Louer un chaton, mignon ? Pour l’animal, c’est surtout une expérience stressante et désagréable.

Tout se monétise, n’est-ce pas ? C’est probablement l’un des préceptes de RescueTime, startup américaine repérée par The Next Web, qui propose un service unique : louer des chatons et des chiots à la journée à des humains. Anniversaires, journée spéciale en entreprise, réconfort pour grands voyageurs… d’après Rescue Time, les occasions sont nombreuses pour louer une petite bête le temps d’une journée. Et les clients semblent si heureux : « C’est merveilleux ! Je voyage trop pour avoir un animal de compagnie mais je les aime tellement ! », lance Jenny Fischer, soutenue par Brent Colgan qui a pu faire une surprise fluffy à sa grand-mère de 82 ans.

Ces témoignages, du côté desquels on pourrait se ranger étant donné l’amour de la rédaction de Numerama pour les animaux, dissimulent avec cynisme la réalité de l’opération pour les principaux intéressés : chatons et chiots, devenus des produits de consommation et dont le bien-être n’est pas garanti.

Louer des chatons, ça a un prix // Source : Rescue Time

Car si Rescue Time affirme laisser les animaux dans des familles d’accueil quand ils ne sont pas loués, il est avéré que nos compagnons à poils détestent le changement. Un nouvel environnement, pour un chat ou pour un chiot, est une source de stress et l’animal ne se sentira en sécurité et à l’aise qu’après une semaine ou deux, et jusqu’à plusieurs mois selon la configuration de l’habitat. Alors peut-on imaginer maintenant déplacer ces animaux tous les jours de maison en maison, d’open space en open space, pour des anniversaires d’enfants agités ou au milieu de startupeurs en plein séminaire de team building ? Tout refuge et tout vétérinaire sensible au bien-être animal serait contre.

Les campagnes de sensibilisation encouragent aujourd’hui les personnes souhaitant avoir un chat ou un chien de bien se préparer et d’accepter les contraintes qui viennent avec l’adoption. Un animal de compagnie n’est pas un jouet qu’on prête ou qu’on déplace au gré des commandes : il a besoin de repères, d’attention et d’affection. Sans parler du fait que la startup, qui ne propose que des chiots et des chatons, renforce l’idée qu’un animal reste toujours jeune. Nombreux sont les propriétaires inconscients, qui, aujourd’hui, profitent des jeunes années d’un chat ou d’un chien et l’abandonnent quand ils s’aperçoivent qu’il s’agit d’une relation longue durée avec un gros matou ou un canidé devenu énorme.

Et si vous avez vraiment envie d’aider des animaux sans les ubériser, refuges et associations sont toujours à la recherche de bénévoles attentionnés.

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