Au Japon, la startup Primo permet d'acheter les produits aperçus sur une affiche publicitaire, un catalogue ou d'autres supports, en scannant simplement son QR Code. Le créneau pourrait bien trouver preneur sur l'archipel, qui recourt régulièrement à cette technologie boudée en Occident.

Et s’il suffisait de pointer son smartphone sur l’affiche de la dernière paire de chaussures qui vous a tapé dans l’œil sur le quai du métro pour l’acheter ? Ou encore de commander un casque, un jeu vidéo ou tout autre produit en le scannant sur un catalogue ou une annonce Facebook ? C’est sur ce créneau que mise Primo, une startup qui veut généraliser le paiement dématérialisé grâce aux QR Codes.

Si ces codes-barres n’ont jamais trouvé preneur auprès du public occidental, ils s’avèrent particulièrement prisés en Asie, que ce soit en Chine — leur adoption par des géants du commerce comme le groupe Alibaba n’y est pas pour rien — ou au Japon, le pays où ils ont vu le jour dans les années 1990. L’archipel regorge de ces codes-barres qui déclenchent une action sur smartphone une fois scannés par son objectif. Les supports ne manquent pas de variété, qu’il s’agisse de cartes de visite, de publicités, d’emballages ou encore de tickets de caisse.

Des publicités Disney en QR Code, prisées du public japonais

Une alternative à Amazon Go

Abasa Philips, un entrepreneur de Philadelphie installé au Japon depuis 10 ans, est convaincu que son équipe de 8 salariés peut conquérir l’archipel avec ce concept particulièrement pratique. L’appli Primo permet à la fois de scanner le code et de payer le produit, qu’on reçoit ensuite chez soi par colis, comme l’explique son fondateur :  « La plupart des entreprises cherchent à optimiser les caisses enregistreuses, mais ça ne règle pas le problème des 10 à 15 minutes d’attente avant l’achat. »

Depuis les débuts de la startup en octobre, Primo a déjà convaincu 90 marques d’adopter ses QR Codes, dont un chocolatier, une marque de thé prisée de la famille impériale et le constructeur audio Bang & Olufsen. Aux yeux d’Abasa Philips, le concept présente un double avantage par rapport aux magasins sans caisse développés par Amazon : il est moins coûteux et plus facilement déployable puisqu’il suffit d’imprimer les codes-barres appropriés, lisibles par tout type de smartphone, sur le support de son choix. La startup, elle, touche 10 % sur chaque vente.

En attendant de savoir si le concept trouvera preneur — après le Japon, Primo mise gros sur le marché chinois –, Philips cherche à lever 1 million de dollars de fonds pour faciliter l’intégration de l’outil avec les vendeurs en ligne et lancer ses codes-barres commerciaux aux États-Unis.

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