Huawei pourra peut-être accéder aux services de Google sur Android après le 19 novembre. Une sortie de crise est en effet à l'horizon, selon Wilbur Ross, le secrétaire au Commerce. Un système de licence autorisera les entreprises américaines à travailler avec Huawei... si ce ne sont pas des activités critiques pour la sécurité nationale.

Victime des tensions entre la Chine et les États-Unis, Huawei navigue à vue : Washington lui a accordé un sursis jusqu’au 19 novembre pour continuer à commercer avec ses clients et fournisseurs américains, mais l’échéance fatidique se rapproche dangereusement pour l’équipementier chinois. Or, les stratagèmes pour continuer à fournir un Android avec les services de Google ne pourront pas durer.

Une sortie de crise pourrait toutefois survenir très bientôt. À Bloomberg, le secrétaire au Commerce des USA, Wilbur Ross, a confié le 4 novembre qu’un mécanisme de licence sera bientôt prêt à l’emploi, de façon à permettre aux entreprises américaines de continuer à faire des affaires avec Huawei. L’intéressé affirme que ces licences « seront très bientôt disponibles », sans toutefois avancer de date précise.

Android bénéficie d’une nouvelle identité visuelle depuis cet été.

Échéance imminente

Le temps presse. Il ne reste que deux semaines avant l’expiration du répit accordé par la Maison-Blanche. Or, selon Wilbur Ross, les demandes de licence pour maintenir les liens avec l’équipementier chinois se comptent en centaines. Ce sont en effet 206 requêtes qui ont été comptabilisées jusqu’à présent. Un nombre qui, de l’aveu du secrétaire, l’a surpris : « C’est franchement plus que ce que nous pensions ».

Le Huawei Mate 30, présenté en septembre. // Source : Numerama

Il reste maintenant à déterminer dans quelle mesure cette liste de demandes correspond à celle établie par la Maison-Blanche. En effet, le New York Times et le Washington Post ont fait état de l’existence d’une liste, approuvée par Donald Trump, d’entreprises américaines dont les activités ne sont pas particulièrement critiques pour la sécurité nationale et qui, par conséquent, pourraient bénéficier d’un passe-droit.

En la matière, Google, qui se trouve en première ligne, s’est mêlé du débat en retournant l’argument sécuritaire. La firme de Mountain View juge que la mise à l’écart de Huawei constitue le vrai risque de sécurité. Sans parler de la perte d’influence pour l’écosystème logiciel américain, car Huawei a désormais un discours d’émancipation à l’égard des USA, avec en fer de lance HarmonyOS.

L’épilogue de cette séquence aura en tout cas le mérite de clarifier le statut d’Android, même si on peine à croire que la distribution de licences pour les smartphones Huawei représente une activité de nature à mettre réellement en péril la sécurité nationale. Dans ce domaine, c’est plutôt du côté des  infrastructures de réseau et des équipements télécoms qu’il faut regarder. Ce que les États font déjà.

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