Adriel Hampton, militant, s'est inscrit à des élections dans le seul but de pouvoir diffuser de fausses informations sur Facebook. La plateforme ne compte en effet pas les vérifier pour les personnalités publiques.

Le prochain cauchemar de Mark Zuckerberg s’appelle peut-être Adriel Hampton. Cet activiste a décidé de se présenter comme candidat au poste de gouverneur de Californie. Son but n’est pas de se faire élire. Il souhaite juste faire tourner la tête du fondateur de Facebook, en inondant sa plateforme de fake news, raconte CNN ce lundi 28 octobre.

Facebook sous le feu des critiques

Adriel Hampton est un habitant de San Francisco, où il gère une entreprise de marketing. Il s’est enregistré lundi 28, pour des élections qui auront lieu en 2022. Il compte profiter de ce statut de candidat pour pouvoir diffuser sur Facebook de fausses nouvelles.

Voici l’homme qui veut faire tourner la tête de Mark Zuckerberg // Source : Adriel Hampton

Depuis mi-octobre, la plateforme et son CEO sont critiqués par différentes personnalités politiques américaines. Mark Zuckerberg a expliqué lors d’une conférence le 17 qu’il ne vérifierait pas le contenu des publicités politiques et que celles qui contiennent de la désinformation resteraient donc sur le réseau social.

Cette posture n’est pas tellement étonnante, de la part de Facebook. L’entreprise a toujours assuré qu’elle ferait primer ce qui est selon elle de la liberté d’expression, à la vérité. Elle le justifie aussi par la nécessité d’informer les citoyens. Ces derniers doivent pouvoir voir de leurs propres yeux les mensonges des personnalités politiques, juge Mark Zuckerberg. Cela relève de l’intérêt général et il ne souhaite pas placer son entreprise en « censeur ».

Les arguments de Facebook ne convainquent pas tout le monde. Lors d’une audition devant le Congrès — dans laquelle il devait au départ pour parler de son projet de monnaie vrituelle Libra –, l’élue Alexandra Ocasio-Cortez l’a particulièrement bousculé sur la question. Pour elle, il est inconcevable que des candidats et candidates aux élections puissent diffuser des fake news sur des sites utilisés par des centaines de millions de potentiels électeurs.

Des candidats favorisés ?

Des démocrates partagent l’avis d’Alexandra Ocasio-Cortez. Ils estiment que la politique de Facebook favorisera aussi certains candidats plus que d’autres. Ils font notamment référence à Donald Trump, réputé pour sa vérification approximative des faits et qui a annoncé sa candidature aux prochaines présidentielles américaines. En septembre, Facebook avait ainsi refusé de supprimer une fausse information relayée par Donald Trump, qui dénigrait le démocrate Joe Biden.

Adriel Hampton, qui avait déjà participé sans succès à une élection en 2009, souhaite faire changer d’avis Facebook, par tous les moyens. Il a expliqué qu’il diffuserait sur Facebook de fausses publications sponsorisées sur Donald Trump. Son statut de candidat à des élections devrait à priori le protéger du fact-checking et donc d’éventuelles sanctions. «  L’objectif de cette campagne  est de questionner la régulation des réseaux sociaux et de s’assurer qu’il n’y a pas de traitement de faveur envers des politiques comme Donald Trump qui aiment mentir », a-t-il dit. Pour lui, «  les réseaux sociaux ont le pouvoir de changer des élections. »

Il a aussi indiqué à CNN qu’il s’en prendrait dans sa désinformation à Mark Zuckerberg et à d’autres dirigeants et dirigeantes de Facebook.

Sur ce point, le réseau social a pour le moment plutôt prouvé son impartialité. Après avoir annoncé qu’il ne censurerait pas les montages deepfakes, Facebook a accepté de laisser en ligne l’un d’entre eux, bien qu’il mettait son CEO en scène.

Le fake Mark Zuckerberg // Source : Instagram

Comme l’a rapporté le New York Times ce 28 octobre, Facebook subit aussi quelques contestations en interne. Environ 200 employés sur les 35 000 que compte l’entreprise ont signé une lettre, dans laquelle ils expriment leur mécontentement. Un porte-parole de Facebook a indiqué à CNN à ce sujet que «  la culture de Facebook est basée sur l’ouverture d’esprit ». « De fait, nous apprécions que les employés donnent leur avis sur un sujet important », a-t-il précisé, avant d’ajouter : « Nous restons sur nos positions qui sont de ne pas censurer les discours politiques et nous explorons de nouveaux moyens d’améliorer la transparence des publicités politiques ».

En attendant la mise en place de ces nouveaux modes d’action, Adriel Hampton acceptera les dons des citoyens qui souhaiteraient l’aider pour son projet. Car une publicité politique sur Facebook, fausse ou pas, a un coût. Il espère aussi motiver d’autres personnes à faire comme lui, à savoir à se présenter puis publier de fausses informations sur Facebook. Le réseau social n’a pas souhaité commenter pour l’instant la nouvelle.

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