Dans une publication sur X le 9 janvier 2026, le PDG de Cloudflare a menacé de supprimer les services que son entreprise devait fournir pour les Jeux olympiques d’hiver 2026. La raison ? Une amende que l’autorité de régulation des communications d’Italie, le pays hôte, a infligée au géant américain pour violation des réglementations anti-piratage.

C’est un fait : il y a des précautions à prendre lorsque l’on inflige une amende à un géant de la tech. Surtout lorsque l’entreprise en question joue un rôle clé dans la cybersécurité mondiale. L’Italie en fait actuellement l’expérience.

À moins d’un mois des Jeux olympiques de Milan-Cortina (6 au 22 février 2026), l’AGCOM (l’Autorité italienne de régulation des communications) a annoncé, le 8 janvier, sa décision d’infliger à Cloudflare une amende équivalente à 1 % de son chiffre d’affaires annuel, soit un peu plus de 14 millions d’euros. Une sanction liée au refus du géant américain de bloquer certains sites.

La décision a immédiatement fait réagir Matthew Prince, PDG de Cloudflare. Dans un communiqué publié le 9 janvier sur X, il justifie son refus par des arguments solides, mais ne s’en tient pas là.

Le dirigeant engage un véritable bras de fer, allant jusqu’à menacer d’interrompre brutalement les services de l’entreprise en Italie. Une décision qui, selon lui, pourrait compromettre la sécurité des Jeux olympiques : « Qui sème le vent récolte la tempête (…). Je rencontrerai le CIO à Lausanne pour leur exposer les risques que cela représente pour les Jeux. »

Le PiracyShield au centre du conflit

Au cœur du conflit ? Le « Bouclier anti-piratage » italien, une loi dont l’AGCOM assure l’application et qui vise à protéger les droits d’auteur sur Internet.

Concrètement, des entités comme les diffuseurs de matchs de Serie A peuvent saisir l’agence pour demander le blocage de sites. Si la requête est approuvée, un système automatisé alerte les fournisseurs d’accès à Internet ainsi que d’autres acteurs du secteur, dont Cloudflare, sommés de bloquer l’accès à certaines adresses IP et de refuser leurs services DNS aux domaines concernés.

Problème : une même adresse IP peut héberger des centaines d’utilisateurs ou plusieurs sous‑domaines. Un tel blocage « anti‑piratage » risque donc d’emporter avec lui des services d’entreprises parfaitement légitimes ou d’affecter des internautes innocents. Une dérive déjà observée, notamment, en Espagne.

Pour Matthew Prince, la situation est inacceptable : « Aucun contrôle judiciaire. Aucune procédure régulière. Aucun recours. Aucune transparence. Ce plan nous imposait non seulement de perdre des clients, mais aussi de censurer notre serveur DNS 1.1.1.1, ce qui aurait pu rendre inaccessibles de nombreux sites web. »

Quatre leviers de pression

Visiblement remonté, le CEO de Cloudflare a transformé sa communication en une diatribe contre les « décideurs politiques européens très perturbés ».

Matthew Prince loue dans le même temps le rôle du vice‑président américain JD Vance dans « la reconnaissance que ce type de réglementation constitue un problème fondamental de concurrence déloyale qui menace également les valeurs démocratiques ».

Il salue également Elon Musk pour son supposé combat contre une menace à la liberté d’expression.

Matthew Prince brandit quatre menaces précises à l’encontre des autorités italiennes :

  • Interrompre les services de cybersécurité pro bono, d’une valeur de plusieurs millions d’euros, que Cloudflare fournit pour les prochains Jeux olympiques de Milan‑Cortina.
  • Interrompre les services de cybersécurité gratuits de Cloudflare pour tous les utilisateurs basés en Italie.
  • Retirer tous les serveurs présents dans les villes italiennes.
  • Mettre fin à tout projet de construction d’un bureau Cloudflare en Italie ainsi qu’à tout investissement dans le pays.

Interpellé par un sénateur italien annonçant que son parti souhaitait « vérifier s’il y a eu un malentendu concernant le rôle de Cloudflare », Matthew Prince assure qu’il serait « heureux d’engager un dialogue pour résoudre ces problèmes ».

La pression retombe donc entièrement sur l’AGCOM. L’autorité de régulation italienne n’a pour l’heure pas réagi.

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