Sciences Po Paris n’ignore pas l’irruption de ChatGPT dans le cadre scolaire. Les élèves sont prévenus : il vaut mieux éviter de s’en servir, car si l’usage de n’importe quelle IA pour faire ses devoirs est avéré, des sanctions seront prises.

Le système éducatif se met en ordre de bataille pour répondre au nouveau défi posé par ChatGPT. Dans la ville de New York, décision a été prise de l’interdire dans les établissements scolaires. Une méfiance que l’on retrouve aussi en France, puisque l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po Paris) prend aussi des mesures pour juguler l’emploi de cet outil.

C’est le sens d’un message qui vient d’être adressé au corps enseignant, signé par Sergeï Guriev, le directeur de la formation et de la recherche. « L’utilisation de ChatGPT à Sciences Po, ou de tout autre outil ayant recours à l’intelligence artificielle est […] pour l’instant strictement interdite lors de la production de travaux écrits ou oraux par les étudiantes et étudiants. »

L’existence de ce rappel, visible en ligne, a été signalée sur Twitter par le personnel enseignant, comme le professeur et conférencier David Colon le 25 janvier 2023, mais aussi par BFM TV. Pour les élèves qui enfreindraient cette consigne, des sanctions disciplinaires sont susceptibles d’être prononcées. Cela peut aboutir à une exclusion de Sciences Po, voire de l’enseignement supérieur tout court.

ChatGPT est un agent conversationnel conçu par l’entreprise américaine OpenAI. Sa faculté première est de traiter des demandes écrites en formulant des réponses structurées et articulées, imitant le langage naturel. La qualité des réponses fait l’objet d’un débat permanent depuis son ouverture au public en novembre 2022. Il y a du très bon et du très médiocre.

OpenAI, l'entreprise qui a développé ChatGPT, ne serait pas particulièrement plus avancée que les autres // Source : Numerama
OpenAI, l’entreprise qui a développé ChatGPT, est au coeur du ramdam médiatique autour de l’IA. // Source : Numerama

Nouveau jeu du chat et de la souris entre l’élève et le prof

La décision de Sciences Po interroge toutefois la faculté de l’établissement — et de tout le système éducatif, en fait — de pouvoir identifier un devoir produit ou assisté par ChatGPT. Cela peut sans doute se voir si l’élève, qui a toujours été médiocre, sort brusquement une copie brillante. Ou si l’exercice contient des erreurs absurdes et indignes du niveau attendu à tel ou tel niveau de scolarité.

Mais hormis ces cas de figure relativement évidents, pourrait-on savoir ce qui vient d’un étudiant ou de ChatGPT ? Est-ce que cet outil va ouvrir les vannes à encore plus de triche au collège, au lycée et au-delà ? La presse a déjà rapporté des faits divers de ce type, en France et à l’étranger, et il a été montré que ChatGPT a le niveau pour passer un examen.

Il existe depuis longtemps des outils chargés de repérer le plagiat, notamment à l’université. L’irruption de ChatGPT constitue un défi pour ces logiciels, qui sont en retard face à ces nouvelles formes de production automatiques. Mais une riposte commence à s’organiser. En outre, OpenAI pourrait inclure une sorte de filigrane secret pour indiquer la nature artificielle de la réponse.


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