La publication des nouvelles cartes de couverture commence avec la Nouvelle-Aquitaine. À la rentrée, toutes les régions françaises de la métropole seront concernées. Pour le gendarme des télécoms, ces nouvelles cartes doivent provoquer un choc de transparence chez les opérateurs.

Le sujet est sur la table depuis un petit moment : pour l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), les cartes actuelles présentant le niveau de couverture des services mobiles en France sont encore trop imprécises. Déjà en 2015, alors qu’il présentait son observatoire, le gendarme des télécoms faisait le constat suivant :

« À ce stade, [les cartes des opérateurs] ne permettent toutefois pas de représenter toute la diversité du ressenti des utilisateurs, qui utilisent souvent leurs services dans des conditions moins idéales et attendent un niveau de qualité élevé (conversations de qualité parfaite, débits élevés, etc.) ». Aussi, l’Arcep jugeait crucial de « compléter les obligations » des opérateurs pour produire des cartes plus réalistes.

Les cartes des opérateurs ne représentent pas bien la diversité du ressenti des utilisateurs

Fin 2016, l’autorité a présenté le système qui lui conviendrait : à la place d’une carte ayant deux niveaux de couverture (couvert et pas de couverture), il y en aurait quatre : pas de couverture, couverture limitée (juste les appels téléphoniques et les SMS), bonne couverture (permet de faire de l’Internet mobile) et très bonne couverture (aucun souci à l’horizon).

Et visiblement, les choses avancent. Alors que le mois de mars touche à sa fin, l’Arcep a fait la présentation cette semaine de sa première carte de couverture mobile enrichie. Pour le moment, seule la région de la Nouvelle Aquitaine est concernée dans le cadre d’un programme pilote. Mais à terme, il est bien entendu question d’en faire profiter les dix-huit régions françaises.

Avant / Après

À cette occasion, un site dédié, baptisé « Mon Réseau Mobile », a été lancé. Il présente une carte de la France utilisant le nouveau système de visualisation de l’Arcep et donne accès à divers indicateurs (opérateur, 3G ou 4G, Internet mobile ou appel téléphonique / SMS, critère d’évaluation particulier, comme dans les transports ou selon l’endroit où vous habitez).

« L’Arcep entend stimuler les opérateurs pour doper encore la couverture mobile. Il s’agit de provoquer un choc de transparence, pour réorienter la concurrence que se livrent les opérateurs, afin que celle-ci porte non seulement sur les prix mais aussi sur les performances des réseaux », écrit le gendarme des télécoms, qui espère que l’outil sera utile aux opérateurs pour améliorer la couverture.

« Ces cartes de couverture enrichies constituent aussi un point de départ : en identifiant les zones de couverture limitée, un diagnostic est posé, ouvrant la voie à un débat sur les besoins de couverture à l’avenir », ajoute l’Arcep. « Cette approche de ‘régulation par la data’ entend enclencher un cercle vertueux : les choix éclairés des utilisateurs inciteront les opérateurs à investir dans la couverture du territoire ; les opérateurs faisant le plus d’efforts seront récompensés par les consommateurs, ce qui permettra de rentabiliser ces investissements ».

La publication des cartes enrichies sera étendue à tout le territoire métropolitain à la rentrée 2017.

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