Le port du masque est laborieux : chaleur, difficulté à respirer... les contraintes sont nombreuses. Mais lorsque le masque est déplacé sous le nez, ou sur la gorge, il ne sert plus à rien. Pire, les risques d'auto-contamination sont démultipliés. Pour mieux se représenter ces dangers, nous avons illustré différents cas en vidéo, avec de la peinture.

Les Françaises et Français portent mal leur masque. Le constat n’a pas pu vous échapper : dans les magasins, dans la rue, au travail, chacun y va de sa petite créativité. L’une retire son masque pour parler à la vendeuse ; l’autre préfère le porter uniquement sur sa bouche, laissant dépasser ses narines au vent ; un troisième préfèrera le descendre sous sa gorge, quelques heures, avant de le remettre comme si de rien n’était.

Ces pulsions sont humaines. Porter un masque, tous les soignantes et soignants le savent, est extrêmement contraignant. Certains se permettent même de souligner, non sans ironie, que si vous arrivez à respirer correctement avec votre masque, c’est que vous le portez probablement mal.

Cependant, comme l’a rappelé l’OMS dans un nouveau guide mis en ligne le 5 juin 2020, le risque d’auto-contamination lié au mauvais port du masque, ou sa mauvaise manipulation, est bien réel. Comme ces dangers peuvent sembler abstraits, nous avons tenté une expérience : matérialiser les gouttelettes de salives et autres projections nasales, à l’aide de peinture, afin de rendre plus concrets les risques de propagation du virus. Nous avons filmé le résultat dans une vidéo sur la chaîne YouTube de Numerama, et les images parlent d’elles-mêmes :

Souvenez-vous de pourquoi vous portez un masque

Rappelons qu’il y a deux raisons pour justifier le port du masque —  qui est d’ailleurs obligatoire dans les transports en commun en Île-de-France ou dans tous les trains, mais aussi dans de nombreux magasins :

  • Protéger les autres : si vous êtes porteur (asymptomatique ou non) du virus, vous évitez de propager le pathogène en gardant votre nez et votre bouche « confinés » derrière la paroi du masque ;
  • Vous protéger : moins efficace que pour protéger les autres, le masque permet tout de même de diminuer les risques d’être en contact direct avec des gouttelettes projetées par autrui.

Dans le premier cas, il est évident que si vous abaissez votre masque et laissez libres votre nez ou votre bouche, vous allez mécaniquement projeter des gouttelettes sur les gens à qui vous parlez, ou dans l’air en éternuant, et amplifier les risques de les contaminer si vous êtes porteurs du virus.

Dans le deuxième cas, les risques d’auto-contamination sont multiples. Pour bien le comprendre, il faut vous poser une question : « Pourquoi est-ce que je porte un masque ? » Il faut alors imaginer, comme nous le montrons dans la vidéo, que votre masque est une protection qui reçoit des projections de plusieurs personnes, au cours de vos trajets et vos rencontres. Il convient donc de partir du principe que toute la phase extérieure de votre masque est « souillée » et potentiellement remplie d’agents pathogènes. Baisser le masque sur votre gorge, ou sous votre nez, ne fera qu’une chose : propager le potentiel pathogène proche de vos muqueuses et voies respiratoires.

Un exemple d’un mauvais port de masque // Source : Louise Audry pour Numerama

Il est donc essentiel, si vous portez un masque, de respecter les consignes d’utilisation — car un masque mal porté peut être plus néfaste, dans certains cas, qu’aucun masque du tout. Pour rappel, il est nécessaire dans tous les cas de respecter les gestes barrières, se laver les mains régulièrement et garder un mètre minimum de distance en public.

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