L'Allemagne ne bannira pas Huawei du marché de la 5G, malgré les appels insistants de Washington. Berlin a toutefois pris des mesures supplémentaires pour réduire les risques d'espionnage.

Les pressions exercées par les États-Unis n’ont de toute évidence par porté leurs fruits en Europe : les principales nations semblent en effet disposées à laisser Huawei travailler avec les opérateurs pour déployer les réseaux 5G, cela malgré les accusations d’espionnage qui ciblent l’équipementier chinois. C’est le cas du Royaume-Uni et de la France, mais aussi de l’Allemagne.

C’est ce qu’a confirmé le 14 octobre le porte-parole du gouvernement allemand, lors d’une conférence de presse : « Nous ne prenons pas de décision préventive pour interdire un acteur ou une entreprise ». Et cela, même si Washington, par la voix de son ambassadeur, a brandi la menace d’une réduction de la coopération avec les services secrets des pays traitant avec Huawei.

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Des techniciens de Huawei à a manoeuvre. // Source : Huawei

Cadre durci en Allemagne

Pour autant, Berlin n’est pas resté non plus les bras ballants face aux enjeux de sécurité. Comme le rapporte Reuters, des dispositions ont été prises pour que les opérateurs soient obligés d’identifier et d’appliquer des normes de sécurité accrues pour protéger davantage les parties critiques du réseau. Par ailleurs, certains équipements cruciaux devront être certifiés par les services du gouvernement.

Cela n’est pas sans rappeler les mesures prises en France avec la loi destinée à sécuriser les réseaux 5G — qui a parfois été aussi présentée comme une loi anti-Huawei, afin de contraindre l’équipementier chinois à entrer dans un carcan réglementaire plus strict et ainsi prémunir le pays des accusations d’espionnage dont il fait l’objet si celles-ci s’avèrent exactes.

La prise de position allemande survient une semaine après la publication, par l’Union européenne, d’un rapport sur évaluation coordonnée des risques associés aux réseaux 5G. Celui-ci réunit les résultats des évaluations de chaque pays, en recensant les principales menaces et acteurs malveillants, les actifs les plus sensibles, les principales vulnérabilités (techniques et autres) et plusieurs risques stratégiques.

Un rapport qui évite toutefois de nommer Huawei ou la Chine comme une menace.

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