« Tech for Planet » était un des événements que l'Élysée attendait pour préparer son sommet international One Planet. Ambitionnant un leadership mondial en la matière, Paris a montré une vitrine de startups qui n'attendent que de « sauver le monde », quitte à mettre sous le tapis les contradictions d'une technologie souvent énergivore.

Ce lundi 11 décembre, la grande halle de la Station F était dominée par des écrans géants qui diffusaient, façon écran de veille, des images de la planète Terre. Ciel bleu et forêts verdoyantes défilaient entre deux photographies prises en orbite. Le ton visuel était donné à Tech For Planet, un rassemblement impulsé par l’Elysée et organisé par le Numa parisien.

Tech for planet by NUMA. © Benjamin BOCCAS

À J-1 du début de One Planet, le sommet international voulu par M. Macron après le départ des États-Unis de l’accord de Paris, Tech For Planet devait être une vitrine de « celles et ceux qui font  » selon le Président, ajoutant dans son discours, que deux ans après l’accord de la COP21, « nous sommes dans une nouvelle phase, la phase de l’action. La priorité est de faire le maximum pour être au rendez-vous de nos engagements  ».

« Impossible is not green tech »

De fait, le Tech For Planet qui doit résumer la mise en marche d’un écosystème à l’écologique montrait l’image d’une écologie qui rimerait avec logique et profitabilité économique. Sur la scène dédiée au keynote, on le répète : «  impossible is not french tech » ; dès lors, sauver la planète est un défi à l’innovation comme un autre.

Pour le Numa, qui organise la rencontre, l’événement doit apporter de la visibilité et du soutien à un panel de startups sélectionné par l’incubateur parisien. Ces dernières proposeraient toutes « des solutions matures et durables  », selon Tristan Lebleu, responsable de la communication de l’événement. Il ne manquerait à ces solutions que d’être adoptées selon lui, d’où l’importance, pour les entrepreneurs comme pour les représentants de l’écosystème, d’accueillir autant de grands groupes que de soutiens politique durant cette journée.

« Et si on utilisait le vent à nouveau ? » / Zéphyr et Borée

Premier événement de la sorte en matière de green tech, une catégorie un peu inclassable qui tend à gagner en visibilité, Tech for Planet passait donc un message aux dirigeants et aux investisseurs. Ainsi pour Amaury Bolvin, COO de Zéphyr et Borée, startup nantaise qui promet un cargo fonctionnant grâce aux vents et au gaz, le forum pourrait permettre d’assurer des premiers clients à son navire en projet. M. Lebleu confirme : « Nous avons invité un certain nombre de grands groupes qui pourront trouver auprès des startups des interlocuteurs pour porter des innovations  ».

Logique d’être écologique ?

Pour la green tech, le défi n’est plus seulement le financement nous dit-on. Au Numa on estime par exemple qu’en termes de développement et scalabilité, le soutien de grands groupes et des autorités publiques sont les piliers pour déployer des solutions à grande échelle. En outre, les grands groupes étaient également là pour annoncer certaines avancées de leur politique écologique : Microsoft a annoncé un fond pour l’IA verte, la BNP s’ambitionne quant à elle pionnière en matière de finance verte — sujet prioritaire du One Planet — et avance un fonds d’épargne pour la transition énergétique.

Emmanuel Macron nommant les premiers chercheurs à rejoindre son initiative « Make our planet great again » / Elysée

Sur la scène qui accueille les keynotes, les différents intervenants vantent une écologie devenue évidente en matière d’éthique mais également en termes économiques. Il serait devenu, pour les entreprises, « logique d’être écologique  ». Les discours tentent de réconcilier des mondes parfois étrangers : le profit et le respect de l’environnement. Seul Jean-Louis Missika, de la mairie de Paris, semble garder les pieds sur terre en dénonçant les trop nombreuses « tech against planet  » selon sa formule, dénonçant Amazon ou encore le coût énergétique du Bitcoin.

Une startup française L’increvable résume à elle seule un des grands paradoxes de l’industrie : en concevant une machine à laver prête à durer 50 ans car modulaire, l’entreprise tacle les constructeurs d’électroménager accusés de produire des produits trop rapidement obsolètes.

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