Le Conseil européen, qui rassemble les États membres de l'UE, est défavorable à l'usage du Wi-Fi pour les transports connectés, contrairement au Parlement et à la Commission. Son cœur penche pour une solution à base de 5G.

Désaccord au sommet de l’Union européenne sur la façon de faire communiquer les transports de demain. Alors que la Commission avait marqué sa préférence ce printemps pour une technologie dérivée du Wi-Fi, le Conseil, instance qui rassemble les chefs d’État des pays membres de l’UE, a fait barrage le 4 juillet. Elle privilégie plutôt la solution concurrente, qui s’appuie sur les réseaux mobiles (5G).

C’est ce qui ressort d’un vote dont Reuters se fait l’écho : 21 des 28 États membres se sont opposés à la proposition de Bruxelles, dont les trois principaux pays de l’Union, qui ont à la fois un important marché intérieur et des constructeurs automobiles de tout premier plan : l’Allemagne, la France et l’Italie. Contrée par le Conseil, la Commission s’est montrée déçue de la tournure des évènements.

« L’Europe a besoin d’un vaste déploiement du [Wi-Fi] et elle en a besoin maintenant. Cela sauvera des vies. Cela nous donnera un avantage concurrentiel mondial. C’est bon pour notre industrie et cela nous aidera à prendre les devants en matière d’automatisation. Nous ne pouvons pas rater cette occasion et perdre un temps précieux pour rendre nos routes plus sûres  », écrit Violeta Bulc, en charge des transports.

Peugeot 208 (2019) // Source : Peugeot

Bataille entre C-ITS et C-V2X

La solution basée sur le Wi-Fi se nomme C-ITS (Cooperative Intelligent Transport Systems). Technologie « mature », selon le régulateur français des télécoms, elle a l’avantage d’être déployable dès maintenant, car il n’y a pas besoin d’attendre l’arrivée des réseaux 5G : « Le Wi-Fi est une technologie qui a fait ses preuves et qui n’est pratiquement plus brevetée. Il est disponible dès maintenant, facile à mettre en œuvre et bon marché. C’est abordable pour tout le monde », disait en avril Violeta Bulc.

L’autre solution qui fera appel à la 5G se nomme C-V2X (Cellular Vehicle-to-Everything), et elle est plus récente. « Cette technologie peut utiliser la bande 5,9 GHz pour des communications directes, ainsi que le réseau cellulaire des opérateurs mobiles pour communiquer avec les véhicules », indique l’autorité de régulation hexagonale. Elle profiterait aussi des atouts de la 5G, qui sont très nombreux (faible latence, ultra haut débit, nombreuses connexions en même temps, fiabilité, stabilité, économie d’énergie).

5G
La 5G arrive et elle va infuser partout. // Source : Claire Braikeh pour Numerama

Le problème, c’est qu’aujourd’hui C-ITS et C-V2X ne sont pas interopérables. Il y a certes des travaux qui existent pour que les deux technologies puissent échanger.

Mais il n’y a pas que dans les institutions européennes qu’un désaccord existe, entre la Commission et le Parlement d’un côté, et le Conseil de l’autre. Au sein de l’industrie automobile aussi, les constructeurs avancent en ordre dispersé.

La technologie reposant sur le Wi-Fi est soutenue par Renault, Toyota et Volkswagen, tandis que sur les réseaux mobiles est préférée par Daimler, Ford, BMW et PSA. Bon nombre d’industries de la tech sont aussi en faveur de cette technologie, comme Orange, Intel, Huawei, Qualcomm, Samsung, Ericsson, et Deutsche Telecom.

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