Pinterest avait banni les recherches sur les vaccins sur son site et son application. Le réseau social a finalement changé d'avis.

Pinterest avance en tâtonnant dans sa bataille contre les discours anti-vaccins. Après avoir banni les recherches sur les vaccins sur son site et son application mobile, le réseau social a décidé d’adopter une stratégie différente. Comme l’a remarqué le Guardian ce mercredi 28 août, il propose désormais des encadrés informatifs sur le sujet et a fait le tri dans les résultats de recherches.

Un encadré apparaît lorsque l’on effectue certaines recherches sur Pinterest. Cela ne semble pas fonctionner avec des recherches en français comme « vaccins » qui ne donne aucun résultat ou « vaccins santé » qui n’a à priori pas été identifié comme mot-clé dangereux par le réseau social. En revanche, les termes anglophones « vaccine » ou « vaccine safety » donnent le résultat suivant sur l’application mobile :

Des encadrés apparaissent sous certaines recherches. // Source : Captures d’écran Numerama / Pinterest

« Il est fréquent que les épingles concernant ce sujet enfreignent les règles de nos règles de communauté, qui interdisent la désinformation médicale préjudiciable », est-il écrit. Pinterest précise qu’en conséquence, il a limité les résultats de recherche aux seules images publiées par des organisations de santé «  mondialement reconnues ». La plateforme recommande aussi de consulter un professionnel de santé en cas d’interrogations.

Des résultats de recherche filtrés

Les résultats de recherche sont édifiants. Sur les recherches en français où Pinterest n’a pas agi, comme « vaccins santé », la majorité des images contiennent des informations erronées ou dangereuses sur les vaccins. On lit qu’ils seraient responsables de cas d’autisme (ce qui n’a jamais été médicalement prouvé), que les médecins qui le révéleraient finiraient tous par être mystérieusement assassinés et encore bien d’autres théories complotistes.

Les résultats de recherche pour les termes « vaccins santé » // Source : Captures d’écran Numerama / Pinterest

Les recherches sur lesquelles Pinterest a appliqué ses nouvelles règles n’ont rien à voir avec ceci. Elles contiennent uniquement des informations justes, publiées par des organismes comme l’Organisation mondiale de la santé ou des hôpitaux américains.

Pinterest a longtemps eu un problème avec la circulation des fausses informations médicales, qui sont officiellement interdites sur sa plateforme. Certaines recherches étaient pleines d’images complotistes ou erronées mettant potentiellement en danger les utilisateurs.

Pour y remédier, il a décidé en février 2019 de bannir tous les contenus concernant la vaccination de son fil d’actualité. En cherchant des termes comme « vaccin », « vaccination » ou « anti-vaccination », on n’obtenait plus aucun résultat. Ceci est toujours le cas pour quelques recherches, mais Pinterest a globalement changé de stratégie en adoptant l’encadré et en sélectionnant les images visibles. La nouvelle stratégie s’applique à plus de 200 termes de recherche associés aux vaccins, selon le Guardian.

Une problématique commune

D’autres plateformes connaissent ce type de problèmes. YouTube par exemple, a dans un premier temps choisi de simplement démonétiser les vidéos anti-vaccins. Cette tactique n’est pas nécessairement payante puisqu’elle n’empêche pas la publication des contenus et qu’elle ne les rend pas moins visibles, comme on vous l’expliquait sur Numerama en mars dernier.

YouTube l’a compris et a décidé de modifier peu à peu son algorithme afin de moins afficher ce type de contenus dans les recommandations des utilisateurs. «  Ces efforts seront gradués et s’accentueront avec le temps », nous avait indiqué un porte-parole. Des encadrés informatifs ont aussi été ajoutés. Amazon de son côté, a retiré plusieurs films anti-vaccins de son service de vidéos en streaming.

Captures d’écran de résultats de recherche YouTube. // Source : Captures d’écran YouTube / Numerama

Selon un rapport de la Royal society for public health, la moitié des parents d’enfants en bas âge auraient été exposés au moins une fois à de la désinformation sur les vaccins sur les réseaux sociaux.

Pinterest estime que ses concurrents sont trop souples par rapport à la propagande anti-vaccins. Ifeoma Ozoma, la responsable des politiques publiques de l’entreprise, a ainsi expliqué : « Nous pensons que c’est de notre responsabilité et de celle des autres plateformes de faire plus. » Elle explique retrouver régulièrement des contenus complotistes republiés sur Pinterest depuis d’autres sites (on peut inclure des liens). Selon elle, cela sera toujours possible si les plateformes tierces ne suppriment pas les contenus et se contentent de les démonétiser ou de moins bien les référencer.

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