Plus de 500 km à bord d'une Model S sans recharger la voiture, c'est désormais possible avec la nouvelle P100D que la firme affiche avec 614 km d'autonomie en test NEDC. Une barrière psychologique qui tombe enfin ?

Demandez à quelqu’un qui hésite à passer d’une voiture thermique à une voiture électrique quelles sont ses réticences et il vous répondra à coup presque sûr avec des inquiétudes sur l’autonomie des secondes par rapport aux premières. Même si la plupart des trajets quotidiens ne rongeraient pas le quart d’une batterie de Tesla Model S, nous avons encore immanquablement une petite appréhension à l’idée d’être en rade au milieu de la campagne sans accès à une prise électrique. Et pas question de courir à une station service pour remplir un bidon d’essence.

Cette crainte, malgré toutes nos précautions, nous l’avons ressentie lors de notre test de l’excellente Model S du constructeur. À tort, fort heureusement, mais tout de même : c’est un peu bête de stresser au volant d’une voiture d’un tel confort. Quand nous sommes revenus de nos quelques 2 000 km de route avec l’engin, nous avons un peu discuté de cela à la rédaction et la question de la barrière psychologique pour l’achat d’une voiture électrique s’est posée. Grosso-modo, nous nous sommes entendus sur les 500 km réels : cela permet de faire un bon trajet sur autoroute et de passer une semaine urbaine complète sans recharge.

 

Le calcul de l’autonomie d’une voiture électrique se fait selon un protocole officiel plutôt strict que Tesla trouve optimiste (notamment parce que les conditions de test sont idéales) sans être faux (c’est une valeur qui rend compte de l’autonomie réelle qui peut être parcourue par la voiture). Pour la P90D que nous avons testée, le constructeur affiche le chiffre officiel de 509 km d’autonomie mais préfère donner à ses clients une estimation autour de 430 à 450 km. C’est ce que nous avions constaté.

La P100D annonce 613 km d’autonomie selon les tests standardisés, ce qui la placerait en pratique au-delà de la barre des 500 km d’autonomie réelle. Étonnamment, cela fait effet : on se dit qu’on pourra rouler sans crainte. Cette barrière n’est pas que subjective : c’est elle que cherche à dépasser l’industrie automobile et Tesla a pris un petit tour d’avance avec cette commercialisation.

La P100D annonce 613 km d’autonomie selon les tests standardisés

Au-delà du confort, la Model S P100D bat aussi un record d’accélération : en départ arrêté, elle va de 0 à 100 km/h en 2,7 secondes, entrant ainsi dans le top 3 des voitures commercialisées pour le grand public des plus rapides du monde, avec la Porsche 918 Spyder et la Ferrari LaFerrari. Le communiqué diffusé par Tesla ne manque pas de rappeler que contrairement à la P100D, ces deux voitures sont des éditions limitées qui ne peuvent plus s’acheter neuves. La Ferrari, produite à 499 exemplaires coûtait 1,2 millions d’euros et la Porsche, produite à 918 exemplaires, coûtait 775 404 €. La P100D démarre à 130 000 dollars sur le site américain de Tesla — le prix français n’a pas encore été communiqué.

C’est pourtant bien plus la première avancée que l’on retient de cette annonce : elle semble inaugurer une période dans laquelle la voiture électrique n’est plus considérée, dans la psychologie de l’acheteur, comme une voiture d’appoint incapable d’assurer les longs trajets. Nous serions curieux de connaître votre avis sur la question.

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