On connaissait la poudre de perlimpinpin, voici venu le temps du « discombobulator ». Dans une énième envolée dont lui seul a le secret, le président américain Donald Trump a confié au New York Post le 24 janvier avoir neutralisé le matériel vénézuélien d’un simple revers de cette baguette magique technologique lors du raid mené au début du mois à Caracas, raid qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro et son épouse pour trafic de drogue et d’armes. Est-ce là le fleuron d’une cyberguerre occulte ou l’ultime gadget d’une propagande bien huilée ?
« Le Discombobulator, je n’ai pas le droit d’en parler. […] J’adorerais », a d’abord déclaré le locataire de la Maison Blanche, se vantant par le biais de cette technologie, d’avoir « rendu l’équipement [ennemi] inopérant » lors de l’intervention américaine dans la capitale vénézuélienne le 3 janvier. D’après lui, l’affrontement a failli basculer, mais quelque chose a déraillé du côté adverse : « ils avaient des missiles russes et chinois. Ils n’en ont jamais tiré un seul. Nous sommes arrivés, ils ont appuyé sur des boutons et rien n’a fonctionné. Ils étaient fin prêts à nous affronter », détaille Donald Trump.


Motus et bouche cousue ?
Si dans cet entretien, le chef d’État américain reste flou sur l’arme utilisée pour neutraliser ses ennemis, le journal new-yorkais précise que Donald Trump a abordé le « discombobulator » alors qu’il était interrogé sur un dispositif à énergie pulsée acquis sous la présidence Biden.
Quelques jours après l’enlèvement de Nicolas Maduro, l’une des porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt s’est fait l’écho du calvaire d’un supposé garde de Caracas lors de l’intervention de l’armée de l’air étasunienne. Sur le réseau social X, elle relaie ainsi le récit de l’homme, victime d’« une onde sonore très intense » dont les conséquences semblent violentes : « ma tête allait exploser de l’intérieur », écrit l’agent, entre saignements de nez, vomissements de sang pour ses collègues et même paralysie.
Le spectre du « syndrome de La Havane »
Difficile de ne pas faire le rapprochement avec le « syndrome de La Havane ». En octobre 2016, des employés du ministère américain de la Défense en poste à Cuba avaient signalé maux de tête, pertes de l’ouïe, nausées et troubles visuels. Un rapport publié en 2020 par l’Académie des sciences de Washington estimait alors que la cause la plus probable était liée à des ondes de basse fréquence, inaudibles pour l’oreille humaine.
Deux jours avant la mention du « discombobulator » par le président américain, le ministre vénézuélien de la Défense accusait les États-Unis d’avoir utilisé son pays comme « un laboratoire d’armement » lors d’une cérémonie de passation de pouvoir à la tête des académies militaires vénézuéliennes. Un laboratoire où l’on ne se contente pas de diffuser des ondes, mais où l’on s’improvise shérif planétaire. Nicolas Maduro, désormais pensionnaire des prisons fédérales, attend son procès le 17 mars pour narcoterrorisme.
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