dans son ensemble, et pas que sur ce mini-jeu précis : Mario Tennis Fever aime jouer sur l’imprévisible, l’inattendu et les retournements de situation, et a trouvé un très juste équilibre dans la manière de l’intégrer à tous ses modes de jeu.

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Avec la raquette doublure, on peut temporairement invoquer une IA alliée pour jouer à nos côtés (ce qui peut déboucher sur du 2v1 ou du 3v2 !) // Source : capture Switch 2

Durant notre période de test, nous avons par ailleurs eu la possibilité de nous essayer au mode en ligne, pour le coup irréprochable en terme de stabilité, et qui permet d’affronter des joueurs de votre liste d’amis d’une simple invitation – une fonctionnalité qui manquait au lancement de Mario Tennis Aces en son temps. Une fois en réseau, on peut se défier sur n’importe quel mode prévu pour être jouable à 2, 3 ou 4 joueurs, et notre session nous a paru particulièrement intuitive, là où les exclusivités Nintendo ont parfois une fâcheuse tendance à se prendre les pieds dans le tapis en faisant compliqué là où on peut faire simple. Si nous n’avons pas eu l’opportunité de tester le jeu en multijoueur local, le doute est peu voire pas du tout permis : le potentiel de fun à plusieurs semble démesuré, tant ce nouveau Mario Tennis regorge de possibilités, et de folie. Peut-être même un peu trop par moments : si vous préfériez l’aspect plus sérieux de Mario Tennis Aces, avec ses raquettes qui cassent, le feeling d’ensemble plus arcade de Mario Tennis Fever pourrait peut-être vous en lasser, même si le solo s’avère plutôt équilibré à ce niveau.

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Mario Tennis Fever dispose d’un mode Aventure où de nombreux protagonistes sont transformés en bébés, sans doute son seul « point faible ». // Source : capture Switch 2

En solo, c’est pas mal non plus

Terminons sur le point qui peut inquiéter quelque peu au vu de notre constat plutôt dithyrambique sur l’aspect multijoueur de ce Mario Tennis Fever : vaut-il également le coup d’être acheté si l’on compte jouer principalement en solo ? Oui et non. Le mode Aventure nous a moins emballés que celui de son prédécesseur : expédié en 5 petites heures dont 2 servent de tutoriel à rallonge (mais plutôt justifié par ce qui fait office de scénario), on vous recommandera de le faire avant de vous lancer dans tous les autres modes pour vous familiariser avec tout ce que le titre de Camelot vous propose par la suite (bien que tout soit jouable d’entrée de jeu). À noter qu’il offre des cinématiques absolument splendides, qui donnent encore un peu plus envie de voir ce que Nintendo nous proposera le jour où le Super Mario 3D inédit de la Switch 2 se dévoilera enfin. Bref, une mise en bouche honnête, mais trop courte, et sur laquelle on peut tout à fait faire l’impasse, sauf si on veut tout débloquer.

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Redevenus bébés, Mario et Luigi doivent réapprendre à jouer au tennis puis partent affronter des forces maléfiques pour redevenir adultes. // Source : capture Switch 2

Puisque l’on parle de contenus à débloquer, sachez que déverrouiller tous les personnages (38 au total), l’intégralité des raquettes, courts et modes de difficulté nous a pris une douzaine d’heures. Cependant, un défi additionnel plutôt conséquent s’ajoute assez vite si vous souhaitez terminer Mario Tennis Fever à 100 % en solo (avec un badge qui vous en récompensera explicitement) et nous n’incluons pas dedans le potentiel difficile à estimer des matches classés en ligne, qui peut en prolonger encore plus considérablement la durée de vie. Bref, si l’aspect multijoueur est très mis en avant, Camelot n’a pas complètement oublié de rendre son jeu intéressant pour les solistes, même s’il aurait pu faire quelques efforts sur son mode Aventure aussi sympathique que franchement anecdotique au final.

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Vous voulez jouer un match de tennis normal, selon les règles officielles et sans raquettes frénétiques ? Rassurez-vous, c’est totalement possible. // Source : capture Switch 2

C’est de la balle, tout simplement

Terminons sur une note à la fois artistique et technique : Mario Tennis Fever, sans être ce qu’on qualifiera de claque visuelle absolue, est extrêmement solide techniquement. Les 60 images par seconde sont tenues dans absolument n’importe quelles circonstances (à noter que le jeu ne propose pas de choix de mode graphique) et visuellement, l’évolution par rapport à son prédécesseur est assez nette, surtout sur un écran 4K où le titre de Camelot est particulièrement joli (merci le DLSS, encore une fois). Mention spéciale également aux temps de chargement quasiment inexistants : on n’a jamais vu un jeu démarrer aussi vite sur Switch 2, vu que l’on peut passer littéralement moins de deux secondes entre le lancement de l’application et l’accès au menu principal.

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Les menus de Mario Tennis Fever, simples à parcourir, sont intuitifs et fluides. // Source : capture Switch 2

D’ailleurs, l’interface globale est plutôt soignée, avec un petit air à la Smash Bros. et aux jeux de Masahiro Sakurai d’une manière générale, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Quant à la bande son (désactivable si besoin, tout comme l’insupportable fleur cancan qui commente les matches, dieu merci), elle garde cet aspect très sport, rythmé et entraînant, qui a toujours caractérisé les Mario Tennis. Rien de vraiment surprenant vu que c’est encore et toujours Motoi Sakuraba qui œuvre à la composition derrière les Mario Tennis et Golf de Camelot depuis un gros quart de siècle.

Assurément, sur tous les aspects, Mario Tennis demeure une valeur sûre du jeu de sport orienté party-game chez Nintendo, et nous en sommes ressortis avec la sensation d’avoir entre nos mains un jeu bien plus complet à son lancement que son aîné (qui avait accueilli une grande quantité de mises à jour de contenu gratuites), et qui a de grandes chances de satisfaire un public qui commençait peut-être à manquer d’une référence en termes de jeu multijoueur fun sur Switch 2. Et quand un contenu aussi généreux semble être au rendez-vous dès le lancement, on ne va pas se priver de le souligner.

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Mario Tennis Fever, la nouvelle star du party-game / jeu multi chez Nintendo ? // Source : capture Switch 2

Le verdict

Après un Mario Tennis Aces solide sur ses appuis mais peut-être un poil trop sérieux (avec toute la nuance de rigueur), Camelot démarre son chapitre Nintendo Switch 2 avec brio, et surtout un peu plus d’audace. Mario Tennis Fever ne se contente pas de mettre à jour les bases qui font le succès de la licence depuis la Nintendo 64 en livrant juste une copie très propre techniquement et en ajoutant quelques modes inédits par-ci par-là ; mieux encore, il a trouvé une manière très intéressante de se renouveler. Avec l’apport des raquettes frénétiques, la formule gagne en technicité et en stratégie, même si cela se fera parfois au détriment de la lisibilité tant certains matches (surtout en double) peuvent vite devenir difficiles à suivre. S’il se montre un poil décevant sur son mode Aventure, certes prétexte à un immense tutoriel mais peu inspiré au demeurant, Mario Tennis Fever offre de suffisamment de contenu solo pour ne pas être trop aisément complété à 100%, et regorge de possibilités et de combinaisons du côté d’un multijoueur qui va clairement constituer sa principale force. À tel point qu’aujourd’hui, nous aurions presque plus tendance à vous le conseiller que Mario Kart World si vous voulez un party-game efficace et qui va vite à l’essentiel sur Nintendo Switch 2.
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