Depuis dix ans, Google a recruté 65 anciens fonctionnaires au sein de l'Union européenne, principalement pour s'occuper de lobbying. Qui sont les Français ?

L’organisation américaine Campaign for Accountability a publié les résultats européens de son projet Google Transparency Project, qui vise à faire la lumière sur les liens que Google noue avec le pouvoir étatique, au point de faire des hauts fonctionnaires un vivier pour ses recrues de lobbying. La pratique est habituelle pour les grandes entreprises américaines, mais elle est moins coutumière de notre côté de l’Océan Atlantique, et encore moins en France où les agents de l’État sont soumis à des dispositions pénales qui interdisent le pantouflage.

En dix ans, Google aurait ainsi recruté 65 employés gouvernementaux en Europe, que ce soit dans les administrations, le Parlement européen, les parlements nationaux ou les ministères. 15 ont également fait le chemin inverse, en passant de Google vers des fonctions officielles pour l’administration.

Les Britanniques sont les plus représentés dans l’étude, mais l’on trouve également huit personnalités françaises, qui ont été impliquées à divers degrés dans l’administration.

transfuges

Les Français débauchés par Google

L’organisation cite par exemple Ludovic Peran, ancien collaborateur de députés socialistes entre 2013 et 2015, dont la page LinkedIn indique qu’il fut en charge notamment d’écrire « des notes sur la politique numérique française », « développer un réseau d’activistes numériques », ou encore d’ « écrire un rapport sur la politique fiscale ». Il fut débauché par Google en janvier 2016 pour y devenir Public Policy and Government Affairs Manager, c’est-à-dire lobbyiste.

On trouve également dans la liste Olivier Esper, qui a travaillé de 1998 à 2002 à l’ancienne Autorité de régulation des télécommunications, avant de devenir analyste à l’ambassade de France jusqu’en août 2014. Il fut d’abord recruté par Cisco en tant que lobbyiste, avant de rejoindre Google en 2006.

Citons aussi Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, directrice de la communication de Google France, qui fut recruté en janvier 2007 alors qu’elle était au cabinet du ministère de l’Industrie.

Un ancien conseiller au Parlement européen de l’eurodéputée française Marielle Gallo, Georgios Mavros, fut aussi recruté en 2014 pour intégrer l’équipe de lobbying de Google.

Elisabeth Bargès, qui fut à Matignon la représentante de la Direction du développement des médias pour la société de l’information, est devenue en 2010 directrice politiques publiques chez Google.

Francis Donnat, qui fut maître des requêtes au Conseil d’État et Référendaire à la Cour de justice de l’Union européenne jusqu’en 2012, fut recruté comme conseiller pour les politiques publiques de Google. Il la tête de la direction juridique jusqu’à avril 2016, avant de devenir secrétaire général de France Télévisions.

Ancien secrétaire général du Conseil national du numérique (CNNum), Benoît Tabaka a également rejoint Google en 2012, où il officie toujours au service du lobbying du groupe.

Clément Wolf, ancien analyste à l’embassade de France en Chine, fut également recruté en 2010, pour rejoindre la communication publique de Google. Son passage au ministère d’Hubert Védrine fut toutefois relativement court (un an), et il avait d’abord transité par TBWA et Apco avant de rejoindre la firme de Mountain View.

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