Entre 2009 et 2015, les salariés de Google ont été reçus au moins 471 fois à la Maison Blanche. Soit près de 71 visites par an pendant la quasi-totalité du mandat de Barack Obama.

Google sera-t-il aussi bien reçu à la Maison Blanche après le départ de Barack Obama ? Hillary Clinton ou Donald Trump auront fort à faire pour égaler les records établis sous sa présidence : entre janvier 2009 et octobre 2015, la firme de Mountain View a été reçue plus de 427 fois. En moyenne, Google aura donc visité le centre du pouvoir américain 71 fois par an pendant la quasi-totalité des deux mandats de Barack Obama.

Le groupe de recherche américain Google Transparency Project, qui dénonce le manque de transparence de l’entreprise et ses méthodes de lobbying, s’est basé sur les historiques d’entretiens rendus publics par la Maison Blanche — arrêtés au 31 octobre 2015 — pour réaliser son infographie interactive.

21 rencontres directes avec Barack Obama

Cette étude met en évidence le lobbying intensif exercé par Google dans les plus hautes sphères du pouvoir américain. Sur ces 427 rencontres, 363 se sont faites entre des salariés de Google et des fonctionnaires de la Maison Blanche, et 64 entre les employés d’entreprises détenues par Eric Schmidt, président exécutif du conseil d’administration de Google (dont il est l’ancien PDG).

Ces entretiens, généralement réalisés en tête-à-tête ou en petits groupes, ont vu défiler des salariés aux statuts très différents, du cadre haut placé au développeur de logiciel. Barack Obama a lui-même rencontré directement les têtes pensantes de Google plus de 21 fois. Les documents montrent que les employés de Google ont abordé des sujets très variés au cours de leurs multiples visites : propriété intellectuelle, sécurité nationale, télécommunications, politique étrangère, biotechnologie, santé…

Obama Bureau Ovale

Industrie vs Politique

La Maison Blanche a aussi reçu des représentants de Google Ventures, le fonds de placement créé par l’entreprise en 2009, ainsi que des membres de X, le laboratoire expérimental du groupe en charge, notamment, de son projet de voiture autonome.

Google Transparency Project résume ses inquiétudes d’une formule : « Une étude détaillée de ces registres démontre à quel point Google a entremêlé ses intérêts d’industriel avec ceux du gouvernement américain. Sur beaucoup de questions, cette relation est si intime qu’il est souvent difficile de déterminer exactement où s’arrête le gouvernement fédéral et quand  Google prend l’initiative. »

En juin, Google Transparency Project avait déjà révélé le recrutement massif de fonctionnaires européens par l’entreprise pour assurer son lobbying auprès de Bruxelles.

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