En difficulté financière suite aux désengagements de TF1 et M6, Salto espérait qu’un repreneur le sauve. Malheureusement, seul un acteur espagnol peu fiable a manifesté son intérêt, ce qui aurait contraint le conseil d’administration du service à rejeter son offre. Selon Puremedias, la dissolution du service de streaming pourrait être actée le 20 janvier.

Lancé en octobre 2020 après des années de discussions, Salto pourrait voir son aventure se terminer dès le mois de janvier 2023. Selon Puremédias, qui cite aussi des informations obtenues par L’Informé, la piste d’une reprise de Salto a été abandonnée par sa direction. La faute à une seule candidature bancale, celle du petit acteur espagnol Agile dont les comptes n’ont rassuré personne. TF1, France TV et M6 misaient pourtant sur un acteur externe pour sauver la plateforme, puisqu’aucun d’entre eux ne souhaite avoir Salto sur son dos.

Que va-t-il arriver à Salto ? Puremédias raconte que Delphine Ernotte, la patronne de France TV, abordera la question de « la dissolution de la société Salto » le 20 janvier lors d’un Comité social économique central extraordinaire. Deux hypothèses sont sur la table : la dissolution pure et dure ou la dissolution avec cession des actifs, qui permettrait aux trois acteurs de rembourser une partie de leurs dettes.

Salto, l’histoire d’une alliance étrange

Si la fermeture de Salto est actée à la fin du mois, on ne pourra s’empêcher d’y voir un immense gâchis.

Sur le papier, le service de streaming français avait un grand potentiel. Né d’une alliance improbable entre trois groupes rivaux, dont deux privés et un public (TF1, M6 et France Télévisions), celui que l’on a trop souvent injustement présenté comme « le Netflix français » avait de nombreuses cartes pour séduire. La preuve, Salto a réussi à réunir 800 000 abonnés en France, ce qui en fait une plateforme de SVOD très solide. Les publicités quotidiennes pour le service après chaque programme de TF1, France TV ou M6, qui indiquent aux téléspectateurs que les épisodes suivants sont disponibles en avant-première sur Salto, ont sûrement joué un rôle. Au fil du temps, Salto s’est aussi renforcé en achetant des droits audiovisuels, comme ceux de Harry Potter, afin de ne pas se limiter au direct et au replay des chaînes françaises.

Capture d'écran de Salto sur les Smart TV Samsung // Source : Salto
Salto était un mélange entre un service de streaming et un accès aux chaînes françaises. // Source : Salto

Pourtant, quelque chose n’a pas pris. Est-ce la faute de ce partenariat impossible, qui a poussé les actionnaires de Salto à se concurrencer ? (TF1 et M6 ont tous les deux lancé leurs propres services de streaming). Est-ce la faute de la fusion avortée entre TF1 et M6, qui avait fait espérer à France Télévisions qu’elle pourrait se désengager facilement ? Est-ce la faute à une concurrence insoutenable des acteurs américains ? Est-ce la faute du budget trop faible dont disposait Salto ? (Malgré ses 800 000 abonnés, ce qui représente largement assez pour financer la plateforme, les droits audiovisuels coûtent parfois trop cher). Tous ces éléments ont sûrement joué un rôle, même s’il y a fort à parier que la nature même de Salto était le problème de départ. Les trois plus gros acteurs de la télévision française gratuite, ensemble, ne pouvaient pas bien s’entendre.

Que va-t-il arriver à Salto ?

Commercialisé au tarif de 7,99 euros par mois (6,99 euros au départ), Salto devrait arrêter d’émettre dans les prochains mois (il est rare qu’une plateforme ferme brusquement, on imagine qu’une date sera arrêtée le 20 janvier si la liquidation est actée).

Dans l’hypothèse où Salto arrive à revendre ses actifs, peut-être qu’une transition vers un autre service sera proposée. Sinon, ce sera aux utilisateurs de Salto de choisir vers quoi se tourner (il y a plusieurs remplaçants potentiels, comme Molotov.tv, myCANAL, myTF1 Max ou 6Play Max, même s’il faudra sans doute un mélange de tous ces services pour retrouver tout Salto). Selon Puremédias, Salto n’aurait plus de locaux et plusieurs employés seraient déjà partis.

Source : Montage Numerama

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